Hétérogénéité des entreprises et impact de la politique monétaire sur la demande de travail
Document de travail n° 1063. Les effets distributifs d’une taxe carbone dépendent non seulement du revenu, mais aussi du lieu de résidence. À partir de données d’enquêtes et administratives en France, nous montrons que les ménages ruraux consacrent 2,8 fois plus de leur consommation aux énergies fossiles que les ménages parisiens et travaillent dans des entreprises qui émettent 2,7 fois plus de gaz à effet de serre. Ces différences sont intégrées dans un modèle spatial à ménages hétérogènes avec mobilité, logement et accumulation de patrimoine. Le modèle montre qu’une taxe carbone entraîne des pertes de bien-être 56 % plus importantes pour les ménages ruraux. Les mécanismes de mobilité limitée et de propriété du logement jouent un rôle important dans ces écarts. Utiliser les recettes de la taxe carbone pour effectuer des transferts uniformes ou ciblés sur le revenu permet de réduire les inégalités entre ménages. Cependant, cette redistribution laisse subsister d’importantes disparités géographiques. Des transferts ciblés selon le lieu de résidence peuvent donc être nécessaires pour les compenser. Ces résultats montrent que les politiques climatiques doivent tenir compte des différences géographiques pour favoriser leur acceptabilité politique.