Épisode 1 : Fin février-début mars 2020 (pic de l’aversion pour le risque)
La pandémie de COVID-19 se diffuse à travers le monde : l’activité économique est mise à l’arrêt en raison des mesures de confinement prises presque partout dans le monde. La plus forte correction sur les actifs risqués est observée le 9 mars 2020 ("lundi noir", Eurostoxx 50 : -8,5%, S&P500 : -7,6%). L’indice d’appétit pour le risque capte ce mouvement d’aversion pour le risque et atteint son point le plus bas de l’année 2020 (graphique 4).
La décomposition de l’IAR fait ressortir que la chute de l’appétit pour le risque résulte de l’ensemble des composantes, avec des contributions marquées du marché du crédit (écartement des spreads de crédit), de la chute des marchés actions et du pic de volatilité : les indices de volatilité atteignent lundi 16 mars leur plus haut depuis 2008 (VIX à 82,7 et V2X à 85,6) à la suite de l’annonce de nombreux confinements en Europe.
L’annonce de mesures de soutien de la part des principales banques centrales (Odendahl et al., 2020 et Penalver et Szczerbowicz, 2021) permet de restaurer la confiance des investisseurs et un retour de l’appétit pour le risque. En zone euro, l’Eurosystème introduit plusieurs mesures de soutien (Grossman Wirth 2020), dont le programme d’achats d’urgence face à la pandémie (Pandemic Emergency Purchase Programme, PEPP) le 18 mars 2020.
Épisode 2 : Octobre 2020 (retour de l’aversion pour le risque)
Lors de la semaine du 26/10, l’indicateur d'appétit pour le risque retourne nettement en territoire négatif pour atteindre son plus bas niveau depuis avril avant de se stabiliser à un niveau toutefois bien supérieur à son point bas de mars. Ce retour de l’aversion pour le risque (VIX au-dessus de 40 et V2X à 38) traduit le regain d’incertitude du fait de la reprise épidémique, notamment en Europe, et des annonces de restrictions et de nouveaux confinements. La décomposition de l’IAR (graphique 4) fait ressortir la contribution très marquée de la composante "volatilité sur les marchés actions".
Deux différences sont toutefois à souligner par rapport à la forte chute du mois de mars. Premièrement, les spreads de crédit se sont faiblement écartés et le recul des rendements obligataires souverains a été beaucoup plus modéré. Les analystes considèrent que les mesures des pouvoirs publics ont contribué à éviter un fort retour d’aversion pour le risque, malgré de nouvelles restrictions. Deuxièmement, la composante "marchés actions" est restée en territoire positif. Malgré la correction observée sur les marchés actions américains et européens, les indices actions asiatiques ont fait preuve d’une forte résilience.