L'étude de l'impact de la diversité de genre sur l'économie a fait l’objet récemment de plusieurs travaux de recherche, tant au niveau macro qu'au niveau microéconomique. Pour n’en citer que deux exemples, Ostry et al. (2018) montrent que la parité de genre serait bénéfique pour la croissance de la productivité et conduirait à des gains économiques qui vont au-delà de la seule augmentation de l’offre de travail. Réduire les inégalités F/H aurait aussi des effets positifs sur la croissance à moyen et long terme, par exemple en modifiant les choix de filières d’éducation tant pour les hommes que pour les femmes et en faisant évoluer les normes sociales sur les rôles respectifs des uns et des autres dans la société. Christiansen et al. (2016) trouvent, quant à elles, une corrélation positive entre la diversité de genre aux postes de direction et les performances financières pour un échantillon de deux millions de sociétés non financières européennes. Cette corrélation est nettement plus forte dans les secteurs qui emploient plus de femmes ainsi que dans ceux à forte intensité de connaissances et technologie, exigeant une plus forte créativité et pensée critique, que la diversité peut apporter.
Des mesures pour réduire les inégalités F/H : une nécessité
Peter Praet a partagé son expérience sur la mise en place depuis 2012 de mesures destinées à promouvoir la diversité F/H à la BCE, incluant une meilleure représentation des femmes dans les comités de sélection, une représentation obligatoire de femmes dans les panels de chaque conférence organisée par la BCE, ou l’annonce d’objectifs chiffrés pour la proportion de femmes à des postes d’encadrement. Une étude micro-économétrique portant sur les évolutions de carrière à la BCE (cf. Hospido, Laeven et Lamo, document de travail BCE à paraître) montre que si les femmes avaient, à compétence égale, moins de chances d’être promues avant 2011, les mesures prises depuis ont conduit à une égalisation des probabilités de promotion. L’étude met aussi en exergue une différence de comportement intéressante : les femmes candidatent à une promotion moins fréquemment que les hommes, mais lorsqu’elles le font, elles ont plus de chance de l’emporter.
Pour Isabelle Hudon, la parité est assurément un sujet politique, mais aussi économique. Mettre fin aux inégalités salariales, développer tous les potentiels, encourager à plus de mixité sont autant d’opportunités de développement économique, avec potentiellement une hausse du PIB mondial de 28 000 mds de dollars d’après une étude McKinsey récente. Les exemples sont nombreux : lorsque la parité progresse dans un conseil d’administration, le chiffre d’affaire progresse aussi. D’après l’ambassadrice du Canada, il faut agir tous les jours, à tous les étages de la société, gouvernement, société civile, entreprises, citoyens. Elle propose dans ce sens huit mesures concrètes pour atteindre la parité, résumées dans la diapositive suivante.