Rapport

L’action durable de la Banque de France et de l’ACPR dans leurs activités opérationnelles : complément au Rapport durabilité 2025

Mise en ligne le 26 Juin 2026

Ces éléments, complémentaires au Rapport durabilité, visent à éclairer les développements relatifs aux activités opérationnelles de la Banque de France et de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), afin de répondre aux attentes de leurs parties prenantes en matière de reporting sur les enjeux de durabilité.

Les activités opérationnelles de la Banque de France et de l’ACPR désignent les activités menées en tant qu’entreprise, non spécifiques aux banques centrales et aux superviseurs.
 

1. Actions relatives au changement climatique

1.1. Empreinte carbone de la Banque de France

Atteinte de l'objectif de – 25% de gaz à effet de serre en 2025 par rapport à 2019

L’évaluation des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la Banque de France est réalisée tous les ans et donne lieu à une publication dans son Rapport durabilité. Par ailleurs, conformément à l’article L.229-25 du code de l’environnement, la Banque de France publie son bilan des émissions de gaz à effet de serre réglementaire (BEGES) sur la plateforme de l’ADEME.

L’objectif de réduction de l’empreinte carbone de – 25 % en 2025 par rapport à 2019 a porté sur les émissions liées aux consommations d’énergie, déplacements domicile-travail, déplacements professionnels, déchets et émissions directes fugitives de la Banque de France, ainsi que de ses filiales BDF Gestion et EuropaFi.

T1  Empreinte carbone consolidée de la Banque de France pour le suivi de l’objectif de – 25 % d’émissions de GES en 2025 par rapport à 2019
(émissions en t éqCO2 ; entre parenthèses, poids dans l’empreinte en % ; réduction par rapport à 2019 en %)
  2019 2023 2024 2025
Énergie 25 056
(64)
17 731
(63)
17 469
(65)
16 118
(63)
Déplacements domicile-travail 7 311
(19)
5 230
(19)
4 781
(18)
4 803
(19)
Déplacements professionnels 4 213
(11)
2 469
(9)
2 254
(8)
2 304
(9)
Déchets 2 578
(7)
1 914
(7)
1 926
(7)
1 709
(7)
Émissions directes fugitives  254
(1)
673
(2)
471
(2)
517
(2)
Total des émissions 39 412 28 017 26 901 25 450
Réduction par rapport à 2019 - 29 - 32 - 35

Champ : Sur le périmètre de la politique en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE) à l'horizon 2025 qui concerne les émissions liées aux postes énergie, déplacements domicile-travail, déplacements professionnels, déchets, émissions directes fugitives. Ce périmètre inclut la Banque de France ainsi que ses filiales BDF Gestion et EuropaFi, mais exclut la filiale IEDOM.

Source : Banque de France.

2. Action pour contribuer à la préservation de la nature

2.1. Empreinte biodiversité de la Banque de France

La Banque de France a procédé en 2023 à une première évaluation de son empreinte biodiversité en utilisant l’outil Global Biodiversity Score (GBS).

La Banque de France a reconduit une évaluation de son empreinte biodiversité en 2025 sur ses impacts 2024. Les résultats de ce second exercice ont été publiés dans le Rapport durabilité 2024 et sont également détaillés ci-dessous. 

Le calcul de l’empreinte de la Banque de France est réalisé depuis cet exercice par les collaborateurs de la MRSE formés à la méthode du GBS. Cette méthode de référence repose sur le modèle Globio, lui-même fondé sur une modélisation des pressions exercées par les êtres humains sur les écosystèmes (changement d’usage des sols, émissions de GES, exploitation des ressources, pollution), conformément aux recommandations de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

Le GBS quantifie les impacts des activités économiques en MSA.km², une métrique normalisée qui exprime la perte de biodiversité par rapport à un état de référence « intact ». La mesure distingue deux types d’impacts :

  • l’empreinte statique, correspondant à un stock d’impacts à une date donnée, reflète l’ensemble des pressions historiques accumulées dans le temps et encore présentes à cette date ;
  • l’empreinte dynamique, correspondant à un flux d’impacts sur une période donnée, mesure la variation annuelle de ce stock d’impacts, c’est-à-dire les nouveaux impacts négatifs générés, ainsi que les éventuels gains de biodiversité liés à l’évolution des pressions exercées.

L’analyse porte sur l’ensemble des scopes 1, 2 et 3 amont, selon la même logique que l’empreinte carbone, et couvre les activités opérationnelles de la Banque en tant qu’organisation (cf. 2.3 Périmètre de l’empreinte biodiversité 2024).

L’empreinte biodiversité de la Banque de France en 2024 est très largement portée par sa chaîne de valeur amont. L’empreinte dynamique terrestre, qui mesure les pressions générées sur l’année, s’élève à 0,93 MSA.km², soit l’équivalent de la surface du 2ᵉ arrondissement de Paris, tandis que l’empreinte statique terrestre atteint 89,1 MSA.km², soit environ 85 % de la surface de Paris, traduisant l’accumulation des impacts dans le temps. L’empreinte statique aquatique est estimée à 4,7 MSA.km² (environ 18 % de la surface du lac d’Annecy). La structure de l’empreinte est très déséquilibrée : 95,6 % de l’impact dynamique provient du scope 3, contre 4,2 % pour le scope 2 et seulement 0,2 % pour les impacts directs (scope 1), ce qui confirme que l’essentiel des pressions sur la biodiversité se situe en amont de la chaîne de valeur, notamment par les achats, les immobilisations, l’énergie, le fret et les déchets.

L’analyse des postes les plus contributeurs et des pressions environnementales renforce ce constat. Les achats – dont le coton – constituent le principal levier, représentant 69 % de l’empreinte terrestre et 88 % de l’empreinte aquatique, suivis des immobilisations (13 % et 11 % respectivement). Les pressions exercées sur les écosystèmes sont dominées par le changement climatique, qui représente 76,7 % de l’empreinte dynamique, et par l’usage des sols et l’artificialisation, qui concentrent 79 % de l’empreinte statique terrestre. Les autres pressions incluent l’empiétement humain (17 %), la fragmentation des milieux naturels (3 %) et certaines pollutions. Pour les écosystèmes aquatiques, les impacts sont principalement liés à l’occupation des sols dans les bassins versants (55 %), à l’usage de l’eau (24 %) et à la conversion des zones humides (12 %).

Empreinte biodiversité des activités opérationnelles de la Banque de France, en 2024

Visuel - Empreinte biodiversité
Note : MSA, mean species abundance (abondance moyenne des espèces). Les données relatives aux achats, aux immobilisations et au fret sont provisoires. Sources : CDC Biodiversité ; Banque de France, GBS 1.4.8 (avril 2025), Rony Bou Rouphael, formé au GBS niveau 2, et Inès El Yakhlifi, assesseur ayant validé la formation GBS niveau 2.

Par ailleurs, la Banque de France identifie plusieurs dépendances vis-à-vis des ressources naturelles, notamment la disponibilité de ces dernières telles que l’accès à l’eau et aux matières premières, la qualité des sols, et le bon fonctionnement des écosystèmes, qui conditionnent la résilience de ses infrastructures et la continuité de ses opérations tertiaires et industrielles.

Dans une logique d’amélioration continue, la Banque de France renforce progressivement l’intégration des enjeux liés à la nature dans sa démarche en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE). Les actions engagées portent en particulier sur la sobriété dans l’usage des ressources, la réduction et la valorisation des déchets, la rationalisation et la modernisation du parc immobilier, ainsi que la publication de ses impacts et dépendances vis-à-vis de la nature. Cette première mesure d’empreinte biodiversité constitue une étape structurante, qui sera approfondie afin de mieux piloter la réduction des pressions exercées sur les écosystèmes.

Mise à jour le 26 Juin 2026