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L’intégration financière de la zone euro progresse malgré une fragmentation persistante, selon un rapport de la BCE
- L’intégration financière dans la zone euro s’est renforcée depuis fin 2022, soutenue par une moindre dispersion des prix des actifs de la zone euro sur l’ensemble des marchés
- L’activité transfrontière s’est accrue, soutenant le partage des risques et la résilience, notamment sur les marchés de la dette et pour les prêts interbancaires
- L’intégration des marchés d’actions se ralentit, pesant sur l’investissement et la compétitivité
Mise en ligne le 7 Mai 2026
L’intégration financière dans la zone euro s’est nettement améliorée depuis fin 2022, reflétant la résilience du fonctionnement des marchés et les progrès réalisés sur les marchés obligataires, d’actions et bancaires, selon le dernier rapport de la Banque centrale européenne (BCE) sur l’intégration et la structure financières dans la zone euro, publié aujourd’hui.
Les indicateurs fondés sur les prix et les indicateurs quantitatifs de l’intégration financière ont atteint des niveaux supérieurs à leurs moyennes historiques, sous l’effet d’une baisse durable des primes de risque de redénomination et d’initiatives à l’échelle de l’UE telles que le programme Next Generation EU. L’activité transfrontière s’est accrue sur l’ensemble des compartiments de marché, facilitant un plus grand partage des risques et contribuant à rendre le système financier de la zone euro plus résilient.
L’intégration financière s’est renforcée de manière plus visible sur les marchés de la dette et pour les prêts interbancaires. Les détentions transfrontières de titres de créance, y compris d’obligations souveraines, ont augmenté, soutenues par de meilleurs fondamentaux dans les différents pays et par la normalisation du bilan de l’Eurosystème. Les prêts interbancaires sont devenus plus actifs à mesure que l’excédent de liquidité a été redistribué, signe d’un environnement de marché monétaire plus intégré et moins fragmenté.
Le rôle croissant des institutions financières non bancaires a entraîné une plus grande diversification des canaux de financement et un plus grand partage des risques entre les pays. Dans l’ensemble, les indicateurs du partage des risques liés à la consommation suggèrent que la zone euro est devenue plus résistante aux chocs économiques, favorisant un ajustement plus harmonieux entre les pays.
Dans le même temps, le rapport montre que le système financier de la zone euro reste en deçà de son potentiel pour soutenir la croissance à long terme, l’innovation et la compétitivité. Le financement externe est resté modéré dans un contexte de taux d’intérêt élevés et d’atonie du sentiment à l’égard de l’investissement, tandis que la fragmentation structurelle continue de limiter l’intégration des marchés d’actions et la répartition efficace de l’épargne au-delà des frontières.
L’intégration des marchés d’actions a diminué depuis 2022. Les investissements transfrontières en fonds propres au sein de la zone euro stagnent et les investissements directs étrangers intra-zone euro sont revenus à des niveaux historiquement bas. Les ménages de la zone euro continuent de détenir une part importante de leur épargne sous la forme de dépôts à faible rendement, tandis qu’une part importante des placements en actions est acheminée hors de l’UE.
Ce biais domestique persistant et cette fragmentation contribuent à un décalage entre le niveau élevé d’épargne de la zone euro et ses besoins en investissement, limitant la disponibilité du capital-risque pour les entreprises innovantes et pesant sur la compétitivité à long terme.
Le rapport souligne qu’il est nécessaire de progresser sur la voie de l’intégration, des économies d’échelle et de l’efficacité dans l’ensemble du marché unique afin d’améliorer la compétitivité du secteur financier de la zone euro, y compris de son secteur bancaire.
Les résultats vont dans le sens des objectifs de l’Union pour l’épargne et l’investissement de la Commission européenne, qui visent à orienter plus efficacement l’épargne abondante de l’Europe vers des investissements productifs en créant un marché unique plus intégré et plus efficace pour les services financiers.
L’analyse complète celle récemment présentée dans la réponse de l’Eurosystème à la consultation ciblée de la Commission européenne sur la compétitivité du secteur bancaire de l’UE.
Les services de la BCE présenteront le rapport sur l’intégration et la structure financières dans la zone euro, à l’occasion de la conférence de haut niveau sur l’intégration financière européenne, le 7 mai 2026.
Pour toute demande d’informations, les médias peuvent s’adresser à Esther Tejedor au : +49 172 5171280.
Notes
- Le rapport bisannuel de la BCE sur l’intégration et les structures financières dans la zone euro porte sur l’intégration financière et sur une sélection de thèmes d’actualité, notamment l’union bancaire européenne et l’union des marchés de capitaux. Il contribue au débat sur l’approfondissement de l’Union économique et monétaire européenne.
- Les indicateurs de l’intégration financière dans la zone euro sont disponibles dans l’annexe statistique du rapport et les indicateurs Intégration financière ou Structure financière sous-jacents.
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Mise à jour le 7 Mai 2026