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La stratégie

Pour élaborer sa stratégie monétaire, l’Eurosystème a défini son objectif de stabilité des prix comme une progression annuelle de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) inférieure, mais proche de 2% à moyen terme. Cette définition est également complétée d’une analyse économique et monétaire de la situation de la zone euro.

En complément du texte de référence (Traité sur l'Union Européenne ou Traité de Maastricht), l’Eurosystème a fait des déclarations successives de consolidation, mettant ainsi en place une stratégie de politique monétaire, c'est-à-dire, une définition quantifiée de l'objectif de stabilité des prix et une description du cadre d'analyse permettant au Conseil des gouverneurs de prendre ses décisions de politique monétaire.

Définition quantifiée de la stratégie de politique monétaire

L’Eurosystème a annoncé, le 13 octobre 1998, une stratégie de politique monétaire, c’est-à-dire, une définition quantifiée de l’objectif de stabilité de prix et une description du cadre d’analyse permettant au Conseil des Gouverneurs de prendre ses décisions de politique monétaire qui est la suivante : « La stabilité des prix est définie comme une progression sur un an de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) inférieure à 2% dans la zone euro. ».

Le Conseil des gouverneurs a confirmé, le 8 mai 2003 cette définition, en précisant qu’il visera à maintenir des taux d’inflation à des niveaux inférieurs à, mais proches de, 2 % à moyen terme. Cette clarification souligne l’engagement de la BCE à aménager une marge de sécurité suffisante pour se prémunir contre les risques de déflation. La poursuite de cet objectif a de nouveau été confirmée à de multiples reprises, en particulier à compter de juillet 2013 à l’occasion de la mise en œuvre par la BCE d’une politique de forward guidance consistant à communiquer sur la trajectoire future des taux, ou encore à partir de juin 2014 avec l’annonce de nouvelles mesures de politique monétaire non-conventionnelles. 

La BCE doit agir sur les conditions du marché monétaire et, par là, sur le niveau des taux d’intérêt à court terme de façon à assurer la stabilité des prix. C’est pourquoi elle a adopté une stratégie visant à garantir qu’une approche cohérente et systématique soit appliquée aux décisions de politique monétaire. Cette cohérence contribue à stabiliser les anticipations d’inflation et à conforter la crédibilité de la BCE.

L’Eurosystème doit alors équilibrer les besoins de financement et les apports de liquidité. Il fait en sorte que le taux d’intérêt au jour le jour, appelé EONIA, soit le plus proche possible du taux directeur défini par la BCE.

 

Description d’un cadre d’analyse économique large

Outre la définition de la stabilité des prix, la stratégie de politique monétaire consiste en une évaluation approfondie des risques pesant sur la stabilité des prix s’articulant autour :

  • D’une analyse économique pour déterminer les risques à court et moyen terme pesant sur la stabilité des prix.

Elle est fondée sur l'utilisation d'une large gamme d'indicateurs économiques et financiers précurseurs de l'évolution future des prix dans la zone euro, tels que les coûts salariaux unitaires, diverses mesures de l'activité réelle, des indicateurs de prix et de coûts, des enquêtes réalisées auprès des entreprises et des ménages de la zone euro et de nombreux indicateurs des conditions financières (taux de change effectif de l'euro, pente de la courbe d'intérêt, rendements obligataires…). Le Conseil des gouverneurs appuie également son diagnostic sur des projections macroéconomiques publiées en juin et en décembre dans le Bulletin mensuel de la BCE et préparées conjointement par les économistes de l'Eurosystème.

  • D’une analyse monétaire conduite pour apprécier les tendances à moyen et long termes de l’inflation.

Elle s'appuie sur une large gamme d'indicateurs, notamment M3, ses composantes et ses contreparties, en particulier le crédit. Le Conseil des gouverneurs de la BCE, lors de sa réunion du 5 décembre 2002, a confirmé la valeur de référence de 4,5 % qu'il avait fixée pour la première fois en décembre 1998 pour la progression annuelle de M3 sur le moyen terme. Il a annoncé le 8 mai 2003 qu'il ne procéderait plus à l'examen annuel de cette valeur de référence - compte tenu de l'orientation à moyen terme de la politique monétaire - mais continuera à en examiner périodiquement les conditions et hypothèses sous-jacentes.

Chaque décision de politique monétaire s’appuie sur un recoupement complet des informations tirée de ces deux analyses.

Mis à jour le : 12/12/2016 15:17