Que nous dit la recherche récente des avantages et des inconvénients de la mondialisation ?

Juan Carluccio est économiste-chercheur à la direction des Études microéconomiques et structurelles. Il est titulaire d’une licence de l’université de Buenos Aires, d’une maîtrise ès sciences de la London School of Economics, et d’un doctorat d’économie de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales – Paris School of Economics (EHESS-PSE). Il a travaillé à l’Organisation mondiale du commerce et au ministère de l’Économie en Argentine. Il est actuellement lecteur à l’université de Surrey au Royaume-Uni. Ses thèmes de recherche relèvent du domaine de l’économie internationale. Il a publié des articles dans des revues internationales à comité de lecture telles que Review of Economics and Statistics, Journal of International Economics et Economic Journal. En avril 2018, il prendra les fonctions de directeur de la Recherche au Secrétariat au Commerce en Argentine.

L’optimisme généralisé à l’égard de la mondialisation qui a caractérisé les années 1990 et 2000 cède désormais la place à un désenchantement de plus en plus perceptible. Dans le présent éditorial, je décris brièvement les évolutions récentes du commerce mondial et j’analyse les résultats de l’abondante littérature empirique qui étudie les avantages et les inconvénients de la mondialisation, de façon à contextualiser les recherches effectuées à la Banque de France sur ce sujet.

 

La « deuxième vague de mondialisation » : la révolution des TIC et la nouvelle division internationale du travail

Au cours de l’histoire, les améliorations technologiques ont progressivement permis la répartition des activités économiques dans l’espace, un processus généralement connu sous le nom de « mondialisation ». La réduction considérable des coûts de transport induite par la révolution industrielle a entraîné une première vague de mondialisation (vers 1870-1914) et a permis le « découplage » de la production et de la consommation entre les pays. En conséquence, le ratio commerce mondial/PIB est passé de 9 % à 16 %.

Le début des années 1990 a vu apparaître une deuxième vague de mondialisation, lorsque la révolution des TIC[1] a considérablement réduit les coûts des communications longue distance. Avec la possibilité de coordonner les activités au-delà des frontières, les entreprises ont commencé à tirer parti des différences internationales dans les coûts de production, en localisant différentes parties du processus de production dans différents pays. Les biens ont commencé à être produits dans le cadre d’une nouvelle division internationale du travail : la valeur ajoutée par le capital physique humain s’est concentrée dans les économies développées, les parties de la production requérant le moins de main-d’œuvre qualifiée étant essentiellement logées dans les économies en développement à faibles salaires (Timmer et al., 2014)[2]. La production de l’iPad d’Apple ─ conçu en Californie et assemblé en Chine à l’aide de pièces fabriquées en Asie, en Europe et au Brésil ─ est souvent citée en exemple de ces « chaînes de valeur mondiales » (CVM). Aujourd’hui, les produits sont « fabriqués dans le Monde ».

Le commerce mondial est rapidement entré dans l’ère nouvelle de l’« hypermondialisation ». Les flux du commerce international sont dominés par les échanges de consommations intermédiaires entre pays différents (commerce « vertical »), comme le montre l’exemple de l’iPad. La plus grande partie de ce commerce s’est concentrée dans quelques économies en développement, notamment en Asie, avec une place particulière pour la Chine.

Euphorie et désenchantement

La deuxième vague de mondialisation a été abordée avec beaucoup d’optimisme, sur la base de la croissance soutenue observée notamment dans les économies en développement. Cependant, cet enthousiasme a été douché par la montée du scepticisme, notamment dans les économies développées à la suite de la crise de 2008, lorsque les sentiments anti-mondialisation se sont renforcés, permettant la montée du protectionnisme et de mouvements politiques caractérisés par une forte rhétorique hostile aux échanges (Baldwin et Evenett, 2009 ; Rodrik, 2018).

Dans la suite de cet éditorial, je passe en revue les travaux de recherche consacrés aux avantages et aux inconvénients de la mondialisation du point de vue des salariés et des consommateurs. Sans prétendre à l’exhaustivité, cette analyse se concentre sur les recherches menées à la Banque de France. J’utilise une définition étroite de la mondialisation qui concerne les flux du commerce international, en laissant de côté d’autres aspects importants tels que la mondialisation financière ou les flux migratoires. J’analyse d’abord brièvement le point de vue de la théorie économique.

L’économie de l’intégration commerciale

Il est communément admis par la théorie économique que le commerce est bénéfique car il permet une meilleure allocation des ressources (techniquement, il équivaut à une expansion de la frontière de production du monde). Selon le principe de l’avantage comparatif, les pays exportent des biens dont les coûts sont faibles et importent ceux qui sont relativement coûteux à produire localement. Tous les pays trouvent avantage à cette logique de « vendre à un prix élevé, acheter à un prix faible ». Au sein des pays, les consommateurs sont les grands gagnants de la libéralisation des échanges, car ils profitent de prix plus faibles et d’une plus grande variété de produits[3].

Il existe également un consensus sur le fait que les échanges entraînent d’importants effets de redistribution. Le théorème Stolper-Samuelson (Stolper et Samuelson, 1941), initialement développé dans le contexte du modèle Hecksher-Olin et décrit ici, prévoit sans la moindre ambiguïté qu’un facteur au moins voit son rendement réel diminuer avec l’intégration commerciale. Imaginons un pays qui produit des ordinateurs et des textiles en utilisant de la main-d’œuvre qualifiée et non qualifiée, la production d’ordinateurs ayant une intensité relativement forte en main-d’œuvre qualifiée. Si le secteur des ordinateurs est celui qui exporte, la demande relative de travailleurs qualifiés augmente, accroissant ainsi leurs salaires. La production de textiles diminue, entraînant une offre excédentaire de travailleurs non qualifiés, dont les salaires baissent. Plus important encore, les salariés gagnent ou perdent en termes réels.

Néanmoins, l’approche traditionnelle s’est avérée inadaptée pour décrire complètement la phase actuelle de mondialisation. Les données montrent nettement que seules les entreprises les plus productives dans un secteur internationalisé deviennent exportatrices, importatrices et/ou multinationales (Bernard, Jensen, Redding et Schott, 2012). Ces entreprises se développent avec l’intégration commerciale, tandis que les autres souffrent de la concurrence des importations. De nos jours, les gagnants et les perdants ne sont pas des secteurs entiers, mais des entreprises. Par conséquent, des salariés ayant des qualifications identiques peuvent être affectés de façon différente en fonction de l’entreprise qui les emploie. L’incidence de la délocalisation sur les facteurs domestiques dépend du fait qu’ils se substituent aux facteurs étrangers dans la production ou les complètent[4]. Certaines professions et catégories de qualifications bénéficient de la délocalisation, tandis que d’autres tendent à être pénalisées, essentiellement celles qui sont en concurrence avec des facteurs étrangers (généralement, le travail non qualifié). Cependant, la délocalisation peut avantager toutes les parties si les gains de productivité sont assez importants (Grossman et Rossi‑Hansberg, 2008). De la même façon, les exportations peuvent entraîner une hausse de la demande de travail qualifié lorsqu’elles nécessitent une amélioration technologique ou qualitative (Yeaple, 2005 ; Bustos, 2011).

Données empiriques

De nombreuses données empiriques confirment ces intuitions. Je m’intéresse ici aux principales contributions représentatives du contexte dans lequel les recherches sont réalisées à la Banque de France.

Les inconvénients : des effets inégaux sur les marchés du travail

Hummels et al. (2014) utilisent des données employeur-employé détaillées et documentent un effet causal positif de la délocalisation sur la prime à la compétence au Danemark. Les exportations augmentent les salaires pour l’ensemble des travailleurs et peuvent compenser, et au-delà, les pertes de travailleurs non qualifiés induites par la délocalisation. Des approches plus agrégées aboutissent à des conclusions similaires. Une série d’études résumées par Autor, Dorn et Hanson (2016) montre les pertes d’emplois et la détérioration de la situation du marché du travail dans les régions américaines exposées aux importations chinoises (le « choc chinois »). Feenstra et al. (2018) affirment que les effets des exportations sur la création d’emplois représentent un gain net en termes d’emploi pour les États-Unis. Une évaluation correcte nécessite une approche d’équilibre général, comme dans les travaux en cours de Caliendo, Dvorkin et Parro (2017). Ils estiment que le choc chinois pourrait être à l’origine de 25 % de la baisse des emplois industriels américains au cours de la période 2000-2007, créant de fortes disparités régionales mais des avantages en termes de richesse pour l’ensemble des États-Unis.

 

Résultats des travaux de recherche réalisés à la Banque de France

Les recherches menées à la Banque de France utilisent des données relatives aux entreprises et aux travailleurs français, confirmant les prévisions théoriques et alimentant les débats sur ce thème en France.

Carluccio, Fougère et Gautier (2015) ont utilisé des données relatives aux entreprises manufacturières de 2005 à 2009 et ont conclu que les exportations augmentaient les salaires pour toutes les professions. La délocalisation entraîne des salaires plus élevés pour les cadres. Elle nuit aux salaires des cols bleus seulement dans les entreprises n’ayant pas de conventions collectives, soulignant ainsi le rôle des institutions du marché du travail. Carluccio, Fougère et Gautier (2016) ont suggéré que le régime de négociation lui-même pouvait être endogène : les entreprises connaissant des chocs positifs à l’exportation négocient généralement plus souvent les salaires [5].

Carluccio, Cunat, Fadinger et Fons-Rosen (2017) ont adapté le modèle Hecksher-Ohlin pour présenter les échanges de consommations intermédiaires et les entreprises hétérogènes. Les entreprises des pays du Nord se spécialisent dans la production de consommations intermédiaires à forte intensité en travail qualifié et délocalisent la production des autres biens intermédiaires vers les pays disposant d’une abondante main-d’œuvre non qualifiée. L’hétérogénéité des entreprises implique que seules les plus grandes entreprises se sélectionnent elles-mêmes pour l’importation, créant un lien entre la taille de l’entreprise, le statut de délocalisation et la demande de travail qualifié. La plus grande partie de la demande de qualification émanant des entreprises manufacturières françaises entre 1996 et 2007 provenait des entreprises qui importaient de pays dotés d’une main-d’œuvre abondante.

Malgouyres (2016) a transposé l’analyse de Autor et al. (2016). 13 % des pertes d’emplois dans l’industrie manufacturière française entre 1995 et 2007 pourraient être attribués au « choc chinois » affectant la France.

L’autre face de cette évolution est l’égalisation de la distribution des revenus entre le Nord et le Sud, que Baldwin (2016) appelle la « Grande convergence ». Dans le modèle de Carluccio, Ekeland et Guesnerie (2017), ces deux dimensions sont imbriquées. L’intégration accrue du Sud dans les CVM provoque la baisse des prix des biens au niveau mondial et augmente les salaires dans le Sud, réduisant ainsi l’écart des salaires entre le Nord et le Sud. La hausse de la demande de biens mondiaux déplace le travail du Nord vers les CVM, augmentant la prime à la compétence (sous l’hypothèse plausible que les CVM sont plus intensives en travail qualifié que les biens non échangeables).

Les avantages : une consommation moins chère et plus diversifiée

Il est surprenant de constater que c’est seulement récemment que des efforts ont été faits pour chercher à quantifier les avantages des échanges en termes de bien-être pour les consommateurs. Broda et Weinstein (2006) ont estimé que les variétés de produits importés ont été multipliées par quatre aux États-Unis sur la période allant de 1972 à 2001, bénéficiant aux consommateurs dans les modèles de « préférence pour la diversité ». Un important courant de littérature, résumé par Costinot et Rodriguez-Clare (2014), élabore des modèles qualitatifs pour quantifier les effets sur le bien-être de changements des politiques, tels que la baisse des obstacles tarifaires. Il en ressort que les échanges apportent des avantages en termes de bien-être, même s’ils sont modestes.

Une autre approche lie les données relatives aux échanges à celles des prix domestiques et estime des équations sous forme réduite avec des variables instrumentales. Auer et Fischer (2011) et Auer, Degen et Fischer (2013) ont montré que les importations en provenance des pays à faibles salaires ont ralenti la hausse des prix à la production tant aux États-Unis qu’en Europe. Selon Amiti, Dai, Feenstra et Romalis (2017), le choc commercial dû à la Chine a réduit l’indice américain des prix des produits manufacturés de 7,6 % entre 2000 et 2006. Les deux tiers de cet effet sont imputables à la baisse par la Chine de ses propres droits de douane à l’importation, favorisant l’accès à des biens intermédiaires moins chers et permettant ainsi aux entreprises chinoises de gagner des parts de marché aux États-Unis.

Pour la France, Carluccio, Gautier et Guilloux-Nefussi (2018) ont utilisé des données sur les importations détaillées au niveau des produits afin d’analyser l’impact des importations de biens de consommation sur l’IPC français. Les importations provenant de pays à faibles salaires ont réduit l’inflation française de 0,15 point de pourcentage par an entre 1995 et 2017. Cet effet s’explique par les substitutions en faveur de biens importés moins chers et par la baisse des prix intérieurs induite par la concurrence des importations.

La politique monétaire dans un monde globalisé

Le dernier point soulève la question de la conduite de la politique monétaire dans le monde globalisé (cf. Rogoff, 2006). Je voudrais mentionner deux points. Premièrement, la mondialisation a été identifiée comme une explication de l’« aplatissement » de la courbe de Phillips (Guilloux-Nefussi, 2017). Deuxièmement, les CVM peuvent entraîner une décorrélation entre les indices IPC et IPP (Wei et Xie, 2018), ce qui soulève la question de savoir lequel doit être la cible de la politique monétaire.

 

Bibliographie

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[1] TIC : Technologies de l’information et de la communication.

[2] Cette nouvelle vague de mondialisation se caractérise également par le développement des services, pour lesquels les données sont malheureusement beaucoup plus limitées. Pour de plus amples détails, cf. Subramanian et Kessler (2013).

[3] Le fait que les consommateurs tirent avantage des échanges est présent dans tous les modèles relatifs au commerce, quelle qu’en soit la motivation (par exemple, avantages comparatifs, économies d’échelle, etc.). Dans une étude très influente, Arkolakis, Costinot et Rodriguez-Clare (2012) ont montré que les implications sur le bien-être des divers types de modèles étaient étonnamment comparables, en dépit des différentes hypothèses relatives aux préférences et à l’offre.

[4] Par exemple, une entreprise allemande qui délocalise une chaîne de production en Pologne réduit la demande de travailleurs non qualifiés en Allemagne. La hausse de la productivité rend les ingénieurs allemands plus précieux et accroît leur demande.

[5] Il s’avère que les chocs de délocalisation n’ont pas d’effets significatifs sur le système de négociation salariale. Cela s’explique peut-être par deux effets antagonistes : la délocalisation augmente la productivité et les bénéfices au niveau de l’entreprise, incitant ainsi davantage à partager cette rente avec les syndicats, mais elle réduit également le pouvoir de négociation des travailleurs. Ce dernier point est développé plus en détail par Carluccio et Bas (2015), qui ont montré que l’externalisation pouvait être utilisée comme un moyen de contourner le pouvoir de négociation des syndicats.

Mis à jour le : 13/04/2018 10:59