Les perspectives de baisse de l’emploi pèsent sur la consommation
Dans un second temps, nous examinons le rôle des anticipations des ménages grâce à des simulations à l’aide du modèle FR-BDF. Dans le modèle, la consommation des ménages est impactée, entre autres, via la relation entre taux de chômage et revenu disponible anticipé, indépendamment de tout effet direct que les variations du chômage pourraient avoir sur le revenu disponible courant. Par conséquent, l’effet du canal d’anticipation peut être isolé de tout canal direct de revenu potentiel par lequel le chômage pourrait également influer sur la consommation à court terme.
Nous examinons l’impact d’une hausse permanente de 2 points de pourcentage du taux de chômage par rapport à un scénario de référence jusqu’à fin 2023. En prenant en compte uniquement les variations de la consommation résultant de la relation entre le chômage et le revenu futur anticipé dans le scénario alternatif, nous garantissons que la comparaison des deux scénarios reflète uniquement le canal d’anticipation.
Lorsque le taux de chômage augmente de façon permanente, les anticipations des ménages relatives au revenu disponible brut futur sont plus faibles. Leur incitation à accumuler de l’épargne, en revanche, est plus élevée. Cet effet se traduit par un "excédent" d’épargne cumulé de 3 milliards d’euros environ par an, soit une hausse de 0,2 point de pourcentage environ du taux d’épargne. Si cette différence semble quantitativement modérée, il convient cependant de souligner qu’elle reflète uniquement l’effet isolé du canal d’épargne de précaution évoqué précédemment.
Des aléas positifs et négatifs sur la consommation selon l’évolution de l’incertitude
Dans l’ensemble, ce billet indique que les motifs de précaution peuvent avoir un impact négatif sur la consommation des ménages dans le contexte actuel. Même si l’épargne forcée explique probablement l’essentiel de l’excédent d’épargne accumulé durant la pandémie de Covid-19, les motifs de précaution semblent avoir joué un rôle significatif durant le premier confinement. Si l’incertitude liée à l’emploi devait de nouveau augmenter, les motifs de précaution pourraient encore contribuer à l’accumulation d’un excédent d’épargne. A l’inverse, si l’incertitude sanitaire se dissipait, ceci consisterait un aléa positif sur la consommation des ménages.