Bulletin de la Banque de France

La situation financière des entreprises en 2022 : face aux crises, les entreprises ont résisté

12 Décembre 2023

Bulletin No. 249, article 5. Les entreprises françaises ont fait face ces dernières années à une succession de chocs majeurs : la crise sanitaire en 2020, puis la hausse des prix de l’énergie, entamée en 2021 et amplifiée par l’invasion de l’Ukraine en 2022. L’analyse de 1,6 million de liasses fiscales indique cependant qu’à fin 2022, les entreprises françaises continuaient de résister.

En 2022, la valeur ajoutée a progressé sensiblement malgré la hausse du prix des intrants. La trésorerie s’est érodée mais est restée à des niveaux élevés. Les fonds propres se sont renforcés. Les capacités de remboursement restaient…
 

Image Trésorerie des entreprises françaises
Trésorerie des entreprises françaises

Cet article analyse la situation financière des entreprises en 2022, en mobilisant la base des comptes sociaux du Fichier bancaire des entreprises (FIBEN) de la Banque de France. Le périmètre d’étude couvre les entreprises localisées en France, soumises à l’impôt sur les sociétés, et n’appartenant pas au secteur financier. L’étude exploite les comptes annuels 2022 de 1,627 million d’unités légales, regroupées en 1,396 million d’entreprises au sens de la loi de modernisation de l’économie (LME), couvrant les microentreprises, les autres petites et moyennes entreprises (PME), les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grandes entreprises (GE).

1 L’activité des entreprises françaises est restée dynamique en 2022

Le chiffre d’affaires a progressé de nouveau fortement

Après le choc d’activité de 2020 lié à la crise Covid, le chiffre d’affaires des entreprises françaises a fortement augmenté en 2022, pour la deuxième année consécutive (cf. tableau 1) : + 13,3 % en 2022 pour les microentreprises, + 12,9 % pour les autres PME, + 14,0 % pour les ETI et + 19,6 % pour les grandes entreprises. 

Plusieurs éléments ont contribué à la hausse du chiffre d’affaires en 2022. Elle est tout d’abord tirée par le secteur de l’hébergement-restauration dont le chiffre d’affaires avait lourdement chuté en 2020 et qui s’est redressé plus tardivement que dans les autres secteurs (+ 50 % environ pour les microentreprises, les autres PME et les ETI, et + 30 % pour les GE). La hausse marquée des GE (+ 19,6 %) est par ailleurs tirée par les secteurs de l’énergie et du transport.

La valeur ajoutée a augmenté dans un contexte Inflationniste

La valeur ajoutée a crû fortement en 2022, aussi bien pour les microentreprises (+ 13,4 %, cf. tableau 1) que pour les autres PME (+ 10,1 %) et les ETI (+ 8,7 %). Cette dynamique, visible dans tous les secteurs, est notamment tirée par le rebond post-Covid de l’hébergement-restauration qui se concrétise avec un temps de retard par rapport aux autres secteurs. La hausse est en revanche moins marquée pour les grandes entreprises (+ 2,8 %). Ce résultat ne doit toutefois pas être surinterprété. Il s’explique essentiellement par les difficultés conjoncturelles d’un grand groupe français.

Ces hausses de valeur ajoutée surviennent par ailleurs dans un contexte d’augmentation des prix de l’énergie, entamée en 2021 et amplifiée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022. Ainsi, la hausse soutenue de la valeur ajoutée reflète…

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