Communication monétaire et crédibilité dans une économie multi-sectorielle
Document de travail n° 1013. Les banques centrales communiquent de plus en plus au sujet des conditions économiques sectorielles. Nous proposons une théorie de la communication monétaire dans une économie néo-keynésienne multi-sectorielle, où la banque centrale dispose d'une information privée sur la conjoncture, tant au niveau agrégé qu'au niveau de chaque secteur, et choisit conjointement un instrument de politique monétaire et un message public. Sous engagement, la règle de communication optimale obéit à une logique de seuil : la banque centrale révèle toujours les conditions agrégées et, selon les élasticités sectorielles, la taille des secteurs et les rigidités de prix, soit communique pleinement la composante sectorielle, soit ne la communique pas séparément. En l'absence d'engagement, cette règle de communication optimale n'est généralement pas crédible : une fois les conditions économiques connues, la banque centrale est incitée à atténuer la composante sectorielle de son message, ce qui fait apparaître, en matière de communication, un analogue du problème de crédibilité de Barro et Gordon propre à une économie multi-sectorielle. Dans une extension dynamique où l'on ne sait pas si la banque centrale s'exprime selon la règle de communication optimale ou de façon stratégique, la réputation discipline partiellement la communication sans rétablir la règle de communication optimale : les gains de bien-être de court terme se paient par des pertes de bien-être de long terme. Enfin, dans une application à la zone euro, la hausse post-pandémique de la fréquence d'ajustement des prix accroît la probabilité que la communication sectorielle complète soit la règle optimale.