Bulletin de la Banque de France

Dans un contexte économique ralenti, les entreprises de taille intermédiaire ont confirmé leur résilience en 2023

Mise en ligne le 10 Juillet 2024
Auteurs : Maïté Graignon, Abel Mérébier

Bulletin n°253, article 3. En 2023, la situation financière des entreprises de taille intermédiaire (ETI) est restée globalement meilleure qu’en 2019. Le renforcement des capitaux propres, qui a permis de poursuivre la diminution des taux d’endettement des ETI par rapport à 2022, s’est accompagné d’un niveau de rentabilité économique élevé et stable. Dans un contexte économique français ralenti en 2023 2024, les ressources propres ainsi confortées sont de nature à permettre aux ETI de financer les investissements attendus en 2024. Leur santé financière, mesurée à fin 2023 par la cotation Banque de France, reste favorable.

Image Bulletin n°253/3
Trésorerie des entreprises de taille intermédiaire (ETI)

Cet article analyse la situation économique et financière des entreprises de taille intermédiaire (ETI) en 2023, en mobilisant la base des comptes sociaux du Fichier bancaire des entreprises (FIBEN) de la Banque de France. L’étude est réalisée à partir d’un échantillon de plus de 48 151 entités légales regroupées en 6 731 ETI au sens de la loi de modernisation de l’économie (LME). Elle complète l’étude de Bureau et Py (2024) sur les PME (cf. Bulletin Banque de France n° 253/2).

En 2021, selon l’Insee, les ETI « emploient 3,5 millions de salariés en équivalent temps plein (ETP), réalisent 30 % du chiffre d’affaires et 24 % des investissements […]. Compte tenu de leur orientation industrielle, les ETI jouent un rôle essentiel dans le commerce extérieur, réalisant 32 % du chiffre d’affaires à l’export […] ». Ces spécificités se retrouvent dans les données de la Banque de France utilisées dans cette étude.

Ces données révèlent qu’en 2023, comme en 2022, l’industrie manufacturière représentait 29 % de la valeur ajoutée produite par les ETI tandis que les secteurs « industrie manufacturière », « commerce, réparation d’automobiles » et « conseils et services aux entreprises » représentaient 70  % de la valeur ajoutée produite par les ETI et regroupaient près des deux tiers des bilans sociaux.

1 La croissance de l’activité des ETI a été plus modérée qu’en 2022

Dans un contexte d’inflation encore élevée, l’activité des ETI a ralenti en 2023 comparativement à 2022 (cf. graphique 1). Le taux de croissance du chiffre d’affaires est passé de + 13,9 % en 2022 à + 5,4 % en 2023 et, dans une moindre mesure, celui de la valeur ajoutée de + 8,5 % à + 5,1 %. En 2022, l’hypothèse centrale du décrochage de la valeur ajoutée par rapport au chiffre d’affaires était l’augmentation des prix : le coût des consommations intermédiaires se serait accru sans répercussion intégrale sur les prix de vente par les ETI. En 2023, le chiffre d’affaires et la valeur ajoutée évoluent désormais de manière quasi similaire.

Cette tendance s’inscrit dans un contexte de signaux prix disparates : i) l’évolution des prix des matières utilisées dans le processus de production se stabilise à des niveaux élevés ; ii) l’inflation sur les prix à la consommation a dépassé son pic ; et iii) les anticipations d’inflation sont demeurées ancrées.

Comme indiqué précédemment, une part importante de l’activité des ETI…
 

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Mise à jour le 10 Juillet 2024