Bulletin de la Banque de France

Le patrimoine économique national en 2020 – Des évolutions contrastées entre le secteur public et les secteurs privés

1 Octobre 2021
Auteurs : Inès Karmous, Aurélien Ravary

Bulletin n°237, article 5. Fin 2020, le patrimoine économique national s’élève à 17 682 milliards d’euros, soit 9,6 fois le produit intérieur net. Il continue d’augmenter malgré la crise sanitaire (+ 6,9 %, après + 5,7 %), soutenu par les prix de l’immobilier. En particulier, le patrimoine des ménages progresse nettement (+ 6,4 %, après + 7,0 %) pour atteindre 13 440 milliards d’euros. Celui des sociétés non financières (SNF) accélère (+ 11,2 %, après + 4,3 % en 2019) et atteint 3 372 milliards d’euros. Celui des sociétés financières s’accroit également (+ 23,0 %) et s’élève à 682 milliards d’euros, porté par une hausse de leur patrimoine financier. En revanche, le patrimoine des administrations publiques décroît fortement (– 126 milliards d’euros) en raison de la dette accrue pour financer les mesures de soutien des revenus ; il s’élève à 189 milliards d’euros.

Image Evolution des stocks patrimoniaux des grands secteurs institutionnels rapportés aux flux macroéconomiques

Fin 2020, le patrimoine économique national s’élève à 17 682 milliards d’euros en France, soit 9,6 fois le produit intérieur net de l’année (cf. graphique 1 et encadré 1). Après avoir oscillé autour de 8,0 entre 2010 et 2019, ce ratio atteint son plus haut niveau historique en 2020 en progressant brutalement de 1,3 point. La hausse de ce ratio est due à l’augmentation du patrimoine économique national (+ 6,9 % ; cf. tableau 1) et à la forte baisse exceptionnelle au dénominateur du produit intérieur net (– 7,4 %). Le patrimoine non financier, qui progresse de 6,6 % (après 5,6 %), est le premier et principal facteur de croissance du patrimoine total. Les actifs non financiers constituent la quasi‑totalité du patrimoine net de l’ensemble de l’économie nationale. Ils bénéficient du fort dynamisme du prix des terrains bâtis, en particulier pour l’immobilier résidentiel, et ce malgré la baisse de la construction neuve (– 7,7 %). En effet, après le ralentissement de l’activité immobilière au premier semestre, la hausse de la demande en logement et l’abondance de liquidités à la sortie du premier confinement engendrent une forte hausse des prix de l’immobilier résidentiel en fin d’année.

En 2020, le patrimoine financier net (solde des actifs et des passifs financiers) est stable, les actifs et les passifs financiers évoluant a des rythmes proches (respectivement + 8,7 % et + 8,6 %, après + 9,1 % et + 9,0 %). Cette hausse simultanée des actifs et des passifs financiers masque des évolutions contrastées entre les différents agents : le patrimoine financier net des administrations publiques se dégrade nettement, celui des sociétés non financières est quasi stable, tandis que ceux des sociétés financières et des ménages s’accroissent. En effet, la crise liée à la pandémie de Covid‑19 et la baisse d’activité qui en résulte ont pesé dans les variations des patrimoines financiers en 2020 : les mesures gouvernementales de soutien à l’économie ont été financées par une hausse de la dette publique qui s’est traduite par une dégradation de leur patrimoine financier net. Ces mesures de soutien ont augmenté les placements financiers des ménages contraints sur leur consommation et soutenu la trésorerie des entreprises. 

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