Statistiques

Enquête mensuelle de conjoncture – Début juillet 2026

Mise en ligne le 9 Juillet 2026

La Banque de France publie des enquêtes de conjoncture : un diagnostic sur l’économie française, sous la forme d’indicateurs de climat des affaires et de prévisions à court terme. L’enquête mensuelle de conjoncture, chaque début de mois, décrit la situation conjoncturelle du mois précédent et prévoit le PIB trimestriel, grâce aux réponses de 8 500 dirigeants d’entreprise.

Selon les chefs d’entreprise qui participent à notre enquête (environ 8 500 entreprises ou établissements interrogés entre le 26 juin et le 3 juillet), l’activité se raffermit nettement en juin dans l’industrie et rebondit dans les services marchands et le bâtiment, après un mois de mai marqué par les fermetures et congés liés au positionnement des jours fériés. Les entreprises affectées par la canicule de la seconde moitié de juin ont modifié les horaires de travail et sont dans l’ensemble parvenues à maintenir leur volume d’activité.

Dans l’industrie, la progression concerne la plupart des branches, portée notamment par les secteurs technologiques et de la défense, ainsi que par un effet de rattrapage, en particulier dans l’automobile. 

La situation de trésorerie se maintient au-dessus du niveau jugé normal dans l’industrie, mais se dégrade très légèrement dans les services. 

En juillet, les chefs d’entreprise anticipent une nouvelle progression de l’activité, quoique plus modérée dans l’industrie et dans les services, et assez faible dans le bâtiment.

Les carnets de commandes sont considérés comme quasi‑normaux dans l’industrie mais restent dégradés dans le bâtiment. L’indicateur d’incertitude, construit à partir de l’analyse textuelle des commentaires des entreprises, poursuit sa détente, rejoignant les niveaux antérieurs au conflit au Moyen-Orient. Les préoccupations concernent toujours principalement les tensions internationales, qui pèsent sur le climat économique global, et sur les prix des intrants.

Les difficultés d’approvisionnement sont globalement en baisse, même si elles restent vives sur certains segments industriels (produits informatiques-électroniques-optiques et aéronautique). La hausse des prix des matières premières et de l’énergie tend à s’atténuer. Si les prix de vente continuent d’augmenter, le rythme est plus modéré qu’en mai.

Sur la base des résultats de l’enquête, complétés par d’autres indicateurs, nous estimons que le PIB progresserait de 0,2 % au deuxième trimestre.

1. En juin, l’activité prend de la vigueur dans l’industrie et rebondit dans les services et le bâtiment

En juin, la production industrielle reprend de la vigueur dans la grande majorité des secteurs, après un mois de mai au ralenti. Elle progresse à un rythme supérieur à sa moyenne de long terme, mais légèrement en deçà des anticipations formulées le mois dernier par les chefs d’entreprise.

L’habillement‑textile‑chaussure et l’automobile rebondissent nettement après des arrêts de production plus longs qu’à l’accoutumée en mai. L’agroalimentaire et la chimie se redressent aussi : l’agroalimentaire est porté par les ventes de produits frais, glaces et boissons, tandis que la chimie continue de bénéficier de commandes soutenues, en prévision, notamment, de futures hausses des prix. Tirée par des commandes internes et internationales des secteurs de la défense, de l’aérospatiale et des centres de données, l’activité se renforce dans les produits informatiques‑électroniquesoptiques, les équipements électriques et l’aéronautique. En revanche, la pharmacie et les produits minéraux non métalliques (caoutchouc, plastique et verre) évoluent peu. Plusieurs segments industriels affectés par la canicule de la seconde quinzaine de juin ont adapté leurs horaires.

Taux d'utilisation des capacités de production

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(en %)

Opinion sur l’évolution de l’activité 
(solde d’opinion CVS‑CJO, pour juillet : prévision)

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Note de lecture : Le solde d’opinion sur l’évolution de l’activité (qui mesure la différence entre les proportions d’entreprises ayant déclaré une hausse de l’activité et celles ayant déclaré une baisse au cours du mois passé) s’établit pour juin à 8 points dans l’industrie. Pour juillet (barre bleu clair), les chefs d’entreprise dans l’industrie anticipent une hausse d’activité (+ 4 points).

Le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) est stable en juin, à 76,8 %. Il augmente dans les équipements électriques (+ 3 points) et l’aéronautique (+ 2 points), mais recule dans les autres produits industriels et les produits minéraux non métalliques (– 1 point respectivement).

À fin juin, les stocks sont jugés en baisse par rapport au mois précédent dans la totalité des secteurs, à l’exception du bois‑papier‑imprimerie et des machines et équipements. Ils sont considérés comme faibles dans la chimie, les autres produits industriels et les produits informatiques‑électroniques‑optiques.

Dans les services marchands, l’activité rebondit, légèrement plus qu’anticipé par les chefs d’entreprise lors de la précédente enquête, mais avec des évolutions diverses entre les sous‑secteurs. Ainsi, elle se renforce sensiblement dans l’édition et plusieurs services aux entreprises (en particulier, les activités juridiques et comptables, l’ingénierie, le nettoyage). La canicule de la seconde quinzaine de juin a affecté l’hébergement‑restauration : l’hébergement en a bénéficié (hausse de fréquentation d’une clientèle à la recherche de chambres climatisées), alors que la restauration a vu sa clientèle baisser (notamment dans la restauration rapide et de milieu de gamme). Les transports et entreposage repartent à la hausse sous l’effet conjugué du rattrapage de mai et d’une demande notable de produits alimentaires « d’été » et festifs. La publicité et l’intérim se redressent aussi, tandis que la location automobile continue de reculer, et ce pour le quatrième mois consécutif.

Situation des stocks de produits finis dans l’industrie

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(solde d’opinion CVS CJO)

Dans le bâtiment, l’activité progresse nettement au‑dessus des attentes dans le gros œuvre comme le second œuvre. 

Le gros œuvre enregistre un rattrapage de production par rapport à mai, un mois marqué par des congés plus importants qu’habituellement et un premier épisode de canicule. Sur la seconde quinzaine de juin, de nombreuses entreprises ont adapté les horaires de travail. Dans le second œuvre, si la canicule a freiné l’avancement des chantiers, elle a accéléré l’installation des systèmes de climatisation (bureaux et bâtiments publics, tels que les crèches ou les garderies).

Dans l’industrie, le solde d’opinion relatif à la situation de trésorerie en juin se maintient très légèrement au‑dessus du niveau jugé normal. Il reste satisfaisant dans les produits informatiques‑électroniques‑optiques, et très satisfaisant dans l’aéronautique. Il redevient positif dans les équipements électriques. En revanche, il est considéré comme dégradé dans l’agroalimentaire, les produits minéraux non métalliques, la métallurgie et bois‑papier‑imprimerie.

Dans les services marchands, la situation de trésorerie reste jugée négative en juin. Elle continue de reculer dans la réparation automobile et la restauration, en lien avec la baisse d’activité, et reste dégradée dans la publicité (allongement des délais de paiement et négociation forte des prix par les clients). Elle est jugée moins défavorable dans le conseil de gestion et reste satisfaisante – malgré un léger recul – dans l’édition et les services d’information.

Situation de trésorerie 

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(solde d’opinion CVS CJO)

2. En juillet, l’activité progresserait dans l’industrie et les services, et très modestement dans le bâtiment

Dans l’industrie, les chefs d’entreprise anticipent une hausse de l’activité en juillet, mais sur un rythme plus modéré après la vigueur de juin. Ainsi, l’activité resterait toujours bien orientée dans l’aéronautique, les équipements électriques et les produits informatiques‑électroniques‑optiques ; elle se renforcerait dans la pharmacie. En revanche, celle‑ci reculerait dans l’automobile et l’habillement‑textile‑chaussure, après avoir été dynamique le mois précédent.

Dans les services marchands, les chefs d’entreprise anticipent également une progression de l’activité dans la quasi‑totalité des segments. Elle se maintiendrait à un rythme équivalent à celui de juin dans l’édition, et resterait bien orientée dans les transports et entreposage, ainsi que dans la plupart des services aux entreprises (activités juridiques et comptables, conseils de gestion, ingénierie, nettoyage). Elle se redresserait dans la restauration. Seules la location automobile et la publicité évolueraient peu.

Dans le bâtiment, les chefs d’entreprise prévoient une légère hausse de l’activité en juillet, mais avec une situation contrastée entre le gros œuvre, qui repartirait à la baisse, et le second œuvre, qui continuerait à progresser. Les entreprises du gros œuvre déplorent, d’une part, la faiblesse de la demande publique après les élections municipales et, d’autre part, celle de la construction de logements neufs et de maisons individuelles.

Dans l’industrie manufacturière, les carnets de commandes se redressent très légèrement, pour se rapprocher de la situation jugée normale au niveau global, tirés par l’aéronautique, les équipements électriques et les produits informatiques-électroniques‑optiques. Ils restent toutefois jugés dégradés dans la plupart des autres secteurs, et particulièrement bas dans l’agroalimentaire (concurrence brésilienne et baisse de la demande chinoise), le bois‑papier‑imprimerie, ainsi que dans les produits minéraux non métalliques.

L’indicateur d’incertitude, issu de l’analyse textuelle des commentaires des entreprises, se détend encore très légèrement, rejoignant les niveaux antérieurs au conflit au Moyen‑Orient. Fin juin, s’ils ne les voient pas comme de nouvelles sources d’incertitude, les chefs d’entreprise continuent de se montrer préoccupés par les tensions internationales, qui pourraient, en cas d’aggravation du conflit, de nouveau dégrader le climat économique global et affecter les prix des intrants.

Situation des carnets de commandes 

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(solde d’opinion CVS‑CJO)

Indicateur d’incertitude dans les commentaires de l’enquête mensuelle de conjoncture
(données brutes)

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Note : La valeur de référence est fixée à 100 et correspond à la valeur autour de laquelle fluctue l’indicateur en période normale.

3. Des prix de vente toujours en hausse

En juin, la proportion d’entreprises industrielles faisant état de difficultés d’approvisionnement diminue, passant de 13 % à 11 %. Un regain de tensions est néanmoins mentionné pour l’aéronautique et les produits informatiques‑électroniquesoptiques, où les proportions atteignent respectivement 36 % et 18 % (difficultés d’approvisionnement des composants électroniques). Dans le bâtiment, les difficultés d’approvisionnement concernent 7 % des entreprises, après 6 % en mai.

Évolution des prix de vente par grands secteurs

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(solde d’opinion CVS‑CJO)

Dans l’industrie, si le prix des matières premières est toujours jugé en hausse, la tendance s’atténue sensiblement en juin. Elle reste marquée dans les équipements électriques, les produits informatiques‑électroniques‑optiques et les matériels de transport.

Les prix de vente dans l’industrie restent globalement orientés à la hausse en juin, mais de façon moins marquée qu’en mai et avec des tendances hétérogènes. Ainsi, l’augmentation reste soutenue dans les produits minéraux non métalliques, ainsi que dans le bois‑papier‑imprimerie, secteurs fortement exposés aux coûts énergétiques et aux dérivés pétroliers. Elle accélère dans les produits informatiques‑électroniques-optiques et l’aéronautique, deux secteurs en position favorable pour répercuter les hausses de prix de matières premières auprès de leurs clients. À l’opposé, les prix de vente restent stables dans l’agroalimentaire, la pharmacie et l’automobile. Ils marquent le pas dans la chimie, après trois mois de hausse significative. Au total, 15 % des entreprises industrielles déclarent avoir relevé leurs prix de vente en juin, soit une proportion supérieure à la moyenne historique (9 %). Parallèlement, 3 % des entreprises indiquent avoir baissé leurs prix. Par ailleurs, 11 % des industriels envisagent une hausse de leurs tarifs en juillet.

Dans le bâtiment, la hausse des prix de vente se maintient au même niveau qu’en mai et reste plus soutenue qu’avant le déclenchement de la guerre en Iran. 12 % des chefs d’entreprise indiquent avoir augmenté le prix de leurs devis. 8 % prévoient de les augmenter en juillet. La concurrence et la faiblesse de la demande ne permettent pas de répercuter en totalité la hausse du coût des matériaux subie.

Dans les services marchands, les prix poursuivent aussi leur ralentissement. Les augmentations sont concentrées sur les services à la personne (hausse du smic) et l’hébergement (demande soutenue, charges élevées), ainsi que sur l’édition et certains services aux entreprises (services d’information, conseil de gestion), mais s’atténuent dans les transports et entreposage, en lien avec le recul des prix du gazole.

Part des entreprises indiquant des difficultés de recrutement

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(en %, données brutes)

Dans l’ensemble des trois secteurs, la part des entreprises ayant augmenté leurs prix de vente au moins une fois depuis le déclenchement de la guerre au Moyen‑Orient (de mars à juin) s’élève à 34 %, contre 19 % observé habituellement sur le même quadrimestre mars‑juin.

Les difficultés de recrutement touchent 18 % des entreprises en juin, en hausse d’un point par rapport à mai. Cette augmentation concerne tous les secteurs, mais elle est plus marquée dans le bâtiment, où ces difficultés atteignent 26 %. Les chefs d’entreprise font état du manque de personnes qualifiées.

4. Nos estimations suggèrent que le PIB progresserait de 0,2 % au deuxième trimestre

Sur la base des informations de notre enquête mensuelle de conjoncture, complétées par d’autres données (indices de production dans l’industrie, enquêtes de l’Insee, ainsi que données à haute fréquence), nous estimons que le PIB progresserait de l’ordre de 0,2 % au deuxième trimestre.

L’activité serait de nouveau soutenue par l’industrie manufacturière, comme le suggèrent l’enquête mensuelle de conjoncture et l’indice de production dans l’industrie. La valeur ajoutée rebondirait dans les services marchands, amenant une révision à la hausse de notre prévision pour ce secteur. Par rapport à notre précédente publication, les indices de chiffre d’affaires dans les services, publiés par l’Insee fin juin, font en effet état d’une nette hausse de l’activité dans les services aux ménages, l’information‑communication, l’hébergement‑restauration et les transports. La valeur ajoutée rebondirait dans l’énergie après la forte baisse au trimestre précédent. Mais la construction serait de nouveau en baisse ce trimestre.

Variations trimestrielles du PIB et de la valeur ajoutée en France
(en %)

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Note : vt, variation trimestrielle. Sources : Insee pour le premier trimestre 2026, prévision Banque de France pour le deuxième trimestre 2026.

Mise à jour le 9 Juillet 2026