Note : Au 31 mars, la consommation totale d’électricité s’élevait à -27% de sa moyenne historique.
Au début du mois de mars, les séries obtenues étaient proches de leur moyenne historique. Avec la mise en œuvre des mesures de confinement, la consommation d’électricité chute très fortement sur les deux dernières semaines de mars, atteignant un creux autour de -27% fin mars. Passé ce creux, la consommation d’électricité a suivi un profil en "aile d’oiseau". Elle s’est progressivement redressée, et ce dès le début du mois d’avril, signe que les entreprises ont su adapter leur processus productif aux contraintes sanitaires avant même la fin du confinement. Mais le rebond n’a été que très graduel et partiel : la consommation reste depuis début juin sur un plateau inférieur d’environ 8-10% à la moyenne historique.
Les transactions par cartes bancaires comme mesure de la consommation des ménages
Les mesures de confinement de la population depuis le 17 mars, assorties de fermetures de commerces, ont contraint la consommation des ménages et modifié sa composition. Pour estimer en temps réel l’impact du confinement sur la consommation des ménages, nous avons utilisé des données journalières de transactions et de retraits par carte bancaire, fournies avec un délai d’environ 10 jours par le Groupement des Cartes Bancaires CB sur la base d’un échantillon significatif du total des transactions réalisées. La ventilation par type d’activité nous a permis d’étudier la déformation de la consommation et suivre l’activité de certains secteurs, notamment les services. Pour ce faire, nous avons apparié ces activités avec la nomenclature de la consommation finale des ménages selon la comptabilité nationale. Pour chaque poste, nous avons estimé l’évolution de la consommation à partir des transactions correspondantes. Pour certains postes de consommation, comme les achats d’automobiles, les paiements par carte sont marginaux ou peu représentatifs, et nous avons eu recours à des sources alternatives ou à du jugement d’expert.
Les barres bleues du graphique 1 représentent l’évolution de la consommation totale obtenue en écart à une situation normale (qui correspond à la tendance observée avant le confinement). La crise sanitaire a eu un impact très significatif sur les habitudes de consommation. Si l’on observe pendant la deuxième semaine de mars une hausse des achats, en particulier dans les enseignes alimentaires (probablement du fait d’un report de consommation des restaurants et cantines et de la constitution de stocks domestiques de nourriture), le confinement a provoqué une forte chute de la consommation, d’environ 30%, pendant les deux dernières semaines de mars. Celle-ci a ensuite légèrement progressé jusqu’à un niveau d’environ 20% inférieur à la normale, mais ce n’est qu’à la levée du confinement, la semaine du 11 au 17 mai, qu’elle s’est vraiment redressée. Selon les dernières données, début juillet, elle se situerait encore à environ -3% de son niveau normal.
Le graphique 3 compare le glissement annuel des dépenses par cartes bancaires dans différentes branches pour plusieurs périodes. Au début du confinement, les dépenses de consommation ont chuté dans la plupart des branches. Seules les enseignes liées à l’alimentation (y compris boissons et alcools) ont connu une nette hausse pendant cette période, amortissant la chute de la branche commerce. Après le déconfinement, la consommation adressée aux branches productrices de biens a retrouvé son niveau d’avant crise et même progressé au-delà. Certaines activités de services, comme les transports et l’hébergement/restauration, sont toujours en berne, du fait d’un calendrier de réouverture plus tardif, et peut-être de changements d’habitudes de consommation.