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Compte rendu de la réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne qui s’est tenue à Francfort-sur-le-Main le mercredi 18 et le jeudi 19 mars 2026
Réunion des 18 et 19 mars 2026
Mise en ligne le 16 Avril 2026
1. Examen des évolutions financières, économiques et monétaires et des options possibles de politique monétaire
Évolutions sur les marchés financiers
Mme Schnabel a commencé sa présentation en indiquant que la période qui a suivi la précédente réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs des 4 et 5 février 2026 peut être divisée en deux phases distinctes. Pendant la première phase, jusqu’au début de la guerre au Moyen-Orient, l’environnement de faible volatilité et de forte appétence pour le risque s’est maintenu. Pendant la seconde phase, lorsque les prix de l’énergie ont fortement augmenté en réponse à la guerre, la volatilité s’est accrue sur les marchés d’actions, et surtout sur les marchés obligataires, et des cessions ont été enregistrées aussi bien sur les marchés des actifs risqués que sur les marchés obligataires.
Les prix du pétrole brut Brent ont dépassé 100 dollars le baril, atteignant des niveaux observés pour la dernière fois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Les prix du gaz naturel ont fortement augmenté également, bien qu’ils soient restés bien inférieurs aux pics de 2022. Dans le même temps, la courbe des contrats à terme sur le pétrole brut Brent a enregistré un niveau de déport (backwardation, une forte pente négative) historiquement élevé, ce qui suggère que les opérateurs de marché s’attendaient à ce que l’envolée des prix du pétrole s’inverse rapidement. Cependant, au fil du temps, les opérateurs ont tempéré leurs anticipations d’inversion rapide de la flambée des prix de l’énergie. Depuis le début de la guerre, la courbe des contrats à terme sur le pétrole brut Brent s’est progressivement déplacée vers le haut, pour s’établir à un niveau nettement supérieur à celui qui prévalait peu après le début de la guerre.
Une comparaison des réactions des marchés au cours de la première semaine de la guerre avec les chocs géopolitiques antérieurs assortis de hausses des prix de l’énergie montre que les réactions des prix des actions de la zone euro, du taux de change EUR/USD et de la volatilité des marchés financiers sont restées dans la limite supérieure des fourchettes historiques. Les marchés de taux d’intérêt ont réagi plus fortement comparativement aux régularités historiques. La hausse de la compensation de l’inflation à court terme s’est établie dans la limite supérieure de la fourchette observée lors des chocs précédents, à un niveau comparable uniquement à l’augmentation marquée intervenue après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Plus particulièrement, au cours des épisodes précédents, les taux des swaps au jour le jour sans risque (OIS) et les anticipations relatives aux taux directeurs ont eu tendance à baisser en réponse aux chocs sur les prix de l’énergie, les investisseurs ayant apparemment intégré l’incidence négative sur la croissance économique comme un facteur prépondérant par rapport à l’impulsion inflationniste. Cette fois, les marchés ont intégré l’idée selon laquelle les effets inflationnistes de la guerre prévaudraient, ce qui nécessiterait un resserrement de la politique monétaire.
Le choc sur l’offre d’énergie a eu un fort impact sur la compensation de l’inflation à court terme dans la zone euro. Les inflation fixings (hors tabac) pour 2026 ont nettement augmenté, et les taux à terme des swaps indexés sur l’inflation se sont établis au-dessus de 2 % sur l’ensemble des horizons. En revanche, la compensation de l’inflation à plus long terme est restée globalement stable, reflétant l’évaluation par les intervenants de marché de la crédibilité de la politique monétaire. Ces évolutions ont été déterminées, à parts globalement équivalentes, par la hausse des véritables anticipations d’inflation et par l’augmentation des primes de risque sur l’inflation, les investisseurs anticipant une hausse de l’inflation, tout en exigeant une compensation pour l’incertitude plus élevée entourant l’inflation dans un monde fragmenté sur le plan géopolitique. Selon les éléments tirés des prix des options, la balance des risques pesant sur les perspectives d’inflation aux horizons à deux ans et cinq ans s’est nettement déplacée vers le haut et demeure orientée à la hausse, notamment sur les horizons plus courts. À l’inverse, les risques à plus long terme sont restés globalement équilibrés.
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Mise à jour le 16 Avril 2026