Rapport

Rapport annuel de la Banque de France 2025 - Chiffres clés

Mise en ligne le 22 Mai 2026

« Malgré l’incertitude géopolitique, nous devons continuer à agir pour relever les défis de l’économie française. La Banque de France y contribuera, comme pôle de stabilité et de confiance. » François Villeroy de Galhau
 

Inflation maîtrisée, mais des défis persistants

L’Eurosystème, auquel appartient la Banque de France, a ramené l’inflation à sa cible en 2025. Grâce à une politique monétaire crédible, l’inflation est revenue nettement au-dessous de 2 % en France et proche de 2 % en zone euro, conformément à l’objectif de stabilité des prix. Cette victoire contre l’inflation a été obtenue sans déclencher de récession et malgré des niveaux d’incertitude exceptionnellement élevés. L’engagement de l’ensemble des banques centrales de l’Eurosystème et la clarté de leur communication ont joué un rôle essentiel. Cette désinflation a permis de baisser les taux directeurs à quatre reprises en 2025, en complément des quatre baisses effectuées au second semestre 2024, amenant le principal taux directeur à 2 % fin 2025. Dans le sillage des baisses de taux, les conditions de financement ont continué à s’assouplir.

La croissance française est restée résiliente malgré un contexte international particulièrement volatil et imprévisible en 2025. Les droits de douane et l’incertitude qui leur était associée ont engendré de fortes fluctuations de l’activité économique au premier semestre. La conclusion de l’accord commercial entre les États-Unis et l’Union européenne en juillet – avec des droits de douane plus élevés sur les exportations de la zone euro vers les États-Unis – a permis de réduire cette incertitude. La consommation des ménages est restée atone, notamment en raison des incertitudes politiques et budgétaires qui les ont incités à épargner. Dans ce contexte, le PIB a progressé à un rythme de 0,9 % en 2025, après 1,1 % en 2024.

Les moyens de paiement continuent de s’adapter aux usages. L’adoption croissante de moyens de paiement innovants a continué à porter le développement de l’usage des moyens de paiement scripturaux. L’usage des espèces à des fins de paiement a continué de reculer. Cette tendance a nécessité la reconfiguration du maillage des caisses de la Banque de France, stabilisé pour la décennie à venir autour d’une caisse par région. Les espèces conserveront un rôle important dans la gamme nationale des moyens de paiement et demeureront incontournables, justifiant les projets en cours de construction d’une nouvelle imprimerie et d’une nouvelle série de billets en euros. Les actions de prévention et de sensibilisation ont permis de stabiliser les montants des fraudes aux moyens de paiement à un niveau historiquement bas. Le projet d’euro numérique, qui vise à proposer un moyen de paiement en monnaie de banque centrale sous la forme d’un « billet numérique », est entré dans une nouvelle phase de son développement.

Un système financier français résilient dans un contexte imprévisible

Dans un environnement international imprévisible, le système financier français est confronté à un risque accru de choc externe, tandis que les incertitudes qui entourent la trajectoire budgétaire du pays ravivent le risque de choc interne.

Les banques et les assurances se trouvent dans une position financière solide. Les résultats des tests de résistance conduits par l’Autorité bancaire européenne (ABE) et la Banque centrale européenne (BCE) démontrent leur bonne capacité d’absorption des chocs. La Banque de France et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) collaborent avec l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans le cadre d’un premier exercice de place couvrant l’ensemble du système financier.

Les mesures macroprudentielles adoptées par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) soutiennent la capacité du système financier français à faire face aux vulnérabilités identifiées. En 2025, le HCSF a maintenu le coussin de réserve de protection du crédit à 1 % et les mesures qui encadrent les dispositions relatives à l’octroi de crédits immobiliers.

La Banque de France et l’ACPR œuvrent à une meilleure prise en compte par les acteurs financiers des risques liés au changement climatique, à la dégradation de la nature et à la numérisation de la finance. Elles sont pleinement engagées dans les travaux du réseau des banques centrales et des superviseurs pour le verdissement du système financier (NGFS), dont la Banque de France assure le secrétariat.

La numérisation grandissante de l’économie et du système financier fait peser des risques pour la stabilité financière et la souveraineté monétaire. L’essor des stablecoins accompagne celui de la tokenisation, tandis que le recours à l’intelligence artificielle se généralise. Face à ces enjeux, la Banque de France contribue à l’émergence d’une monnaie numérique de banque centrale. Elle applique également le règlement européen sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier (DORA, Digital Operational Resilience Act) depuis janvier 2025 et a coordonné un exercice de place simulant des cyberattaques.

L’ACPR veille sur les pratiques commerciales et lutte contre le blanchiment. En 2025, ses travaux en matière de protection de la clientèle ont porté en priorité sur les produits et les modèles de distribution ne prenant pas suffisamment en compte les intérêts des clients.

La Banque de France au service des entreprises et des particuliers

En 2025, la Banque de France a renforcé son accompagnement des entreprises, grâce à des outils simplifiés et plus personnalisés. Ainsi, quelque 60000 chefs d’entreprise accèdent en ligne à leur « Espace dirigeant » afin de consulter leur cotation ou obtenir un diagnostic financier. Elle a en outre déployé sur deux nouveaux secteurs (ciment et construction de bâtiments), en plus des trois secteurs introduits en 2024 (production d’électricité, transports et foncières), un indicateur climat qui va aider environ 14000 entreprises dans la gestion de leur transition.

Par ailleurs, les 102 correspondants TPE-PME départementaux ont accompagné 9182 porteurs de projets et dirigeants d’entreprise. De même, le réseau des correspondants start‑up a soutenu plus de 300 entrepreneurs dans leur recherche de financement. Enfin, les demandes de médiation en matière de crédit ont marqué un léger recul en 2025 par rapport à 2024.

La Banque a poursuivi et amplifié ses actions en faveur de l’inclusion financière des particuliers, notamment en étendant aux codéposants la possibilité de déposer en ligne des dossiers de surendettement et en numérisant entièrement la procédure du droit au compte. En 2025, elle a procédé à 23288 désignations au titre du droit au compte et traité 142670 situations.

Opérateur de la stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière (EDUCFI), la Banque a sensibilisé 35808 intervenants sociaux, en lien en particulier avec l’administration pénitentiaire et l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. En 2025, près de 350000 élèves, y compris en lycées professionnels, ont obtenu le passeport EDUCFI. Bénéficiant d’un site internet modernisé, la collection des « ABC de l’économie », développée pour les lycéens, étudiants et curieux de l’économie, propose désormais plus de 110 supports pédagogiques gratuits. La Cité de l’économie, Citéco, a également accueilli plus de 100000 visiteurs dans l’année.

Prestataire de services financiers pour le compte de l’État, la Banque de France gère les comptes du Trésor public et les paiements associés. Depuis 2021, elle assure pour le compte de la Commission européenne l’émission de titres à court terme, qui financent le plan de relance européen NextGenerationEU.
 

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Mise à jour le 22 Mai 2026