2.1. Empreinte biodiversité de la Banque de France
La Banque de France a procédé en 2023 à une première évaluation de son empreinte biodiversité en utilisant l’outil Global Biodiversity Score (GBS).
La Banque de France a reconduit une évaluation de son empreinte biodiversité en 2025 sur ses impacts 2024. Les résultats de ce second exercice ont été publiés dans le Rapport durabilité 2024 et sont également détaillés ci-dessous.
Le calcul de l’empreinte de la Banque de France est réalisé depuis cet exercice par les collaborateurs de la MRSE formés à la méthode du GBS. Cette méthode de référence repose sur le modèle Globio, lui-même fondé sur une modélisation des pressions exercées par les êtres humains sur les écosystèmes (changement d’usage des sols, émissions de GES, exploitation des ressources, pollution), conformément aux recommandations de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
Le GBS quantifie les impacts des activités économiques en MSA.km², une métrique normalisée qui exprime la perte de biodiversité par rapport à un état de référence « intact ». La mesure distingue deux types d’impacts :
- l’empreinte statique, correspondant à un stock d’impacts à une date donnée, reflète l’ensemble des pressions historiques accumulées dans le temps et encore présentes à cette date ;
- l’empreinte dynamique, correspondant à un flux d’impacts sur une période donnée, mesure la variation annuelle de ce stock d’impacts, c’est-à-dire les nouveaux impacts négatifs générés, ainsi que les éventuels gains de biodiversité liés à l’évolution des pressions exercées.
L’analyse porte sur l’ensemble des scopes 1, 2 et 3 amont, selon la même logique que l’empreinte carbone, et couvre les activités opérationnelles de la Banque en tant qu’organisation (cf. 2.3 Périmètre de l’empreinte biodiversité 2024).
L’empreinte biodiversité de la Banque de France en 2024 est très largement portée par sa chaîne de valeur amont. L’empreinte dynamique terrestre, qui mesure les pressions générées sur l’année, s’élève à 0,93 MSA.km², soit l’équivalent de la surface du 2ᵉ arrondissement de Paris, tandis que l’empreinte statique terrestre atteint 89,1 MSA.km², soit environ 85 % de la surface de Paris, traduisant l’accumulation des impacts dans le temps. L’empreinte statique aquatique est estimée à 4,7 MSA.km² (environ 18 % de la surface du lac d’Annecy). La structure de l’empreinte est très déséquilibrée : 95,6 % de l’impact dynamique provient du scope 3, contre 4,2 % pour le scope 2 et seulement 0,2 % pour les impacts directs (scope 1), ce qui confirme que l’essentiel des pressions sur la biodiversité se situe en amont de la chaîne de valeur, notamment par les achats, les immobilisations, l’énergie, le fret et les déchets.
L’analyse des postes les plus contributeurs et des pressions environnementales renforce ce constat. Les achats – dont le coton – constituent le principal levier, représentant 69 % de l’empreinte terrestre et 88 % de l’empreinte aquatique, suivis des immobilisations (13 % et 11 % respectivement). Les pressions exercées sur les écosystèmes sont dominées par le changement climatique, qui représente 76,7 % de l’empreinte dynamique, et par l’usage des sols et l’artificialisation, qui concentrent 79 % de l’empreinte statique terrestre. Les autres pressions incluent l’empiétement humain (17 %), la fragmentation des milieux naturels (3 %) et certaines pollutions. Pour les écosystèmes aquatiques, les impacts sont principalement liés à l’occupation des sols dans les bassins versants (55 %), à l’usage de l’eau (24 %) et à la conversion des zones humides (12 %).
Empreinte biodiversité des activités opérationnelles de la Banque de France, en 2024