Dans un contexte de normalisation des taux d’intérêt, l’épargne réglementée conserve une forte attractivité et continue de bénéficier de la confiance des ménages français. Les encours ont ainsi atteint près de 950 milliards d’euros à la fin de l’année 2025, dont 440 milliards pour le seul livret A. Si les flux vers l’épargne réglementée ont ralenti en 2025, après avoir été particulièrement soutenus entre 2022 et 2024, ils restent positifs pour le livret A, le livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le livret d’épargne populaire (LEP), en partie grâce aux intérêts acquis. Le rapport offre un éclairage sur le livret A, produit quasi universel puisque détenu par 83 % des Français à fin 2025. Il confirme son rôle de socle d’épargne, tout en se caractérisant par des usages différenciés selon les situations patrimoniales.
Avec le reflux de l’inflation, la rémunération des produits d’épargne réglementée a été progressivement ajustée à la baisse en 2025. Le taux du livret A a ainsi été réduit de 3,0 % à 2,4 % au 1er février 2025, puis à 1,7 % au 1er août 2025. Après une baisse à 1,5 % en février dernier, il remontera à 1,7 % à compter du 1er août 2026 du fait de l’évolution de l’inflation et des taux à court terme. De même, le taux du LEP a été abaissé de 4,0 % à 3,5 % en février 2025, puis à 2,7 % en août, avant d’être fixé à 2,5 % en février 2026. Il sera maintenu à ce niveau de 2,5 % à compter du 1er août 2026, un taux qui reste supérieur à celui qui résulte de sa formule de calcul. Le LEP conserve ainsi une rémunération attractive par rapport au livret A et répond pleinement à son objectif de préserver le pouvoir d’achat de l’épargne des ménages modestes.
Le LEP poursuit sa progression et atteint en fin d’année 2025 le niveau record de 12,1 millions de livrets. Les efforts portent leurs fruits et nous les poursuivons, notamment sur sa rémunération. Cela doit aussi être accompli par les banques, afin que les ménages éligibles qui ont de l’épargne à placer et ne détiennent pas encore de LEP disposent bien de toute l’information nécessaire.
Le rapport met enfin en lumière le maintien d’un taux d’épargne des ménages élevé, qui atteint 17,9 % du revenu disponible, et un taux d’épargne financière de 9 % en 2025. L’année 2025 a vu une réallocation partielle des placements, notamment au profit de l’assurance-vie. Si la part de l’épargne réglementée dans le patrimoine financier des ménages recule légèrement, à 14,4 %, contre 15 % en 2024, elle n’en demeure pas moins tout à fait significative.
Toutefois, l’épargne réglementée ne saurait être seulement appréciée à l’aune des montants collectés ; elle doit également être évaluée au regard des financements qu’elle soutient. Elle contribue en effet au financement de l’économie, à la fois à travers les ressources centralisées par le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et par celles qui sont conservées au bilan des établissements bancaires. Qu’il s’agisse du soutien au logement social et à la politique de la ville, de crédits pour la transition écologique et de ceux qui sont destinés aux petites et moyennes entreprises, les encours de l’épargne réglementée constituent une source de financement stable qui peut, pour certains projets, être mobilisée à long, voire très long terme.