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Projections macroéconomiques – Juin 2026

Mise en ligne le 16 Juin 2026

Afin d’apporter une contribution aux débats économiques nationaux et européens, la Banque de France diffuse périodiquement des projections macroéconomiques relatives à la France, effectuées dans le cadre de l’Eurosystème, et portant sur l’année en cours et les deux suivantes. Certaines sont suivies d’une analyse plus détaillée, avec des coups de projecteur sur certaines thématiques.

  • Ces projections macroéconomiques ont été réalisées dans un environnement international particulièrement incertain, marqué par la poursuite du conflit au Moyen-Orient déclenché le 28 février dernier. Elles ne tiennent pas compte de l’annonce du 14 juin relative à la signature possible d’un accord-cadre entre les États‑Unis et l’Iran. Dans ce contexte mouvant, nous présentons plusieurs scénarios, cohérents avec ceux publiés par la Banque centrale européenne (BCE) pour l’Eurosystème le 11 juin dernier.
     
  • Notre scénario de base s’appuie sur les hypothèses fondées sur les marchés à terme arrêtées au 21 mai 2026. Selon les anticipations des marchés, la flambée des prix des hydrocarbures y serait transitoire, sous réserve de progrès substantiels dans les négociations entre l’Iran et les États-Unis conduisant à la réouverture du détroit d’Ormuz et à une cessation complète des hostilités cet été. Nous présentons également trois autres scénarios : un scénario plus favorable, qui repose sur une baisse plus rapide et plus marquée des prix des hydrocarbures, et deux scénarios plus défavorables, reflétant des anticipations de marché plus pessimistes quant à la trajectoire future des prix de l’énergie.
     
  • Dans le scénario de base, la croissance du PIB s’établirait à 0,5 % en 2026, révisée en baisse de 0,4 point par rapport à nos projections de mars. D’une part, le prix du pétrole a davantage augmenté que dans les hypothèses du scénario de base de mars. Mais surtout, l’activité s’est avérée moins résiliente qu’anticipé au premier trimestre 2026 et devrait rester relativement atone au deuxième trimestre, d’après les dernières enquêtes conjoncturelles. La croissance rebondirait ensuite à 0,9 % en 2027, puis à 1,2 % en 2028, soutenue par le redressement de la demande intérieure privée, en particulier la consommation des ménages et l’investissement des entreprises.
     
  • Les perspectives d’évolution des prix à la consommation sont, pour leur part, revues à la hausse de 0,8 point, dans le sillage du prix du pétrole. L’inflation totale (IPCH, indice des prix à la consommation harmonisé) atteindrait 2,5 % en 2026, tirée par la hausse des prix de l’énergie et ses effets indirects, notamment sur le transport aérien du fait du renchérissement du kérosène, ainsi que sur les prix alimentaires, en lien avec les hausses attendues des matières premières agricoles et des engrais. Elle refluerait ensuite à 1,7 % en 2027 et en 2028, en raison de la détente des prix de l’énergie. L’inflation hors énergie et alimentation serait de 1,6 % en 2026, puis de 2,1 % en 2027, soutenue par la transmission différée des hausses des coûts énergétiques aux prix des biens industriels, ainsi que par la progression des salaires qui se diffuserait aux prix des services. Elle refluerait à + 1,8 % en 2028.
     
  • Après une amélioration notable en 2025, le déficit public se creuserait légèrement en 2026 en l’absence de mesures additionnelles. Sous les hypothèses budgétaires retenues à titre conventionnel, il ne se réduirait que de manière limitée en fin d’horizon de projection. Le ratio d’endettement public continuerait de croître vers 122 % du PIB fin 2028 et de diverger par rapport à la moyenne de la zone euro.
     
  • Deux scénarios plus défavorables sont présentés, construits tous deux sur les mêmes hypothèses de taux d’intérêt que celles du scénario de base. Dans le scénario le plus défavorable, l’inflation IPCH atteindrait 4,0 % et 3,9 % respectivement en 2026 et 2027, avant une normalisation en 2028 ; le PIB stagnerait en 2026 et 2027, avant un rebond en 2028. Nous présentons également un scénario plus favorable, proche du scénario de base pour 2026, mais avec un rebond plus rapide en 2027.

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Mise à jour le 16 Juin 2026