Auteurs : Véronique Genre, Léo Parpais

Bulletin no 266, article 1. L’intelligence artificielle (IA) se diffuse rapidement dans les entreprises françaises : début 2026, plus des deux tiers des entreprises d’au moins 20 salariés déclarent utiliser des outils d’IA générative. Cette diffusion masque toutefois une forte hétérogénéité des usages. La plupart des entreprises recourent principalement à des applications généralistes de l’IA, notamment dans les fonctions support ou transversales (administration, ventes). Les secteurs les plus intensifs en connaissances se distinguent toutefois par des usages plus spécialisés et une intégration plus poussée de l’IA dans leurs processus de production et d’innovation.

À ce stade, les effets économiques observés demeurent limités et concernent principalement des gains de productivité. Les entreprises anticipent toutefois des effets plus marqués au cours des trois prochaines années, avec des gains de productivité plus importants et un effet modérément négatif sur l’emploi. Elles prévoient également de poursuivre leurs investissements liés à l’IA, sans anticiper de baisse significative de leurs prix de vente. Ces résultats suggèrent que l’enjeu économique réside désormais moins dans l’adoption de l’IA que dans sa capacité à transformer durablement l’organisation et la performance des entreprises.

BDF266-1 - IA et entreprises
Utilisation de l'IA générative par taille d'entreprise et niveau d'intensité

1 Deux tiers des entreprises françaises d’au moins 20 salariés déclarent utiliser l’IA générative début 2026, principalement dans des fonctions support

Entre fin février et début avril 2026, quelque 7 000 entreprises de l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France ont été interrogées sur leur usage de l’intelligence artificielle (IA). Les résultats ont été redressés afin d’être représentatifs de la taille des entreprises et des secteurs d’activité couverts par l’enquête, soit environ la moitié de l’économie française. Les taux d’adoption de l’intelligence artificielle (IA) mettent en évidence une forte hétérogénéité selon la taille des entreprises et le type d’IA considéré.

Contrairement à l’IA traditionnelle, ou prédictive, l’IA générative présente un faible coût d’entrée et une diffusion rapide

L’IA générative, dont l’apparition est la plus récente, est déjà aujourd’hui largement diffusée (cf. graphique 1a) : 67 % des entreprises d’au moins 20 salariés en déclarent un usage, principalement limité ou expérimental. Elle présente en effet une barrière à l’entrée relativement faible, à la fois en matière de compétences techniques et de disponibilité des données (textuelles non structurées). Elle peut être utilisée directement par les salariés au travers d’outils standardisés (assistants conversationnels, de type ChatGPT ; ou intégrés aux suites bureautiques, comme Microsoft Copilot). Son adoption progresse assez nettement avec la taille de l’entreprise : la part d’entreprises l’utilisant est de 64 % parmi les plus petites considérées dans l’enquête (20 à 49 salariés), contre 83 % parmi les plus grandes (1 000 salariés ou plus).

L’IA non générative, ou prédictive, est sensiblement moins répandue (cf. graphique 1b) : seul environ un tiers des entreprises de 20 salariés et plus déclarent ainsi l’utiliser. Elle repose souvent sur l’exploitation de données structurées et nécessite des capacités d’intégration plus importantes, ce qui tend à réserver son adoption aux entreprises les plus matures numériquement. Son adoption apparaît beaucoup plus sensible à la taille de l’entreprise : la proportion d’utilisateurs passe de 31 % parmi les entreprises les plus petites (20 à 49 salariés) à 60 % parmi les plus grandes (1 000 salariés ou plus). Les usages intensifs sont également plus fréquents dans les grandes entreprises, qui disposent d’un plus grand nombre de cas d’usage potentiels, de ressources financières plus importantes, et de compétences spécialisées facilitant l’expérimentation puis le déploiement de solutions d’IA à grande échelle.

Ces résultats suggèrent l’existence de deux dynamiques de diffusion, distinctes et complémentaires : i) une diffusion large
 

Mise à jour le 3 Septembre 2026