Ces indicateurs doivent néanmoins être utilisés avec une certaine prudence
L’intérêt principal de ces indicateurs est de développer, à partir de la statistique publique, l’analyse des risques financiers liés au climat. En effet, leur publication a été accompagnée d’un rapport détaillé explicitant les différentes méthodologies mises en œuvre et les limites qui s’y attachent.
Parmi les limites communes à l’ensemble des indicateurs, les informations financières (par ex. le chiffre d’affaires) sont parcellaires. Par conséquent, une partie de ces indicateurs est calculée à partir de données imputées, ce qui peut affecter leur précision.
Pour évaluer leur robustesse, nous testons la sensibilité des indicateurs d’empreinte carbone en utilisant des données de l'INSEE sur les entreprises françaises en lieu et place de la base utilisée par la BCE dans la compilation des indicateurs, moins complète mais couvrant tous les pays membres de la zone Euro. Naturellement, les résultats obtenus suggèrent qu’une meilleure couverture de la population des entreprises a un effet non négligeable pour l’indicateur absolu (émissions financées), mais un effet moindre pour les trois autres indicateurs, qui représentent des moyennes.
De plus, les indicateurs d’empreinte carbone ne couvrent qu’une partie du spectre des émissions : celles liées au processus de production (Scope 1) et à la consommation d’énergie (Scope 2), mais pas les émissions indirectes, telles que l'extraction de matériaux achetés par une SNF (Scope 3).
S’agissant des indicateurs du risque physique, leur précision pâtit des incertitudes sur la localisation des actifs et de la non prise en compte de la couverture assurantielle, affectant la répartition du risque entre secteurs financiers et entre juridictions.
D’ici 2024, les travaux se poursuivront afin d’améliorer la robustesse des indicateurs
Le taux de couverture des informations financières ou encore la précision de la localisation des actifs physiques devraient être progressivement améliorés. Les données disponibles au niveau national (ex : en France, la base SIRENE géolocalisée) peuvent venir nourrir l’approche harmonisée, ou proposer des alternatives. L’évolution du cadre réglementaire européen (à la faveur notamment de la directive CSRD) ainsi que les processus de normalisation comptable amélioreront la disponibilité d’informations granulaires, particulièrement s’agissant des émissions.
Par ailleurs, les méthodes d’estimation des émissions des SNF, de calcul des indicateurs (extension des aléas considérés pour le risque physique, intégration du Scope 3 pour l’empreinte carbone), et leur caractère prospectif (trajectoires d'émissions des SNF, projections des aléas extrêmes) seront également étudiés.