En 2026, la France assure la présidence du G7 qui culminera avec un sommet des dirigeants à Évian en juin. Cinquante ans après le premier G7 à Rambouillet, vingt-trois ans après le G8 de 2003 dans la même ville et sept ans après le G7 de Biarritz, le sommet d’Évian réunira les dirigeants des pays du G7 pour travailler ensemble sur les grands défis actuels, en particulier les déséquilibres mondiaux, notamment macroéconomiques.
« Dans un contexte de coordination difficile, l'objectif du G7 est de trouver des points de convergence en dépit des dissensions »
Le G7 : un cadre de concertation entre grandes puissances économiques
Le G7 rassemble les sept principales économies avancées : le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume‑Uni et les États‑Unis, aux côtés de l’Union européenne.
Créé en 1975, il constitue aujourd’hui un groupe de discussion et de concertation informel où sont apportées des réponses communes aux grands enjeux globaux et économiques, destiné à promouvoir la stabilité économique mondiale et le dialogue international.
La présidence du G7 repose sur un principe de rotation annuelle : le pays hôte définit les priorités de l’année et pilote les réunions ministérielles et techniques.
Sous la présidence française, les réunions du G7 Finances organisées tout au long de l’année 2026 offriront un cadre privilégié de discussion, en amont du sommet des chefs d’État et de gouvernement, qui se tiendra du 15 au 17 juin à Évian.
Le G7 Finances : rôle, mission et organisation
Au cœur de ce dispositif, le G7 Finances réunit les ministres des Finances et les gouverneurs de banque centrale des pays membres.
Ensemble, ils analysent les tendances économiques mondiales, coordonnent leurs réponses face aux crises et œuvrent à la stabilité du système financier international. Leurs travaux portent notamment sur les politiques macroéconomiques, la régulation financière, la fiscalité internationale ou encore le financement de la transition écologique.
Le rôle de la Banque de France
La Banque de France joue un rôle actif au sein des grands forums multilatéraux consacrés aux questions monétaires et financières — parmi lesquels figurent le G7, le G20, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) et le Fonds Monétaire International (FMI).
Dans ces enceintes de coopération internationale, elle contribue aux réflexions et aux décisions visant à renforcer la stabilité financière mondiale, en représentant à la fois les positions françaises et celles de l’Eurosystème.
Le gouverneur de la Banque de France assure cette année la co-présidence de la filière Finances du G7, aux côtés du Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Les travaux et les réunions de cette filière jouent un rôle clé dans la coordination économique mondiale. C’est, comme chaque année, l’occasion de mettre l’indépendance et l’expertise de la Banque de France au service du bien commun, sur des enjeux essentiels pour la stabilité financière internationale.
Dans le cadre de la préparation des réunions de la filière Finance, la Banque de France travaille étroitement avec la Direction Générale du Trésor. Pour cette année de présidence française, les travaux de la Banque de France s’articulent autour des priorités suivantes : l'anticipation des impacts des nouvelles technologies sur la stabilité financière (cybersécurité, intelligence artificielle, technologies quantiques), la régulation des entités non-bancaires, l’impact économique et financier des évènements météorologiques extrêmes et leur assurabilité et la fluidification des paiements transfrontières.
Les priorités du G7 Finances pour la Banque de France
Réduire les déséquilibres macroéconomiques larges et persistants
Les déséquilibres macroéconomiques, qui se sont accentués ces dernières années, font l’objet d’une attention politique croissante à l’échelle internationale. Ils constituent l’une des priorités de la présidence française du G7, ainsi que de la présidence américaine du G20, qui souhaitent toutes deux renforcer la compréhension commune de leurs causes et de leurs implications. Ils trouvent leur origine dans une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels et reflètent une disparité entre épargne et investissement, propre à chaque pays ou zone géographique. Ces déséquilibres peuvent contribuer à alimenter des tensions commerciales et font surtout peser des risques sur la stabilité économique et financière mondiale car ils peuvent être à l’origine de mouvements de correction importants, affectant soudainement les flux de capitaux et les devises, comme ce fut le cas lors de la crise financière de 2008.
La présidence française du G7 souhaite engager une discussion approfondie visant à affiner la compréhension collective des facteurs à l’origine de ces déséquilibres et à explorer les marges d’action possible pour les réduire de manière ordonnée tout en préservant la croissance.
Pour aller plus loin :
- Rapport sur les déséquilibres mondiaux par le groupe d'experts en économie du G7
- « Déséquilibres extérieures courant : de nouveaux habits pour un vieux problème » : tribune d’Agnès Bénassy-Quéré, Seconde sous-gouverneure de la Banque de France
Appréhender les risques liés aux événements météorologiques extrêmes
L’ampleur et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes se sont intensifiés ces dernières années, et leurs répercussions économiques et financières soulignent la nécessité de maintenir la mobilisation sur la question du changement climatique au sein des instances multilatérales.
Dans le prolongement de ceux menés lors des précédentes présidences G7 et G20, les travaux menés sous la présidence française du G7 s’attacheront à analyser l’impact économique et financier des évènements météorologiques extrêmes ainsi qu’à identifier les pistes pour renforcer l’assurabilité contre les catastrophes naturelles.
Maitriser les risques et opportunités sur les Non Bank Financial Intermediation (NBFI)
L’intermédiation financière non bancaire (en anglais NBFI, Non Bank Financial Intermediation) désigne les activités de collecte de fonds, de gestion d’actifs et d’octroi de financements menées hors du système bancaire. Ce secteur recouvre une grande variété d’acteurs, dont les assureurs, les fonds de pension, et toutes les catégories de fonds d’investissement (y compris les hedge funds). Ce secteur a connu une croissance importante au cours des dernières années.
Les juridictions du G7 abritent une très grande part de l’industrie mondiale de la NBFI. Les membres du G7 sont donc des acteurs clés de la surveillance des risques systémiques liés à ce secteur, notamment via les interconnexions avec le secteur bancaire, et ont vocation à promouvoir une approche macroprudentielle. Les travaux sur la thématique NBFI s’inscrivent dans le prolongement des priorités des précédentes présidences du G7.
Pour aller plus loin : L’intermédiation financière non bancaire
Accompagner l’émergence des nouvelles technologies
Paiements transfrontières
Les travaux du G7 ont pour objectif de contribuer à l’amélioration des paiements transfrontières à l’échelle mondiale. Face au risque de fragmentation des systèmes de paiement et à l’accélération des innovations, il est nécessaire de dessiner des coopérations plus étroites au sein du G7. La Présidence française poursuit ainsi les travaux déjà engagés tant par le G7 que par le G20, dans le cadre de la feuille de route pour l’amélioration des paiements transfrontières, afin de favoriser l’accès à des paiements internationaux rapides, sûrs, peu coûteux et transparents. Pour cela, la présidence française se concentre sur l’interconnexion des systèmes de paiements instantanés et plus généralement sur l’amélioration du règlement des opérations transfrontières, tant sur les segments des paiements de détail que des paiements de gros montant.
Pour aller plus loin :
Intelligence artificielle
Depuis la mise sur le marché, fin 2022, de modèles d’IA générative grand public, l’IA est devenue un sujet transversal et prioritaire du G7. Dans le secteur financier, l’IA, qui permet de traiter l'information de manière autonome et d’adapter la prise de décision grâce à l'apprentissage, s’impose de plus en plus dans l’intermédiation financière, la gestion d’actifs, les systèmes de paiement et la surveillance réglementaire. Elle permet une amélioration de la gestion des risques, une personnalisation des services, et la détection avancée de fraudes, mais apporte avec d’elle de nouvelles vulnérabilités : une forte dépendance à des infrastructures technologiques critiques et très concentrées, des défis en matière de responsabilité et de gouvernance, un risque accru de propagation d’erreurs, ... La diffusion de l’IA crée donc un besoin accru de coopération internationale pour apporter des réponses réglementaires adaptées, propres à garantir des usages responsables et à préserver la stabilité financière.
Pour aller plus loin :
- Une boussole pour nous guider vers une supervision intelligente de l'IA
- Mettre en œuvre une surveillance efficace de l’IA dans le secteur financier
- Rapport sur les impacts juridiques et réglementaires de l’intelligence artificielle en matière bancaire, financière et des assurances du Haut Comité Juridique de la Place Financière de Paris
- Déclaration relative à l’intelligence artificielle et à la cybersécurité
Technologies quantiques
Les technologies quantiques représentent une frontière scientifique et technologique dont les développements conditionneront la compétitivité économique, la sécurité des données, la résilience des chaînes d’approvisionnement et, plus largement, la stabilité financière mondiale. Elles sont un facteur d’accélération des innovations, d’intensification des expérimentations dans divers secteurs industriels tels que la finance, la pharmacologie, l’industrie, la logistique, la météorologie. Ces évolutions renforcent l’urgence d’une action coordonnée du G7 pour définir des orientations stratégiques communes et préparer l’écosystème financier international aux développements de ces technologies.
La présidence française du G7 inscrit les travaux relatifs aux technologies quantiques dans la continuité des présidences récentes, notamment celle du Canada en 2025. Les travaux viseront notamment à passer d’une phase de veille et d’étude des impacts à une phase de sensibilisation de l’ensemble des acteurs de l’écosystème financier, et de recherche exploratoire intégrant la régulation, la standardisation et la coopération interbancaire.
La Banque de France est quant à elle déjà fortement engagée, avec des expérimentations sur la cryptographie post-quantique et des coopérations internationales menées depuis 2022. Elle s’est forgé un rôle de pionnier reconnu et dispose ainsi de la légitimité nécessaire pour jouer un rôle moteur, en lien avec les autres banques centrales du G7.
Cybersécurité
La cybersécurité constitue une priorité du G7 depuis 2015. Les travaux menés sous la présidence française ont pour objectif de favoriser une compréhension mutuelle du paysage des menaces cyber et de fournir un cadre pour une réponse coordonnée aux incidents cyber touchant le secteur financier. La Présidence française souhaite poursuivre les travaux déjà engagés, en étudiant notamment l’impact de l’IA sur la cybersécurité et en conduisant un exercice de gestion de crise induite par un événement cyber.
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Écosystème mondial
Présidence française du G7 – Le Système Monétaire International et les Paiements Internationaux. Tendances récentes et Défis à venir
Mise à jour le 2 Avril 2026