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Point de conjoncture

Point sur la conjoncture française à début octobre 2021

 

En septembre, selon l’enquête de conjoncture de la Banque de France menée entre le 28 septembre et le 5 octobre auprès de 8 500 entreprises ou établissements, l’activité s’est légèrement repliée dans l’industrie, mais a progressé dans le bâtiment et les services marchands. Le fléchissement constaté dans l’industrie est particulièrement marqué dans le secteur automobile. Au sein des services, l’activité de la restauration s’améliore sensiblement. Au total, sur le mois de septembre, nous estimons à – ½ point la perte de PIB par rapport au niveau d’avant‑crise, après – 1 % en août.

Les difficultés d’approvisionnement se sont de nouveau accrues en septembre : elles ont pénalisé l’activité de 56 % des entreprises de l’industrie et de 62 % des entreprises du bâtiment interrogées, contre respectivement 51 % et 61 % en août. La part des entreprises indiquant des difficultés de recrutement atteint 53 %, après 50 % en août.

La hausse du PIB au troisième trimestre serait d’environ 2,3 %.

Pour le mois d’octobre, les chefs d’entreprise anticipent une amélioration de l’activité dans l’industrie et les services et une stabilisation dans le bâtiment.

Nous estimons que l’activité se situerait en octobre presque à 100 % du niveau d’avant‑crise.

 

1. En septembre, l’activité est en légère baisse dans l’industrie, mais progresse dans les services et le bâtiment

Dans l’ensemble de l’industrie, le taux d’utilisation des capacités de production s’établit à 77 % en septembre, après

78 % en août ; il demeure proche de son niveau d’avant‑crise (78 % en février 2020). Ce taux s’accroît fortement dans l’industrie pharmaceutique, à 84 % en septembre après 78 % en août. Il baisse en revanche sensiblement dans l’industrie automobile, à 56 % après 69 % en août.

L’évolution des soldes d’opinion relatifs à l’activité confirme cette détérioration dans le secteur automobile, alors que l’activité résisterait nettement mieux dans les autres secteurs industriels.

Les niveaux d’activité demeurent hétérogènes entre les différents secteurs de l’industrie : la production est proche du niveau d’avant‑crise dans des secteurs tels que l’habillement‑textile et les industries agro‑alimentaire, chimique et pharmaceutique, alors qu’elle se situe toujours entre 75 et 80 % du niveau d’avant‑crise dans l’automobile, l’aéronautique et les autres transports.

 

Dans les services marchands, l’activité progresse en septembre. Cette amélioration concerne l’ensemble des secteurs. L’embellie est notamment très marquée dans les activités de loisir et de service à la personne, les services d’information et l’édition, ainsi que dans la restauration où l’activité se situe à 86 % du niveau d’avant‑crise en septembre, contre 77 % en août.

Dans le secteur du bâtiment, l’activité se raffermit dans le gros œuvre comme dans le second œuvre, malgré les difficultés d’approvisionnement évoquées par les chefs d’entreprise (cf. encadré infra).

Les soldes d’opinion relatifs à la situation de trésorerie sont globalement stables et se maintiennent nettement au‑dessus de leur moyenne de long terme. L’opinion sur la trésorerie demeure dégradée dans la restauration, où elle s’améliore néanmoins par rapport aux mois précédents.

2. Les chefs d’entreprise anticipent une légère amélioration de l’activité en octobre dans l’industrie et une hausse plus marquée dans les services, tandis que les perspectives dans le bâtiment sont stables

Dans l’industrie, l’activité serait quasi stable ou en hausse dans l’ensemble des secteurs. Les progressions les plus fortes concerneraient les secteurs de la chimie, des équipements électriques et de l’aéronautique et autres transports. La production évoluerait peu dans l’industrie automobile, l’industrie des machines et équipements, la métallurgie ou encore l’industrie pharmaceutique.

Dans les services, l’activité serait en hausse dans la quasi-totalité des secteurs. L’amélioration serait particulièrement marquée dans la restauration, le conseil de gestion et le travail temporaire.

Dans le secteur du bâtiment, l’activité progresserait légèrement dans le gros œuvre et se stabiliserait dans le second œuvre.

L’opinion sur les carnets de commandes progresse légèrement dans l’industrie, où elle se situe largement au‑dessus de sa moyenne de long terme. Les carnets de commande s’effritent quelque peu dans le bâtiment mais sont jugés toujours très bien garnis et proches de leur point haut de 2019.

3. Les estimations issues des informations sectorielles de l’enquête suggèrent un niveau d’activité qui progresserait légèrement en septembre puis en octobre

Dans notre précédent point de conjoncture paru le 13 septembre 2021, nous avions estimé la perte de PIB à – 1 % du niveau d’avant‑crise pour le mois d’août.

Pour le mois de septembre, l’utilisation des informations de l’enquête à un niveau de désagrégation fin, ainsi que des autres données dont nous disposons, nous amène à confirmer notre estimation de perte d’activité autour de – ½ point, conformément à celle de notre précédent point de conjoncture et avec des évolutions un peu différenciées suivant les secteurs, l’industrie reculant un peu ce mois‑ci alors que les services et la construction continuent à progresser.

Cette évaluation utilise aussi les données haute fréquence que nous suivons à titre de complément pour les secteurs non couverts par l’enquête, ainsi que pour confirmer notre évaluation sur l’industrie ou le commerce.
En particulier, les dépenses par carte bancaire donnent des indications utiles pour le secteur du commerce de détail, qui connaîtrait une nouvelle baisse en septembre après celle d’août. Les données plus générales de Google mobility et de trafic routier nous renseignent sur le secteur des transports, dont l’activité serait de nouveau orientée à la hausse en septembre.

La croissance du PIB pour le troisième trimestre serait d’environ + 2,3 % par rapport au trimestre précédent.

Les anticipations des entreprises pour octobre indiquent une poursuite modérée de l’amélioration de l’activité.
Les informations de l’enquête, combinées à des hypothèses sur les secteurs partiellement ou non couverts par l’enquête, nous amènent à estimer l’activité en octobre entre 99,5 % et 100 % du niveau d’avantcrise.

Ces estimations confirment à ce stade les prévisions pour l’ensemble de l’année 2021 que nous avons publiées le 13 septembre.

Mis à jour le : 11/10/2021 19:00