1- Introduction et méthodologie
Ce blog vise à approfondir notre compréhension des investissements verts en examinant spécifiquement les investissements de référence alignés sur l’Accord de Paris (Paris-Aligned Benchmarks, PAB), jusqu’à présent assez peu étudiés dans la littérature. Les investissements PAB correspondent à des stratégies d’investissement s’alignant sur les objectifs de l’Accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement climatique à un niveau nettement inférieur à 2°C (idéalement 1,5°C) par rapport aux niveaux préindustriels. La conception de ces indices est fondée sur des exclusions et une approche sous l’angle « meilleurs efforts » (best-in-class efforts). Les indices PAB développés par Bloomberg sont des sous-indices d’un indice plus large. Par conséquent, les investissements PAB sous-pondèrent les combustibles fossiles et les secteurs à fortes émissions, tout en surpondérant les secteurs considérés comme verts. Cette concentration sectorielle peut, en théorie, se traduire par une accentuation des risques et de la volatilité. Il est également important dans cette étude de noter que la performance passée n’apporte aucune garantie en matière de performance future.
Pour les quatre zones sélectionnées (la zone euro, les États-Unis, le Japon et la région Asie-Pacifique (Asia Pacific, APAC) hors Japon, nous calculons le rendement et la volatilité de cinq indices pourvus d’un sous-indice PAB. L’analyse couvre la période du 6 avril 2020 au 31 décembre 2024, afin d’exclure le mois de mars 2020, qui se caractérise par de graves tensions sur la liquidité au début de la crise de la COVID-19, et parce que ces dates marquent la période au cours de laquelle la majorité des indices alignés sur les Accords de Paris ont été établis. Ce point de départ nous permet aussi d’obtenir les données pour l’ensemble des indices de l’étude.
2- Les résultats pour la composante actions dans les zones sélectionnées affichent des rendements et une volatilité comparables pour les indices PAB
Globalement, pour la composante actions, cette étude montre que les indices PAB génèrent des rendements et une volatilité comparables à ceux des indices habituels sur la période considérée. S’agissant du Japon et de la région Asie-Pacifique hors Japon, les rendements sont légèrement plus bas sur la période, comme l’illustre le graphique 1. Les rendements des indices PAB sont comparables ou légèrement inférieurs, et les volatilités sont également très similaires (graphique 2).
Le graphique 2 montre dans quelle mesure la variabilité quotidienne des portefeuilles PAB est comparable à celle des indices parents. Sur les quatre marchés, les estimations de la densité par noyau de la distribution des volatilités des rendements PAB recouvrent presque parfaitement celles relatives aux indices larges. Cela indique qu’exclure les entreprises dites « brunes » dans le cadre de la méthodologie PAB n’induit pas de modification systématique de la volatilité réalisée. L’indice pour la région Asie-Pacifique hors Japon affiche une très légère évolution vers des volatilités plus faibles – son pic de densité moyenne se situe un peu à gauche de la référence mais cet effet est subtil. Dans la zone euro comme aux États-Unis, les deux courbes coïncident presque exactement, sans compression notable de la volatilité ni épaississement sensible des queues de distribution. De même, le panel pour le Japon montre une courbe de densité presque identique.