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« Une conjoncture qui reste assez favorable pour l'économie française. » - France Culture



Interview de François Villeroy de Galhau – Gouverneur de la Banque de France

FRANCE CULTURE - 14 décembre 2018
 

 


Guillaume Ernier- France Culture : La Banque de France dévoile ses projections macro-économiques pour la période 2018-2021. Elle prévoit notamment une progression du produit intérieur brut autour de 1,5 % par an et un redressement du pouvoir d'achat ET une décrue du taux de chômage. Bonjour François

François Villeroy de Galhau : Bonjour Guillaume Erner.

Vous êtes gouverneur de la Banque de France. Alors quelles sont ses projections ?

Nous publions effectivement aujourd'hui nos prévisions de façon tout à fait indépendante, comme tout ce que fait la Banque de France. Si on regarde l'économie française aujourd'hui, il faut commencer par la photo immédiate, c'est-à-dire où nous en sommes en cette fin d'année 2018. Le mouvement des Gilets jaunes a évidemment des conséquences économiques sur un certain nombre de secteurs qui souffrent : le commerce, la restauration, l'agroalimentaire, et donc la croissance au quatrième trimestre va être moins forte que prévu. Nous avons donc révisé un peu à la baisse la croissance 2018. Quand on regarde au-delà, je ne crois pas que ce sont des prévisions optimistes. Ce sont des prévisions réalistes avec une conjoncture qui reste assez favorable pour l'économie française.

C’est ça, c’est une bonne nouvelle.

Si c’est cela être optimiste, j'accepte cette bonne nouvelle. Je crois d'ailleurs qu'il faudrait essayer de faire plus. Je précise au passage que nos chiffres n'intègrent pas, parce qu'il y a des délais techniques, l'effet des mesures qui ont été annoncées par le président de la République et le gouvernement qui pourraient soutenir un peu la croissance en 2019. Nous disons donc 1,5 % pour l'an prochain, et 1,6 % en 2020 avec quand même beaucoup d'incertitudes dans notre environnement mondial et européen. Mais ceci permettrait une décrue du chômage qu'on souhaiterait plus rapide, mais elle va se continuer avec des créations d'emplois. Ceci se traduirait surtout par une progression du pouvoir d'achat, donc ça c'est important par rapport au mouvement actuel.

Mais alors, c'est important ce que vous venez de dire. Parce que cela signifierait, François Villeroy de Galhau, vous qui êtes gouverneur de la Banque de France, que l'augmentation du SMIC pourrait avoir des effets vertueux sur l'économie française.

L’augmentation de revenu au niveau du SMIC va soutenir le pouvoir d'achat, comme le fait que les hausses de taxes sur le gazole aient été reportées. Effectivement, cela devrait permettre- nous n'avons pas encore les chiffres - un effet de croissance supplémentaire en 2019. Mais en même temps qu'on soutient le pouvoir d'achat et ce que les économistes appellent la demande, il est important de garder le cap de ce qu'on a appelé parfois la politique de l'offre ou les mesures en faveur des entreprises. Parce qu'une économie qui marche, c'est une demande qui est active - la consommation - mais c'est aussi des entreprises qui sont compétitives. Sinon, la consommation profite aux entreprises étrangères parce que ce sont les importations uniquement qui répondraient à cette demande accrue : il faut donc maintenir cet équilibre. Pour le dire autrement, je crois qu'un pays qui réussit, c'est un pays qui sait marier l'urgence – il y a urgence aujourd'hui - et la persévérance. Quand on regarde nos voisins européens, ils ont souvent ces dernières années eu des meilleures performances économiques que nous, parce qu'ils ont su tenir dans la durée, dans la persévérance, le cap des réformes.

Justement, comment percevez-vous cette fois-ci les perspectives européennes, François Villeroy de Galhau ?

Hier, j’étais à Francfort pour le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne. Nous avons publié nos prévisions pour la zone euro. On serait l'an prochain à 1,7 %, donc un peu au-dessus du 1,5 % français. Je relève quand même au passage que l'économie française est encore en retard de 0,2 % par rapport à la moyenne de la zone euro, mais nous sommes en train de rattraper notre retard. Cela peut être un effet positif des réformes des dernières années. Sur la période 2014-2017 par contre, les quatre années passées, nous avions en moyenne 0,6 % par an de retard sur la zone euro. L'économie française est donc en train de rattraper le peloton européen, c'est une bonne nouvelle.

Mais alors, là aussi j'ai parlé d'optimisme dans vos prévisions François Villeroy de Galhau. Vous tiquiez mais on a plutôt l'impression que les nouvelles pessimistes sur l'économie mondiale, et notamment sur les risques protectionnistes, s'accumulent. On ne les voit pas dans vos prévisions sauf erreur de ma part.

Nous soulignons dans nos prévisions les incertitudes. Vous avez raison, c'est un élément très important. Au fond, si je devais résumer, il n’y a pas de retournement de la croissance, contrairement à ce qu'on avait craint l'été dernier. Les chiffres sont à peu près les mêmes. Il faut aussi reconnaître les bonnes nouvelles, c'est important pour les chefs d'entreprise et pour les Français qui nous écoutent. Les chiffres sont à peu près les mêmes, mais les incertitudes, elles, ont monté. Il y a l'incertitude protectionniste. Au passage, c'est un des rares sujets sur lesquels à peu près tous les économistes sont d'accord : le protectionnisme, c'est mauvais pour la croissance et en particulier c'est mauvais pour les plus défavorisés. Cela pénalise davantage les consommateurs les plus modestes dans les pays riches, et puis évidemment les producteurs des pays pauvres. il faut donc vraiment espérer que, malgré toute l'agitation de monsieur TRUMP, on arrive à des accords rapidement. Cela a été le cas avec le Canada et le Mexique, mais il est souhaitable qu'on y arrive aussi avec la Chine et avec l'Europe pour nous. Puis il y a des incertitudes dans les pays émergents. Vous vous souvenez peut-être que l'été dernier, on a craint une crise en Argentine, en Turquie ; cela s'est un peu éloigné pour l'instant.

En termes de pouvoir d'achat en Argentine, les choses vont très mal.

Du coup, l'Argentine ou la Turquie ont dû effectivement prendre des mesures très sévères qui pèsent aujourd'hui sur leur croissance. Il faut regarder aussi ce qui se passe en Chine. Et puis en se rapprochant de nous, il y a la grande incertitude du Brexit et celle autour du budget italien. Cela fait beaucoup, mais dans ce cas-là, il faut garder un cap central tout en étant prêt à s'adapter.

Mais alors, ça fait beaucoup d’incertitudes effectivement. Mais alors pour le coup, on ne les voit pas tellement dans l'économie réelle. Ça signifie peut-être qu'une dose relative de protectionnisme pour lutter, en quelque sorte, contre une mondialisation qui serait trop sauvage, ce n'est peut-être pas une mauvaise chose François Villeroy de Galhau.

Non. D’abord, il n'y a pas aujourd'hui de mesures protectionnistes donc on n’en voit pas l’effet. C’est intéressant cependant de regarder l'économie britannique ; on parle beaucoup du Brexit cette semaine. L'économie a ralenti à la différence des autres et c'est un effet non pas encore des tarifs douaniers puisqu'il n’y a pas encore de tarifs douaniers, mais de la crainte des tarifs douaniers.

Donc des anticipations.

Exactement. La confiance des chefs d'entreprise baisse et, du coup, ils investissent moins. Sur la mondialisation sauvage, vous avez tout à fait raison : il faut la combattre. J’ai une grande conviction personnelle là-dessus : je crois beaucoup au modèle social européen, c'est-à-dire à une économie régulée qui lutte contre les inégalités, et qui a des services publics forts. La bonne réponse aux excès de la mondialisation, c’est d’organiser celle-ci autour par exemple de l'Organisation mondiale du commerce. Ce qu'on peut regretter, chez M. Trump, c’est qu’il y a des questions légitimes y compris de la part de ses électeurs, mais des réponses totalement inadaptées. Ce n’est pas en construisant des murs qu'on va favoriser les consommateurs américains ; c’est en s'investissant à l'Organisation mondiale du commerce pour, justement mettre des règles sur l'environnement, sur le droit du travail…. Or, les Etats-Unis se désintéressent totalement de l'Organisation mondiale du commerce aujourd'hui. Au passage, c’est ce que proposent les Européens.

Mais c'est quand même très important ce que vous dites parce que vous incarnez, François Villeroy de Galhau, une forme d'orthodoxie budgétaire, c'est-à-dire que vous êtes le maître étalon, en quelque sorte, de l'économiquement correct et vous nous dites à la fois que l'augmentation du SMIC n'est pas une mauvaise chose et qu'une dose raisonnée de protectionnisme - en tout cas, une dose de contre-pouvoir contre la mondialisation - ça n'est pas une mauvaise chose. Ça ne fait pas de vous encore un gauchiste mais quand même…

Je ne vais pas être gauchiste ni « droitiste ».

Évidemment, je savais que vous alliez me répondre ça mais…

Je vous le dis très directement : je suis in-dé-pen-dant. C’est cela le plus grand service que les dix mille hommes et femmes de la Banque de France rendent aux Français : apporter leur expertise de façon indépendante. Nous ne roulons pas pour le gouvernement ou pour l'opposition. Nous disons notre analyse économique. Je vais donc être très clair : je n'ai pas dit du tout que le protectionnisme soit une solution ; au contraire, il appauvrit les plus pauvres partout. Par contre, on doit réguler la mondialisation avec des règles du jeu communes et des organisations internationales. C’est qu'on a fait à l'intérieur de l'Europe au passage : on a mis des règles, par exemple, sur la qualité des produits en Europe. C’est cela qu'il faut faire à l'échelle mondiale : ce qui est très dommage, c'est que les États-Unis à partir de questions qui sont en partie légitimes, apportent des très mauvaises réponses.

Justement, c'est important. Vous parlez d'indépendance, il faut rappeler quel est le statut aujourd'hui de la Banque de France, quel est son statut en France et par rapport à la Banque centrale européenne.

La Banque de France ce sont, aujourd'hui, un peu plus de 10.000 hommes et femmes, qui sont engagés sur le terrain et à Paris, pour rendre des services très concrets aux Français, à l'intérieur de ce que nous appelons l'Eurosystème. L'Eurosystème c'est la Banque centrale européenne et les 19 banques centrales nationales de l'euro. Pour cela nous sommes indépendants, parce que le législateur français, et européen, a estimé qu'on rendait mieux ces services si on était indépendant. Le premier service c’est une bonne monnaie, l'euro, qui est gérée de façon décentralisée. Les décisions sont prises ensemble à Francfort, j'y étais hier, nous avons pris des décisions importantes de politique monétaire, mais chacun apporte son expertise, et ensuite l'application en aval est décentralisée. Le deuxième grand service c’est la surveillance des banques et des compagnies d'assurances, qui a été très renforcée depuis la crise financière de 2008. Le troisième service c’est, à travers notre réseau qui est présent dans chaque département, et qui le restera, des services très concrets que nous rendons aux familles et aux PME, notamment aux familles les plus défavorisées. Pour vous citer deux exemples, la lutte contre le surendettement, dont nous sommes en charge, et la limitation des frais bancaires pour les clients en situation de fragilité financière. Le Président de la République a obtenu de la part des banques, cette semaine, un engagement très important : nous allons en garantir l'application de façon effective en 2019.

Alors, quelle hauteur de limitation, parce qu'en fait, le problème pour les familles modestes, c'est qu'il y ait un plafond en matière de frais bancaires…

Il s'agit des frais d'incidents, qui concernent, selon nos estimations, 3,6 millions clients en situation de fragilité financière. On sait, malheureusement, et nous le voyons avec les travailleurs sociaux, que ces frais peuvent peser très lourdement sur certaines familles. Le plafond va donc être, tous frais d'incidents confondus, à 25 euros par mois, ce qui va représenter une baisse sensible pour nombre de familles. Nous ferons des contrôles à travers ce qu'on appelle l’ACPR, qui est le gendarme des banques, et nous allons veiller à ce que cet engagement soit effectivement appliqué dès 2019 : nous avons vraiment les moyens de le faire respecter. Notre réseau sera par ailleurs mobilisé sur le terrain pour informer les 3,6 millions de personnes concernées et les associations avec lesquelles nous travaillons.

Toujours dans le domaine bancaire, François Villeroy de Galhau, est-ce qu'il serait là aussi possible d'imaginer des mesures pour que les banques prêtent de manière plus aisée aux artisans, aux agriculteurs ? Beaucoup se plaignent, au travers de la crise des Gilets jaunes, par exemple, des difficultés qu'ont les petits commerçants, les petits artisans, à voir leur activité financée par le système bancaire français tel qu'il est.

Deux choses là-dessus, si vous voulez bien. La première, j'ai appelé les banques à faire vraiment un effort sur la limitation des frais, elles sont en train de le faire, donc quand il faut leur faire changer de comportement, nous sommes là. Mais…

Alors, est-ce que vous pourriez leur dire de prêter plus ?

Mais sur le crédit, globalement, je souligne l’adverbe Guillaume ERNER, les choses vont plutôt bien dans l'économie française. On a une progression des crédits de plus de 5 %, aussi bien pour les entreprises que pour les ménages. Et quand on regarde parmi les entreprises c'est sur les PME, et même sur les TPE, que la croissance est la plus forte. Alors, cela ne veut pas dire que tout commerçant ou artisan a forcément des bonnes relations avec sa banque, et c'est la deuxième chose que je voudrais dire : parmi les services que nous rendons, dans chaque département, il y a la médiation du crédit. C’est un service accessible à tous, gratuit : si certains ont des difficultés avec leur banque, je leur recommande de s'adresser à nos médiateurs du crédit dans leur département. Nous les avons mobilisés depuis la crise des Gilets jaunes, en particulier pour les entrepreneurs, les PME, les TPE, qui auraient des difficultés particulières aujourd'hui.


Sur la conjoncture économique européenne, on voit qu'il y a des politiques économiques très différentes au sein de la zone euro, ce qui signifie qu'il y a la possibilité d'avoir une marge de manœuvre, mais la France est malgré tout toujours un peu à la traîne, notamment en termes de taux de chômage, est-ce que ça signifie que cette pluralité elle est défavorable à la France, François Villeroy de Galhau ?


Non, tout le monde a bénéficié de l'euro. L’euro a permis une inflation beaucoup plus faible, ce qui est bon pour le pouvoir d'achat ; l'euro a permis des taux d'intérêt beaucoup plus bas, ce qui est bon pour le financement des artisans et des commerçants dont vous parliez, mais aussi celui des ménages, pensez aux crédits immobiliers. D’ailleurs, 70 % des Français sont attachés à l'euro, ils l'ont redit l'année dernière dans le débat électoral. ce n'est donc pas l'euro qui fait la différence entre les pays, puisque nous avons tous la même monnaie et nous en avons tous partagé les gains, c'est un vrai acquis. Ce qui fait la différence entre les pays, ce sont les réformes. Je suis très frappé de voir qu'autour de la moyenne de la croissance européenne, que je citais tout à l'heure, il y a des pays qui font nettement mieux en termes de croissance et en termes d'emploi. Il y a même des pays qui sont au plein emploi. Quand on regarde les pays qui font mieux, ce ne sont pas ceux qui ont fait plus de dette et de déficit : sinon cela voudrait dire que ce sont la France et l'Italie qui seraient championnes de la croissance en Europe ; ce n'est malheureusement pas du tout le cas. Ce sont les pays qui ont fait des réformes de façon durable, persévérants.

Lesquels ?

Cela peut être des pays du Nord de l'Europe : on cite toujours l'Allemagne, mais il y a aussi les Pays-Bas ou des pays scandinaves. Mais ce sont aussi des pays du Sud : la performance aujourd'hui de l'Espagne ou du Portugal est nettement meilleure que la nôtre

L’Espagne qui augmente son SMIC de 22 %.

L’Espagne, par ailleurs, vient de prendre une mesure de ce type, mais le SMIC touche moins de personnes en Espagne et…

Et il est plus bas aussi.

… et il reste plus bas qu’en France. Une des réformes absolument clé qu'on voit en Europe, c'est tout ce qui concerne la formation professionnelle et l'apprentissage. Il y a l'urgence sur les mesures de pouvoir d'achat, mais il y a la persévérance sur le fait de donner plus de chance aux jeunes ou aux salariés moins qualifiés. Une réforme très importante, dont on n'a pas beaucoup parlé, a été adoptée il y a quelques mois : c'est ce qu'on appelle la loi Avenir pro. Il faut absolument développer l'apprentissage en France : il est trois fois moins développé qu'en Allemagne, et nous avons un taux de chômage des jeunes trois fois supérieur. Si on veut vraiment donner une chance aux jeunes, et notamment aux moins qualifiés, mettons le paquet sur l'apprentissage, et mettons le paquet sur la formation professionnelle.

Ces économies européennes vont bien, est-ce au prix d’inégalités plus fortes, dans lequel cas ce serait à relativiser ?

Quelquefois on se demande ce qui fait l'Europe : il y a l'euro, mais enfin l’euro, ce n'est qu'une monnaie, même si c'est important une monnaie ! Une des marques de l'Europe, je crois que c'est ce modèle social dont je parlais tout à l'heure. Le niveau d'inégalités, c’est une considération très importante : on l'avait peut-être un peu oublié dans certains pays, voyez le résultat du Brexit ou l'élection de M. Trump. Ce niveau d'inégalités est moins fort en Europe, dans l'ensemble des pays européens, qu’il ne l’est aux États-Unis ou, a fortiori, dans les grands pays émergents. Il y a ensuite des différences, à l'intérieur de l'Europe. Il se trouve que la France est un des grands pays où les inégalités sont restées au même niveau, c'est une bonne chose. Mais il faut que nous nous mobilisions dans la durée pour aussi aller vers l'égalité des chances, c'est-à-dire donner à ces jeunes, dont je parlais, ou donner à ces salariés moins qualifiés. qui sont sur les ronds-points aujourd'hui, la chance de s'insérer dans une économie qui change.

Et puis la Banque de France est aussi une entreprise, François Villeroy de Galhau, vous êtes Gouverneur aujourd'hui, vous ne l'avez pas toujours été. La Cour des comptes a livré, le 3 décembre, un rapport assez sévère sur la gestion de la Banque de France, notamment en matière de dépenses immobilières, parce qu’il y a un parc immobilier important, sur le traitement des billets, qui paraissait très coûteux aux yeux des Sages de la Cour des comptes, votre réponse sur ce rapport.

D’abord, ce rapport n'a pas été jugé sévère par les experts en Cour des comptes, dont je ne suis pas, il est nettement plus favorable que les rapports précédents, et plus favorable que ce que la Cour des comptes écrit d'habitude : le rôle de la Cour des comptes c'est un peu de distribuer des cartons jaunes, et la Cour des comptes salue au contraire tous les progrès de la gestion de la Banque de France. Pour vous citer un seul exemple, mais qui est très important pour ceux qui nous écoutent, depuis 3 ans, entre 2015 et 2018, nous avons augmenté ce que nous rapportions aux Français : la Banque de France rapporte 5 milliards chaque année aux Français, nous avons augmenté cela de 100 millions d'euros, par une réduction de nos dépenses…

Oui, alors là c’est le verre…

Non, mais quand on parle…

Sur la politique de mécénat il est question de dérives par exemple.

On va y venir, mais cela c’est la première partie du rapport de la Cour des comptes, qui est très positive, et qu’on n'a pas relevée. Je profite donc de votre micro pour le dire. Il y a après un certain nombre de critiques, celle qu'on a le plus retenue c'est l'achat d'un tableau, d'un tableau de Rembrandt, qui est aujourd'hui exposé, en alternance, au Louvre et dans un musée d'Amsterdam. C'était avant que je ne sois Gouverneur, c'était à la demande des autorités politiques de l'époque, sinon c'est probablement le ministère de la Culture qui l’aurait acheté. Vous voyez donc que c'est un choix de canal d'argent public, parmi d’autres possibles. Je pense que cela ne se reproduira plus parce que c'était une opération exceptionnelle : ce n'est pas le cœur de mission de la Banque de France, mais c'était une façon d'utiliser l'argent public.

Merci François Villeroy de Galhau je rappelle que vous êtes Gouverneur de la Banque de France, vous nous avez annoncé plutôt de bonnes nouvelles, un redressement du pouvoir d'achat et une décrue du taux de chômage.
 

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InterviewFrançois VILLEROY DE GALHAU, Gouverneur de la Banque de France
« Une conjoncture qui reste assez favorable pour l'économie française. » - France Culture
  • Publié le 14/12/2018
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