Sommaire
Présentation
La balance des paiements mesure les transactions entre les résidents et les non-résidents, c’est-à-dire entre les acteurs économiques (banques, entreprises, ménages, administrations publiques) qui exercent leur activité sur le territoire national et ceux qui exercent leur activité à l’étranger. La balance des paiements présente les transactions courantes et les transactions financières. Les transactions courantes regroupent les transactions économiques, qui reflètent les échanges de biens et services, et les transferts de revenus. Le solde des transactions courantes indique l’aptitude de notre économie à équilibrer ses échanges avec les autres pays. Les transactions financières résultent des opérations financières des acteurs économiques résidents avec l’étranger. Elles se composent des opérations d’investissements directs, d’investissements de portefeuille, d’instruments financiers dérivés, d’autres investissements et d’avoirs de réserve. Le solde des transactions financières représente la contrepartie des transactions courantes.
La position extérieure nette représente le patrimoine ou l'endettement net des Français (des résidents) vis-à-vis du reste du monde. Lorsque la position extérieure est négative, cela signifie que les Français ont reçu davantage de capitaux de l’étranger (sous forme d’endettement ou d’investissement en capital principalement) qu’ils n’y ont investi.
Stat infos
Rapport annuel 2025
En 2025, le solde des transactions courantes est déficitaire, à – 11,6 milliards d’euros, après – 9,3 milliards en 2024. Cette stabilité relative recouvre toutefois des évolutions contrastées : l’allègement de la facture énergétique continue de soutenir le solde commercial, mais cet effet est largement effacé par la dégradation du solde des biens hors énergie et le repli de l’excédent des services. Au sein des biens hors énergie, la détérioration provient principalement des reculs observés dans les secteurs agricole, agroalimentaire et des autres produits industriels, en partie compensés par les bonnes performances des matériels de transport. Le relèvement des droits de douane américains semble, à ce stade, se traduire davantage par une recomposition sectorielle et géographique des flux que par une baisse globale des exportations françaises.
Pour autant, la persistance d’un solde des biens hors énergie dégradé par rapport à la période pre Covid souligne les fragilités durables de la capacité d’exportation de la France, où seuls certains secteurs – notamment l’aéronautique et le luxe – se démarquent. L’excédent des services demeure quant à lui élevé au regard de son historique de long terme. Son repli s’apparenterait plus à une normalisation qu’à un retournement, après le point haut exceptionnel de 2022 porté notamment par les prix du fret maritime.
Le solde des revenus reste proche de l’équilibre, mais cette apparente stabilité masque des mouvements de sens contraires. Après deux années de forte dégradation, les revenus d’investissements se stabilisent en 2025 avec des évolutions divergentes selon les instruments : le niveau élevé des dividendes versés par les entreprises françaises en 2025 pèse sur les soldes des investissements directs et de portefeuille. L’assouplissement monétaire, amorcé à la mi 2024, favorise, d’une part, le redressement du solde des revenus des autres investissements, plus sensibles aux taux courts, même si ce solde demeure déficitaire pour les banques ; d’autre part, il ralentit la hausse des revenus versés au titre de la dette publique. Ces effets opposés se compensent largement, ce qui limite l’incidence globale des revenus d’investissements sur le solde courant.
Le compte financier retrouve un solde proche de l’équilibre en 2025. Les sorties nettes de capitaux au titre des investissements de portefeuille, portées par des acquisitions particulièrement dynamiques de titres étrangers par les résidents, sont en grande partie compensées par des entrées nettes sur les autres investissements. La position extérieure nette de la France se dégrade nettement en 2025, à – 885,4 milliards d’euros, soit – 29,6 % du PIB, après – 704,0 milliards en 2024. Cette détérioration tient principalement à des ajustements statistiques, tandis que les effets de valorisation se compensent en grande partie : l’appréciation de l’euro réduit la valeur des avoirs libellés en devises, mais cet effet défavorable est largement atténué par la hausse des prix d’actifs. La position extérieure demeure par ailleurs marquée par une forte détention de dette publique française par les non-residents.
Cadre méthodologique
Depuis 1948, la balance des paiements est établie selon une méthodologie internationale élaborée par le Fonds Monétaire International, regroupée dans un « Manuel ». La balance des paiements s’est en effet imposée, dès la mise en place du FMI, comme le document statistique de référence pour établir une vision globale et harmonisée du développement des échanges internationaux et pour en mesurer les équilibres et déséquilibres. Les statistiques françaises de balance des paiements et de position extérieure suivent les normes internationales du 6e Manuel du Fonds monétaire international.
Cadre institutionnel
En vertu de l’article L. 141-6 du Code monétaire et financier, la Banque de France est chargée de l’établissement de la balance des paiements et de la position extérieure de la France. La Banque de France est habilitée à se faire communiquer par l’ensemble des agents économiques et financiers tous les documents et renseignements qui lui sont nécessaires. L’ensemble du cadre législatif et réglementaire peut être consulté via l’espace déclarant.
Qualité des statistiques
Mise en œuvre par la Banque de France de la Démarche Qualité coordonnée européenne pour la Balance des Paiements.
Les statistiques de balance des paiements concourent à la production des indicateurs du tableau de bord européen sur la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques.
En raison de l’importance de ces statistiques pour le diagnostic de l’économie nationale – et pour la comparaison des économies entre elles – la Banque de France soutient les initiatives internationales visant à évaluer la qualité des statistiques de balance des paiements. Elle s’applique à elle-même les normes internationales les plus avancées en la matière, en particulier le Data Quality Assessment Framework défini par le Fonds Monétaire International et la feuille de route du Comité sur les Statistiques Monétaires Financières et de Balance des Paiements - CMFB.
Le CMFB regroupe les banques centrales, les instituts statistiques nationaux, la Banque Centrale Européenne et EUROSTAT pour élaborer des recommandations et conseiller la Commission européenne sur les statistiques monétaires, financières et de balance des paiements.
Le cadre légal de référence est l’article L141-1 du code monétaire et financier, renforcé par les articles 130 du traité sur l’Union monétaire et 7 des statuts du SEBC et de la BCE, garantissant l’indépendance de la Banque de France dans l’exercice de ses missions. En outre, l’article L141-6 du code monétaire et financier donne à la Banque de France un mandat exclusif quant à la confection de la balance des paiements de la France.
Le processus de collecte s’appuie sur le 6e manuel de la balance des paiements du fonds monétaire international, et les statistiques produites sont diffusées par la Banque de France elle-même, via le rapport annuel de la balance des paiements et via le portail de téléchargement de séries Webstat.
La Banque de France adresse également ces statistiques aux institutions internationales et européennes – notamment la Banque centrale européenne (BCE) et Eurostat. Ces données concourent ainsi à l’établissement de la balance des paiements de la zone euro et à celle de l’Union européenne.
Mise à jour le 8 Juillet 2026