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Point de conjoncture

Point sur la conjoncture française à fin janvier 2021

 

Le mois de janvier a été marqué par la poursuite et le renforcement du couvre‑feu, avancé progressivement de 20h à 18h sur l’ensemble du territoire. Malgré ce contexte, l’activité est restée globalement stable sur l’ensemble du mois par rapport à décembre, selon notre enquête mensuelle de conjoncture (EMC), menée entre le 27 janvier et le 3 février auprès de 8 500 entreprises ou établissements. Après l’amélioration constatée sur le mois de décembre, l’activité évolue peu dans l’industrie, les services et le bâtiment et elle demeure extrêmement dégradée dans l’hébergement et la restauration. Au total, nous estimons à – 5 % la perte de PIB sur le mois de janvier par rapport au niveau d’avant‑crise, soit le même niveau qu’en décembre et à comparer à – 7 % en novembre et – 3 % en octobre.
Pour le mois de février, les chefs d’entreprise tablent sur une stabilité de l’activité dans l’industrie et le bâtiment et une très légère baisse dans les services, en signalant toutefois une incertitude accrue sur leurs perspectives. La perte de PIB par rapport au niveau d’avant‑crise resterait autour de − 5 %. Encore plus qu’habituellement, ces estimations sont entourées d’une large marge d’incertitude, car très dépendantes de l’évolution des mesures sanitaires
 

1.    En janvier, l’activité est stable dans l’industrie, les services et le bâtiment

Conformément aux prévisions des chefs d’entreprise dans l’enquête mensuelle précédente, les niveaux d’activité dans l’industrie, les services et le 
 

Dans l’industrie l’activité évolue peu en janvier. Le taux d’utilisation des capacités de production reste stable à 74 % en moyenne en janvier (il était de 79 % avant la crise). Le secteur de l’automobile s’inscrit en hausse (de 68 % à 70 %) ainsi que l’aéronautique et les autres transports qui, tout en restant à un niveau assez bas, progressent (de 64 % à 66 %). En revanche, le taux d’utilisation des capacités de production enregistre un tassement dans la chimie (de 82 % à 80 %).

L’activité se situe à des niveaux proches de ceux d’avant‑crise dans plusieurs secteurs, comme l’industrie chimique, l’industrie agro‑alimentaire ou les autres produits industriels. Elle reste en revanche à un niveau très en deçà de son niveau d’avant crise dans le secteur automobile et surtout dans celui de l’aéronautique et des autres transports.

Dans les services, la stabilité globale de l’activité recouvre toujours une forte hétérogénéité entre secteurs : alors que l’activité demeure à un niveau bas dans l’hébergement et la restauration, les services aux entreprises sont bien orientés, notamment la publicité et le conseil de gestion, de même que la location de matériels et d’automobiles. Quant aux services à la personne (salons de coiffure notamment), après un mois de décembre marqué par un niveau d’activité très élevé, en lien avec le rattrapage consécutif à la réouverture des commerces fin novembre et à la période des fêtes de fin d’année, l’activité s’est ralentie au mois de janvier, les horaires du couvre‑feu et les craintes liées à la situation sanitaire jouant à la baisse.

Dans le bâtiment, l’activité est stable dans l’ensemble en janvier et reste proche de son niveau d’avant‑crise, à plus de 96 %.

Dans l’industrie, l’opinion sur la trésorerie continue de s’améliorer en janvier et se situe au‑dessus de son niveau moyen de long terme. Dans les services, elle demeure très en deçà de son niveau d’avant‑crise.
 

2.    Pour le mois de février, dans un contexte d’incertitude élevée, les chefs d’entreprise anticipent une stabilité de leur activité dans l’industrie et le bâtiment ; les perspectives dans les services sont de nouveau marquées par une forte hétérogénéité

En février, l’activité serait quasi stable dans l’industrie comme dans le bâtiment selon les chefs d’entreprise interrogés.

Dans les services, les dirigeants anticipent une légère baisse de leur activité dans la plupart des secteurs, sauf dans les services à la personne qui seraient stables, et dans les activités juridiques et comptables et les services d’information qui progresseraient.

Selon les chef d’entreprise ces perspectives sont néanmoins entourées d’une incertitude accrue.

Les opinions sur les carnets de commande progressent nettement en janvier dans l’industrie. Dans le bâtiment, elles se stabilisent à un niveau certes inférieur à son niveau d’avant‑crise mais légèrement au‑dessus de sa moyenne de long terme.

3.    Les informations sectorielles de l’enquête permettent d’évaluer la perte de PIB  à environ – 5 % en janvier

Dans notre dernier point sur la conjoncture du 13 janvier, nous avions estimé la perte de PIB à – 11 % pour le mois de novembre et à – 7 % pour le mois de décembre, à partir des résultats de l’enquête sur le niveau d’activité des entreprises combinées à des données haute fréquence pour les secteurs partiellement ou non couverts par l’enquête. À fin janvier, les comptes trimestriels publiés par l’INSEE pour le T4 nous portent à revoir à la hausse l’activité, et ramener donc cette estimation de perte de PIB à – 7 % pour novembre et – 5 % pour décembre (la perte restant inchangée à – 3 % en octobre). Les révisions concernent notamment les secteurs partiellement ou non couverts par l’enquête, telles que le commerce, les transports et les services non marchands. Dans les services marchands, la révision à la hausse en novembre est principalement due au commerce et aux transports. En décembre, elle provient essentiellement du commerce qui a fortement rebondi ainsi que de l’hébergement‑restauration.

L’enquête de janvier nous permet d’actualiser notre estimation de perte de PIB (par rapport à son niveau pré‑pandémie) à – 5 % en janvier

Dans le point de conjoncture de fin décembre, nous avions estimé, à partir des anticipations des entreprises, que la perte de PIB en janvier serait identique à celle de décembre. Fin janvier, le jugement des entreprises sur leur niveau d’activité pour le mois confirme cette stabilisation, l’extension du couvre‑feu à 18h pour l’ensemble du territoire ne semblant pas avoir dégradé outre mesure l’activité économique. Nous actualisons donc la perte pour janvier à – 5 %, comme en décembre, selon l’estimation révisée suite à la publication des comptes trimestriels.

À l’exception de la branche agro‑alimentaire, le niveau d’activité dans l’industrie serait stable par rapport à décembre. En revanche, l’activité dans les services marchands se détériorerait légèrement en janvier, sauf pour les services aux entreprises.

Cette évaluation est corroborée par les données haute fréquence que nous suivons à titre de complément, telles que les transactions par carte bancaire, la consommation d’électricité ajustée des températures, l’indicateur quotidien de bruit ambiant en Île‑de‑France et les données Google Mobility. À titre d’exemple, les indicateurs Google Mobility (mobilité vers et depuis le lieu de résidence, les commerces et les loisirs) et la consommation d’électricité des entreprises sont restés stables depuis mi‑janvier, malgré l’extension du couvre‑feu.
 

L’enquête permet également de fournir une estimation de la perte d’activité en février, estimée stable par rapport à janvier, autour de – 5 %, selon les anticipations des entreprises

Les entreprises semblent anticiper une relative stabilité de leur niveau d’activité en février, dans un contexte sanitaire toutefois très incertain. L’activité serait donc comparable à celle de janvier. Dans les secteurs de l’hébergement‑restauration et du commerce de détail, l’activité serait néanmoins affectée par la fermeture des structures des domaines skiables et des centres commerciaux de 20 000 m2 et plus.

Encore plus qu’habituellement, ces estimations sont entourées d’une large marge d’incertitude, car très dépendantes de l’évolution des mesures sanitaires.
 

Mis à jour le : 09/02/2021 06:55