Les bons du Trésor américain ont-ils perdu de leur attrait ? Enseignements d’une nouvelle taxonomie des actifs sûrs
Document de travail n° 1049.
Cet article propose une nouvelle taxonomie empirique des actifs refuges fondée sur leur comportement lors des périodes d’aversion mondiale au risque. Notre cadre d’analyse multicritère permet de saisir la performance persistante des titres obligataires, des devises et des actifs alternatifs durant les épisodes de forte aversion au risque (« risk-off »), et nous conduit à établir une classification transversale des comportements de valeur refuge selon les caractéristiques des actifs : actifs refuges mondiaux, actifs sensibles au risque de crédit et actifs des marchés émergents. Nos résultats montrent que les obligations souveraines libellées dans les devises du G10, et y compris les bons du Trésor américain, présentent les propriétés de valeur refuge les plus marquées. Un nombre limité de marchés obligataires d’entreprise manifeste certaines caractéristiques d’actifs refuges. Par ailleurs, l’or est le seul actif alternatif qui obtient systématiquement des scores élevés selon nos différents critères de valeur refuge, en particulier lors des périodes de risque géopolitique. Nous montrons également que les bons du Trésor américain ont vu leurs propriétés de valeur refuge s’atténuer depuis la pandémie. Toutefois, cette évolution reflète davantage une reconfiguration plus générale des propriétés de couverture offertes par les actifs refuges à l’échelle mondiale qu’un déclin spécifique aux États-Unis. Enfin, nous mettons en évidence qu’un niveau plus faible de propriétés de valeur refuge est associé à une inflation plus élevée, à un niveau d’endettement plus important et à une moindre rareté des actifs disponibles.