En effet, leur modèle économique repose fréquemment sur l’endettement, la transformation de liquidité et de maturité ‑par exemple quand un acteur se finance à court terme pour prêter à long terme‑ et l’effet de levier ‑ensemble de techniques permettant d’investir un montant supérieur au capital détenu‑, autant d’éléments qui ont constitué des facteurs aggravants lors de la crise financière de 2008.
Les autorités de supervision sont donc vigilantes quant à la croissance de ce marché, son relatif manque de
transparence (moindres exigences réglementaires, notamment en termes d’obligations déclaratives auprès des
autorités ou de transparence envers le public et les investisseurs), ainsi que les liens éventuels avec certains paradis
fiscaux ou certaines juridictions à hauts risques et sous surveillance dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Certains territoires, comme les Iles Caïmans, connaissent ainsi une surreprésentation du poids de l’intermédiation financière non bancaire dans les actifs du pays (plus de 90 % des actifs financiers du pays).
La participation croissante de ce secteur dans le financement de l’économie et ses interconnexions avec le système bancaire traditionnel plaident pour un encadrement spécifique et rigoureux afin de garantir la stabilité financière et d’éviter que les difficultés éventuelles de l’une des structures ne se transmettent, par effet de contagion, à l’ensemble du système financier : c’est le risque systémique.
Comment cela fonctionne ?
Le plus souvent, les acteurs de l’IFNB, contrairement aux banques, n’ont pas de capacité de création monétaire. La majorité des entités de l’IFNB -il s’agit par exemple de fonds d’investissement- collecte des fonds auprès d’agents économiques ayant une capacité de financement (on parle le plus souvent d’épargnants ou d’investisseurs).
Ces fonds collectés sont ensuite investis et gérés : octroi de prêts à différents agents économiques ayant un besoin de financement, achat d’actions ou investissements immobiliers par exemple.
Les financements distribués et les investissements réalisés génèrent des recettes destinées à rémunérerles épargnants (ou investisseurs) et l’institution financière non bancaire pour son rôle d’intermédiaire. D’autres entités de l’IFNB apportent des solutions de crédit‑bail et financements locatifs, d’affacturage ou encore des assurances ou des garanties sur des produits financiers (exemples : une assurance sur prêt ; une couverture de défaillance, plus connue sous le nom anglais de Credit Default Swaps), d’autres encore, nommés courtiers ou négociants, ont pour principale activité l’échange de titres financiers sur les marchés.
Les acteurs de l’IFNB gèrent une partie de l’épargne existante. Cependant, les fonds collectés ne sont pas assimilables
à des dépôts bancaires, ce qui les exclut du mécanisme de garantie des dépôts. De plus, sauf exception dans certains pays, les entités de l’IFNB ne bénéficient pas du refinancement des banques centrales et n’ont donc pas un accès direct à la liquidité d'urgence en cas de tensions ou de crise.
Souvent filiales de banques ou de sociétés d’assurance, les acteurs de l’IFNB peuvent aussi être des structures complètement indépendantes. Même dans ce dernier cas, ils entretiennent des relations étroites avec les banques traditionnelles : par exemple, les fonds monétaires achètent massivement des titres à court terme émis par les banques commerciales et participent de fait au financement de ces dernières. Ce sont ces liens qui les rendent interdépendants et vecteurs du risque de propagation systémique.
Pour aller plus loin