Les délais de paiement se sont détériorés de plus de 10 jours en 2020 pour les établissements publics de santé pour atteindre 96 jours (hausse limitée à 3 jours dans l’Hexagone), la situation d’urgence et l’engagement de dépenses exceptionnelles pour lutter contre la pandémie ayant accentué leurs problèmes structurels de trésorerie.
La crise sanitaire a incité à un allègement des besoins de financement liés aux délais de paiement
Afin de compenser la raréfaction des entrées de trésorerie liée au ralentissement de leur activité à la suite de la crise sanitaire, les entreprises ont cherché à encaisser plus rapidement les créances qu’elles avaient sur leurs clients en menant une politique active de recouvrement de leurs factures. Selon les chefs d’entreprise interrogés par l’IEDOM pour son enquête de conjoncture, l’accélération du recouvrement des créances a été la principale mesure mise en œuvre à partir du 3ème trimestre 2020 pour faire face aux difficultés de trésorerie. Ceci s’est traduit par une forte baisse de 4 jours (la plus importante observée depuis 15 ans) des délais de paiement clients. Dans le même temps, les délais fournisseurs ne se sont repliés que d’un seul jour pour s’établir à 70 jours d’achats.
La contrainte que font peser les délais de paiement sur la trésorerie peut être mesurée par le solde du crédit interentreprises. Il traduit le besoin de financement généré par les délais de paiement lorsque l’entreprise consent relativement plus de crédit à ses clients qu’elle n’en reçoit de ses fournisseurs.
Le recul beaucoup plus marqué des délais clients par rapport aux délais fournisseurs a permis un net repli du solde du crédit interentreprises à 13 jours de chiffre d’affaires (-3 jours par rapport à 2019). Même s’il demeure supérieur de 2 jours à celui observé dans l’Hexagone, l’écart n’a jamais été aussi faible sur les 15 dernières années.
Plus de 500 millions d’euros de trésorerie libérée en l’absence de retard de paiement
Les délais de paiement sont très hétérogènes selon les secteurs dans la mesure où ils reflètent le cycle d’exploitation qui diffère fortement selon les branches d’activité. La situation la plus favorable pour une entreprise est d’avoir une clientèle de ménages réglant ses achats comptant et de payer ses fournisseurs à crédit. C’est majoritairement le cas dans le secteur de l’hébergement et de la restauration et dans le commerce de détail, où le solde du crédit interentreprises est négatif. Inversement, les entreprises travaillant exclusivement pour une clientèle professionnelle ou appartenant au secteur public financent leurs partenaires commerciaux par le biais du crédit interentreprises en fonction des délais qu’elles leur octroient.