Auteurs : Gabriel Chemain, Lucas Devigne, Nicolas Rigaudière

Bulletin n° 266, article 4. Les marchés actions aux États‑Unis affichent depuis plusieurs années une meilleure dynamique que les places européennes. L’introduction en bourse de SpaceX en juin 2026, comme celles attendues dans le secteur de l’intelligence artificielle, illustrent ce dynamisme américain. Toutefois, l’écart avec l’Union européenne (UE) s’avère plus profond et généralisé, en nombre d’introductions en bourse, montants levés, valorisations des sociétés cotées et multicotations. 

Au‑delà des divergences macroéconomiques, la moindre attractivité des places européennes n’est pourtant pas une évidence. La force du continuum américain entre financements privés et marchés boursiers doit être nuancée. En outre, les divergences réglementaires entre États‑Unis et UE sont mineures. Dans le cadre de l’Union pour l’épargne et l’investissement (UEI), les décideurs européens disposent de marges d’action pour renforcer l’attractivité des places en matière de profondeur et d’infrastructures de marché ou de réglementation de l’introduction en bourse.

Places boursières 266 billet bdf FR
Places boursières européennes : renforcer l’attractivité, relancer la dynamique

1. Les marchés actions aux États‑Unis sont depuis plusieurs années plus dynamiques qu’en Europe 

Le nombre d’introductions en bourse (initial public offerings, IPO) et les montants levés par les entreprises aux États‑Unis sont bien plus importants que dans l’Union européenne 

Les marchés se focalisent aujourd’hui sur les méga‑intro ductions en bourse attendues dans le secteur de l’intelligence artificielle outre‑Atlantique, dont témoigne l’IPO record de SpaceX en juin 2026. Mais la différence de dynamisme de cotation entre les États‑Unis et l’Union européenne (UE) est plus profonde et structurelle. 

Les introductions en bourse sont plus nombreuses aux États‑Unis que dans l’UE depuis 2018. Près de 374 IPO ont ainsi été réalisées aux États‑Unis en 2025, contre 55 dans l’UE. Le dynamisme des sociétés d’acquisition à vocation spécifique (special purpose acquisition companies, SPAC) aux États‑Unis renforce cette asymétrie, avec 58 IPO réalisées par ce biais en 2025, contre une dans l’UE. Avant 2018, le rapport était inversé, tous modes d’introduction confondus : 267 IPO dans l’UE en 2017, contre 237 aux États‑Unis. Entre 2017 et 2025, le nombre d’IPO menées par des entreprises européennes a ainsi chuté d’environ 60 %. 

Depuis 2010, les montants levés aux États‑Unis dépassent ceux de l’UE. Sur les trois premiers trimestres de 2025, les États‑Unis totalisent 49,6 milliards de dollars (39,2 en 2024), contre 10,8 pour l’UE (30,6 en 2024). 

L’âge moyen des entreprises lors de leur introduction en bourse ressort à 40,1 ans en zone euro (21 des 27 pays de l’UE), contre 10,2 ans aux États‑Unis (Böninghausenet al., 2025). Cet écart illustre le dynamisme de l’écosys tème américain, où les jeunes entreprises en croissance accèdent plus facilement au financement en fonds propres. Cet écosystème les encourage à se développer et à s’in troduire en bourse. Il facilite l’accès à des financements en fonds propres et offre un large éventail de programmes de soutien institutionnel. 

Le financement par le marché actions n’est toutefois pas le seul modèle de financement et doit être considéré paral lèlement au modèle rhénan, central en Europe. Ce dernier offre d’autres solutions de financement aux entreprises européennes, en particulier au travers de prêts fournis par des banques locales et la participation des salariés aux projets des entreprises. 

Les sociétés cotées aux États‑Unis sont en moyenne plus fortement valorisées 

Les entreprises cotées aux États‑Unis bénéficieraient d’une valorisation 3,32 fois plus élevée en moyenne que leurs homologues européennes (Böninghausen et al., 2025). Les entreprises américaines profitent davantage de la cotation sur le plan de la rentabilité. Elles accèdent en effet à des marchés de capitaux plus liquides et plus profonds, qui leur permettent de lever des fonds impor tants pour financer des investissements stratégiques et soutenir leur rentabilité. 

Les écarts entre les ratios cours/bénéfice net par action (price‑earnings ratio, PER) du S&P 500 (États‑Unis) et ceux du CAC 40 (France) et de l’EURO STOXX 50 (zone euro) tendent à se creuser – cf. graphique 1 infra. Cette surper formance des marchés américains tient notamment au secteur technologique et aux anticipations favorables de résultats autour de l’intelligence artificielle (IA).

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Mise à jour le 8 Octobre 2026