Note de lecture : en 2020, pour les sociétés non financières et les ménages, les flux de placement à l’étranger ont été supérieurs de 40 milliards à leurs flux d’engagement. IFD pour instruments financiers dérivés.
La décomposition sectorielle du compte financier distingue les institutions financières monétaires (les banques, dont la banque centrale, qui créent de la monnaie) des "autres" agents y compris les institutions financières non monétaires. Les IFD des "autres" sont agrégés ici aux IFM. Les assurances sont dans les "autres" secteurs. Comme le portefeuille extérieur des assurances est détenu pour compte des ménages et SNF, ce regroupement de secteur qui suit la nomenclature de la balance des paiements n’est pas gênant.
La présentation habituelle du compte financier de la balance des paiements distingue plusieurs catégories fonctionnelles comme les investissements directs (opérations intragroupes hors dépôts, prêts et emprunts des institutions financières), les investissements de portefeuille (achats et ventes de titres hors intragroupe), les instruments financiers dérivés et les autres investissements (dépôts, prêts et emprunts). Une autre présentation permet de préciser quel secteur institutionnel résident est la contrepartie du reste du monde. Ce billet utilise cette deuxième présentation (voir aussi note de lecture du graphique 1) plutôt que la décomposition habituelle par instruments.
Les sociétés non financières et les ménages ont accru leurs avoirs nets à l’étranger
En 2020, le solde des relations financières avec l’étranger des sociétés non financières (SNF) et des ménages ne s’est pas modifié de façon substantielle : leurs placements ont en effet été supérieurs de près de 40 milliards à leurs engagements nets, un solde en léger repli par rapport à 2019.
Traditionnellement, la France, via les sociétés non financières en particulier, investit davantage dans des relations intragroupes, a priori durables, à l’étranger qu’elle n’accueille d’investissements directs étrangers (Graphique 2, et fiche 3 du rapport annuel 2019 de la balance des paiements). En 2020, les flux d’investissements directs français à l’étranger (IDFE) sont restés soutenus (45 milliards), en raison notamment des apports de liquidités de grandes multinationales françaises à destination de leurs filiales étrangères, probablement pour faciliter la traversée de la crise dans des pays où le soutien des finances publiques aux sociétés a pu être moins fort qu’en France. Les flux d’investissement directs étrangers en France (IDEF) ont atteint 9 milliards, soit le niveau le plus bas enregistré depuis 2014, dans un contexte d’attentisme généralisé des entreprises en 2020 sur les opérations en capital. Les opérations d’investissements directs ont donc engendré des sorties nettes de capitaux (progression des avoirs nets des résidents sur le reste du monde) de 35 milliards en 2020, un niveau proche de celui de 2018 (44 milliards), après 5 milliards en 2019.