Document de travail n° 1056. Les avancées récentes qui combinent l’analyse des sanctions internationales et l’étude de l’autoritarisme relient l’efficacité des sanctions au type de régime politique. Ces travaux concluent généralement que les sanctions économiques tendent à être plus efficaces contre les démocraties que contre les autocraties, mais aussi davantage contre les autocraties faiblement institutionnalisées que contre d’autres types de régimes autoritaires. Cette littérature, située à l’intersection des relations internationales et de la politique comparée, se concentre principalement sur la dichotomie démocratie autocratie ou sur la catégorisation des types d’autocraties, au détriment de l’analyse des régimes dits « hybrides ». De plus, elle a largement négligé l’examen de l’impact des suspensions de l’aide en tant que sous catégorie spécifique de sanctions (Nielsen, 2013). Nous comblons ces lacunes en étudiant si : (i) le type d’autocratie ou le degré d’ouverture démocratique du pays ciblé permet de mieux prédire l’efficacité des sanctions ; (ii) les régimes hybrides se comportent, face aux sanctions, comme des autocraties fermées ou comme des démocraties ; (iii) les suspensions de l’aide présentent une efficacité comparable à celle des autres types de sanctions. Ces hypothèses sont testées à partir d’un jeu de données original, riche en observations sur les sanctions liées à l’aide.