Les petites entreprises choisissant de rembourser leur PGE immédiatement en intégralité sont entrées dans la crise Covid avec davantage de liquidité
La décision de rembourser immédiatement et en intégralité son prêt un an après l’octroi dépend d’un grand nombre de facteurs. Nous observons que la taille est un déterminant : seules 10% des microentreprises et très petites entreprises (TPE) choisissent de rembourser l’intégralité de leur PGE en 2021 contre 15% des moyennes entreprises (ME) et 26% des entreprises de taille intermédiaires (ETI) ainsi que le montre le graphique G3.
Par ailleurs, la situation en termes de trésorerie à la veille du confinement de mars 2020 est susceptible d’influencer cette décision. Nous observons ainsi (graphique G3) que la trésorerie médiane à fin 2019 est plus élevée pour les entreprises choisissant de rembourser leur prêt immédiatement et en intégralité que pour celles choisissant de le rembourser progressivement, avec ou sans différé d’un an.
Nous notons également que non seulement la position de trésorerie constitue un élément discriminant pour les petites entreprises mais aussi que la trésorerie des entreprises remboursant immédiatement et en intégralité est, en nombre de jours de CA, significativement plus importante pour les PME que pour les ETI.
Plus l’entreprise est petite, plus elle étale son remboursement dans le temps
Un an après la souscription d’un PGE, c’est-à-dire au printemps 2021 pour la majorité des PGE, si l’entreprise a décidé de ne pas rembourser son prêt immédiatement et en intégralité, elle doit choisir la durée d’amortissement (jusqu’à 5 ans). Elle peut cependant différer ce remboursement d’un an supplémentaire : dans ce cas-là le remboursement se fait sur 1 à 4 ans (au plus) pour rester dans la limite des 6 ans après la date d’octroi (voir Graphique G1).
Ce choix de différer le début du remboursement est fréquemment fait parmi les firmes n’ayant pas remboursé intégralement un an après l’octroi du prêt. Il est cependant davantage privilégié par les plus grandes des entreprises considérées ici : 72% des ETI ont fait le choix de différer un PGE, contre 62% des microentreprises. Et cette relation entre le choix de différer le remboursement et la taille de l’entreprise est linéairement croissante avec la taille (graphique G4).
Cette préférence moins marquée des plus petites entreprises pour le différé peut être liée à une volonté de lissage du remboursement dans le temps. On observe d’ailleurs que, parmi les entreprises qui n’ont pas intégralement remboursé en 2021 et ont choisi de ne pas différer le remboursement en 2022, les petites entreprises sont plus promptes à choisir une durée de remboursement longue : plus de 90% d'entre elles choisissent une durée de remboursement supérieure ou égale à 3 ans contre « seulement » 83% des ETI (graphique G4). Parmi les entreprises ayant choisi de différer leur remboursement, on retrouve un ordonnancement similaire, mais des écarts entre taille moins marqués.