En Nouvelle-Calédonie, une période de confinement strict de 4 semaines (du 24 mars au 20 avril 2020) a été suivie par une levée rapide des restrictions domestiques, au prix d’un isolement strict vis-à-vis de l’extérieur toujours en cours. Le secteur du nickel, pourtant dépendant de la demande extérieure, ne semble pas avoir souffert de la crise sanitaire. D’une part, la Chine, client principal (61 % des exportations de minerai et de métal), a rapidement retrouvé une dynamique de croissance et a maintenu sa demande. D’autre part, le développement des batteries électriques et des métaux inoxydables soutient la demande mondiale de nickel et, le cours international a rebondi au deuxième semestre 2020. Localement, si des blocages internes ont freiné la métallurgie (-4 % en volume en 2020), la production et les exportations minières ont progressé (+17 % en volume, +22 % en valeur). Toutefois, du fait de son impact sur les autres secteurs, la pandémie a entraîné un écart à la trajectoire de croissance, estimé entre -5,6 et -6,7 points de PIB sur 2020.
En Polynésie française, le confinement, débuté le 20 mars 2020, n’a été levé intégralement que le 21 mai. Les liaisons aériennes avec la France et l’international n’ont repris que les 3 et 15 juillet respectivement. Conséquence de la fermeture des frontières, le secteur touristique a été totalement paralysé avant de se redresser partiellement, grâce à une clientèle très haut-de-gamme ou locale, sans qu’un retour à la normale ne soit attendu rapidement. 77 000 touristes ont été accueillis en 2020 contre 237 000 en 2019. La perliculture, déjà en difficulté avant la pandémie, se trouve désormais dans une situation critique, privée de ses greffeurs étrangers et de ses débouchés (Hong Kong, Japon), ce qui a provoqué une chute brutale des recettes à l’export en 2020. Après sept années de croissance continue (+2,7 % en 2019), la croissance économique polynésienne s’effondre en 2020. Les premières estimations font état d’un recul de 10 % du PIB sur l’année.
Les transferts publics en provenance de l’Hexagone : un rôle d’amortisseur en cas de crise
Le modèle économique des collectivités du Pacifique montre une certaine résilience du fait du rôle d’amortisseur des administrations publiques et des services non marchands (24 % et 37 % de la valeur ajoutée, contre 22 % en métropole), l’activité du secteur public étant peu affectée par la crise sanitaire.
Comme le révèlent leurs balances des paiements, le secteur public dans les collectivités est soutenu par des transferts publics en provenance de l’Hexagone (à hauteur de 16 % en Nouvelle-Calédonie et 22 % en Polynésie française du PIB 2019). Composés pour l’essentiel de versements de l’État (salaires et pensions des fonctionnaires, dépenses de fonctionnement, d’investissement et d’intervention des collectivités publiques et des forces armées), les transferts publics compensent totalement (Polynésie française) ou partiellement (Nouvelle-Calédonie) le déficit des autres rubriques du compte courant (graphique 4). En 2020, des dispositifs d’accompagnement des entreprises similaires à ceux déployés au niveau national ont été mis en place, tant par les gouvernements locaux (dispositifs d’activité partielle, report de cotisations), que par l’État (FSE, PGE, garantie apportée aux prêts de l’AFD de 240 M € consentis aux deux collectivités).
Si la Polynésie française partait d’une situation plus saine, les finances publiques des deux collectivités ont été durement impactées par les dépenses liées à la crise sanitaire et par la baisse des recettes fiscales.