Document de travail n° 1058. Cet article étudie comment la capacité du capital à être mobilisé comme collatéral façonne son allocation. L’article montre, d’abord à partir de données françaises, que les entreprises qui détiennent un capital utilisé comme collatéral sont structurellement plus endettées. L’investissement de ces entreprises est également plus sensible aux chocs d’offre de crédit. L’analyse intègre ensuite cette hétérogénéité dans un modèle d’équilibre général avec des contraintes d’endettement. Cette caractéristique engendre une allocation inefficiente du capital entre secteurs : les actifs les plus aisément mobilisables comme collatéral coûtent moins cher à accumuler, et présentent donc un rendement espéré plus faible que les autres, tant à l’état stationnaire qu’en réponse à des chocs d’offre de crédit. Le modèle est estimé en distinguant l’immobilier commercial des autres types de capitaux, le premier étant plus facilement mobilisable comme collatéral. Cette estimation montre que l’allocation du capital est inefficiente tout au long du cycle du crédit. Parce que ces capitaux sont des substituts imparfaits et que les entreprises font face à un taux d’intérêt unique, des politiques de crédit redistributives améliorent le bien-être, en particulier lorsqu’elles sont mises en œuvre au cours d’une phase d’expansion du crédit.