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Point de conjoncture

Point sur la conjoncture française à fin septembre 2020

 

Après une estimation de perte de PIB sur une semaine-type d’activité de -7 % en juillet par rapport au niveau d’avant crise et de -5 % en août, notre nouvelle enquête mensuelle de conjoncture (EMC), menée entre le 28 septembre et le 5 octobre auprès de 8 500 entreprises ou établissements, permet d’estimer que la perte de PIB resterait à -5 % en septembre. En prenant en compte nos estimations de pertes d’activité pour ces trois mois écoulés, nous maintenons inchangée notre estimation d’une hausse du PIB d’environ + 16 % au 3e trimestre 2020 (par rapport au trimestre précédent).

Selon les chefs d’entreprise interrogés, l’activité est, comme attendu il y a un mois, stable en septembre dans l’industrie comme dans les services et le bâtiment. Elle demeure dans l’ensemble inférieure à son niveau d’avant crise, mais avec toujours une forte hétérogénéité entre les secteurs. Les perspectives pour le mois d’octobre font également ressortir une relative stabilité de l’activité dans l’industrie, les services et le bâtiment.

1. En septembre l’activité est globalement stable selon les chefs d’entreprise et fait ressortir de fortes disparités entre secteurs

Au mois de septembre, le niveau d’activité évolue peu dans l’industrie.

Le taux d’utilisation des capacités de production se tasse légèrement à 73 % en moyenne en septembre après 75 % en août (et 79 % avant la crise). Il est en hausse dans l’industrie chimique mais se replie sensiblement dans le secteur de l’aéronautique et des autres transports.

L’activité est proche de son niveau d’avant-crise dans l’industrie agro-alimentaire et la pharmacie mais reste dégradée dans d’autres secteurs, notamment la fabrication d’équipements électriques, l’industrie automobile et le secteur de l’aéronautique et des autres transports.

L’activité est stable en moyenne dans les services en septembre. Elle s’améliore et revient à la normale dans l’édition. Le secteur du travail temporaire progresse également. L’activité fléchit en revanche dans l’hébergement et la restauration. Elle demeure ainsi très en deçà de son niveau d’avant-crise dans ces deux secteurs.

Dans le bâtiment, l’activité se maintient en septembre. Les chefs d’entreprise jugent qu’elle est revenue à un niveau proche de la normale dans le gros oeuvre comme dans le second oeuvre.

Dans ce contexte, marqué également par le soutien aux entreprises au travers des prêts garantis par l’État (PGE), l’opinion sur la trésorerie s’améliore légèrement dans l’industrie en septembre et retrouve son niveau d’avant crise. Dans les services, la situation de trésorerie est quasi-stable stable et demeure toujours en deçà de son niveau d’avant-crise.

Pour le mois d’octobre, les chefs d’entreprise anticipent dans l’ensemble une stabilité de leur activité mais avec le maintien de larges disparités sectorielles

Dans l’ensemble, l’activité évoluerait peu en octobre dans l’industrie, comme dans les services et le bâtiment. Cependant, certains secteurs connaîtraient des inflexions. Ainsi, selon les chefs d’entreprise interrogés, l’activité progresserait dans l’industrie automobile et dans le secteur de l’aéronautique et des autres transports. Elle serait en revanche en repli dans l’hébergement, alors qu’elle se situe déjà à un niveau très bas dans ce secteur. Dans l’hébergement, mais également dans la restauration, les indicateurs de l’enquête relatifs aux perspectives d’activité et à la demande (en particulier à la demande étrangère) restent très dégradés, témoignant de l’inquiétude des chefs d’entreprise.

L’anticipation d’une stabilité de l’activité en octobre pourrait traduire en partie un manque de visibilité des chefs d’entreprise sur leurs perspectives. De fait, ces derniers continuent d’exprimer des incertitudes sur la vitesse de la reprise au cours des prochains mois. Dans l’industrie, les carnets de commandes se regarnissent légèrement mais restent à un niveau relativement faible. En revanche, les carnets du bâtiment évoluent peu en septembre et se situent à un niveau proche de la moyenne de longue période.

2. Les informations sectorielles de l’enquête permettent d’évaluer la perte de PIB à environ -5 % au cours du mois de septembre

Dans notre dernier point sur la conjoncture du 14 septembre, nous avions estimé à environ -5 % la perte de PIB au mois d’août, en légère amélioration par rapport à la perte de juillet.

En septembre, le jugement des entreprises sur leur niveau d’activité est globalement stable par rapport au mois d’août, demeurant toutefois nettement en-dessous de son niveau normal.

L’utilisation de ces informations au niveau de désagrégation le plus fin possible nous permet d’actualiser notre estimation de perte de PIB pour le mois de septembre à -5 %. Nos estimations suggèrent de fortes disparités au niveau sectoriel. Pour la grande majorité des secteurs, représentant près de 90 % de l’économie, leur niveau d’activité se rapproche de la normale (supérieur ou égal à 90 % de l’activité habituelle). Parmi ces secteurs on trouve les industries pharmaceutique et agro-alimentaire, les télécommunications et une partie des services aux entreprises. A l’inverse, d’autres secteurs comme les matériels de transport, l’hébergement-restauration et les activités de spectacles et récréatives demeurent substantiellement affectés.

Les chiffres de l’activité en septembre par rapport à fin août sont par ailleurs corroborés par d’autres sources de données à haute fréquence, comme la consommation d’électricité ajustée des températures et les transactions par carte bancaire.

 

En prenant en compte nos estimations de perte d’activité pour les mois de juillet, d’août et de septembre, nous estimons que le PIB au 3e trimestre 2020 augmenterait d’environ + 16 % par rapport au trimestre précédent (après -13,8 % au 2e trimestre), soit une estimation inchangée par rapport à celle faite le mois dernier.

Les perspectives des entreprises suggèrent quant à elles une stabilisation de l’activité en octobre.

Mis à jour le : 08/10/2020 09:49