Bulletin de la Banque de France

Les Français et l’inflation : les séquelles de l’épisode inflationniste de 2022-2023

Mise en ligne le 23 Juillet 2026

Bulletin no 265, article 4. Fin 2025, la Banque de France a conduit avec l’institut de sondage CSA une enquête auprès de 4 000 résidents français. L’objectif est d’évaluer comment leur perception de l’inflation a évolué après le repli de l’inflation qui a suivi le choc de 2022-2023. Fin 2025, les séquelles de l’épisode inflationniste sont encore visibles sur les perceptions des ménages en France. En effet, alors que la hausse des prix était très modérée (moins de 1 % sur un an en 2025, contre 5 % par an en 2022 et 2023), les perceptions d’inflation des ménages se sont repliées moins vite que l’inflation mesurée. Cet article explique pourquoi l’épisode inflationniste de 2022-2023 a pu avoir des effets aussi durables i) sur les perceptions d’inflation des ménages et ii) sur leur comportement de consommation et d’épargne, en particulier pour les ménages ayant ressenti de fortes pertes de pouvoir d’achat sur la période 2021-2025.

Part des ménages ayant changé de comportement d'achat selon l'évolution perçue de leur pouvoir d'achat entre 2021 et 2025
Part des ménages ayant changé de comportement d'achat selon l'évolution perçue de leur pouvoir d'achat entre 2021 et 2025

En 2025, l’inflation des prix à la consommation a fortement baissé en France après la vague inflationniste de 2022-2023 : les prix ont augmenté en moyenne de 0,8 % sur un an en 2025, après 2 % en 2024 et 5 % en 2022 et 2023. La France a ainsi été l’un des pays au niveau d’inflation parmi les plus faibles de la zone euro en 2025. Pourtant, selon les résultats du sondage Banque de France-CSA de novembre 2025, la thématique « inflation et pouvoir d’achat » restait l’une des deux priorités économiques pour une majorité des répondants à cette enquête.

S’il est bien documenté que les ménages surestiment en général l’inflation mesurée, l’écart entre l’inflation telle qu’elle est perçue et l’inflation mesurée s’est élargi pendant la phase de désinflation : la hausse des prix s’est modérée beaucoup plus vite que ne l’ont perçu les ménages. La sensibilité du ressenti aux hausses des prix des achats quotidiens, comme l’alimentation ou les carburants, permet souvent d’expliquer l’écart entre le ressenti et la mesure de l’inflation. Or, entre 2023 et 2025, les prix des achats du quotidien n’ont pas fortement augmenté, et ont même baissé pour les carburants. Dès lors comment expliquer cet écart grandissant entre ce qui est ressenti et ce qui est mesuré ?

Pour mieux comprendre cet écart, la Banque de France a mené avec l’institut CSA une enquête entre le 3 novembre et le 5 décembre 2025 auprès de plus de 4 000 ménages. Les répondants à l’enquête sont des personnes de plus de 18 ans, représentatives de la population française en matière d’âge, de genre, de région et de niveau de diplôme. Les personnes interrogées ont répondu à un questionnaire d’une vingtaine de questions portant sur l’inflation, l’évolution des prix de biens spécifiques, leurs revenus, ou encore leurs comportements de consommation et d’épargne (cf. annexe 1). Cette enquête fait suite à trois enquêtes du même type menées entre 2022 et 2024 à des moments clés de la vague inflationniste (cf. Bignon et Gautier, 2022 ; Bignon et Gautier, 2023, et Bignon et Gautier, 2025). Pour la première fois, le sondage met en évidence que l’épisode inflationniste de 2022-2023 a laissé des « séquelles » dans la mémoire des ménages sur leur perception de l’inflation et du pouvoir d’achat, ce qui influe sur leur comportement de consommation et d’épargne.

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Mise à jour le 23 Juillet 2026