Note : Mois de l’année 2020. Calculs à partir des données du Trade Data Monitor pour 31 pays déclarants représentant environ 75 % du commerce mondial. Une relation commerciale est représentée par un pays exportateur, un pays importateur et un produit. Une "relation continue" correspond à une relation commerciale qui reste "active" entre deux années consécutives. La valeur entrée moins sortie correspond à la contribution des créations nettes de relations commerciales.
Le graphique montre que la valeur du commerce mondial a chuté au printemps 2020, au moment où de nombreux pays ont introduit des confinements et d’autres restrictions liées à la Covid-19. En avril et en mai 2020 notamment, la valeur totale des exportations a diminué de 25 % environ par rapport au même mois de l’année précédente. Cela est dû à un plus faible montant d’exportations au sein des relations commerciales continues (pays exportateur, pays importateur et produit détaillé) et également, dans une moindre mesure, à une diminution du nombre de transactions (nombre de partenaires commerciaux étrangers et de produits exportés).
Les exportations mondiales ont commencé à se redresser en juin 2020, retrouvant leurs niveaux d’avant-crise dès septembre 2020. Étonnamment, la reprise s’est poursuivie à l’automne 2020 à un rythme rapide, en dépit des nouveaux confinements introduits en Europe durant la deuxième vague de la pandémie.
La chute des exportations a été plus forte dans les pays avec des confinements plus stricts
La diminution des exportations à l’échelle des pays durant la première vague de la pandémie est étroitement liée à la sévérité des restrictions mises en place par les gouvernements.
Cette conclusion ressort du graphique 3, qui combine des données sur la croissance des exportations par pays entre avril 2020 et avril 2019 et des données sur l’intensité des confinements par pays en avril 2020. L’intensité des confinements prend en compte l’ensemble des restrictions imposées par les gouvernements, y compris la fermeture des lieux de travail, des écoles, les restrictions aux rassemblements et la fermeture des restaurants, des commerces et les restrictions sur les transports et les voyages internationaux. Le graphique 3 montre que les pays ayant introduit des restrictions plus sévères en avril 2020 ont connu une baisse plus forte de leurs exportations.
Dans un pays comme la France où ces restrictions ont été particulièrement sévères au printemps 2020, on observe une très forte baisse de la valeur des exportations par rapport à l’année précédente. Dans les pays ayant introduit moins de restrictions, en raison d’une gestion différente de la pandémie (Suède) ou d’une vague de pandémie moins sévère (Japon), les exportations agrégées ont beaucoup moins diminué.
Dans une analyse plus détaillée, Berthou et Stumpner (Banque de France mimeo, 2021) évaluent quantitativement l’effet de l’intensité des restrictions sur les exportations et sur les importations, à l’aide de données détaillées au niveau des produits sur le commerce bilatéral. Leurs estimations confirment que la valeur du commerce bilatéral entre pays a diminué plus fortement lorsque le degré de sévérité des restrictions était plus élevé. Cela vaut même lorsque des contrôles additionnels sont introduits dans l’estimation, par exemple pour prendre en compte les différences entre pays concernant la dynamique de la pandémie, qui, en plus de la sévérité des restrictions imposées par les autorités, ont pu influer sur les exportations et les importations.