(*) Pour le détail des secteurs couverts, voir l’économie bleue dans l’Outre-mer.
(**) ISPF : institut de la statistique de Polynésie française ; ISEE : institut de la statistique et des études économiques de la Nouvelle-Calédonie ; Acoss : agence centrale des organismes de sécurité sociale.
L’économie bleue recouvre les secteurs primaire (pêche et aquaculture), secondaire (transformation des produits de la pêche, construction navale et portuaire, production énergétique, câbles sous-marins), et tertiaire (commercialisation des produits de la mer, transport de passagers et de marchandises, prestations nautiques, exploitation des ports, aménagement du littoral, recherche et développement, etc.). Le tourisme en fait également partie, de façon plus ou moins large selon les périmètres retenus.
Selon l’OCDE, à l’horizon 2030 la valeur ajoutée mondiale des activités maritimes pourrait doubler. Ce secteur, déjà bien implanté dans les Outre-mer, y souffre cependant de contraintes d’offre ainsi que d’une forte concurrence protéiforme. Il doit simultanément composer avec diverses problématiques environnementales. C’est à condition de surmonter ces difficultés que l’Outre-mer pourra faire de l’économie bleue un levier de croissance durable.
L’économie bleue dans l’Outre-mer : 2,4% de l’emploi marchand et 3,5% des entreprises.
En dépit du fort caractère insulaire ou littoral des géographies ultramarines, le poids de l’économie bleue y demeure modéré, quoique supérieur à celui de la France entière (graphique 1) : 8800 entreprises ultramarines et 12500 emplois selon le périmètre retenu, avec de fortes disparités entre territoires. La pêche, l’aquaculture et les filières de transformation et de commercialisation concentrent l’essentiel de ces entreprises : près de 70 % en Martinique et en Guyane et jusqu’à 89 % en Polynésie française.
Principal mode d’échange de marchandises dans le monde, le transport maritime constitue aussi un support fondamental aux économies ultramarines. Le développement de ce secteur répond en outre à la croissance du commerce mondial. En 2017, Port-Réunion, Pointe-à-Pitre, Fort-de-France et Nouméa se classent parmi les 15 premiers ports français en termes de trafic de marchandises (sources : Ministère des transports et ISEE). Port-Réunion, premier port français de l’Outre-mer (graphique 2), est en passe de devenir un hub régional dans l’océan Indien, grâce à une desserte maritime proposant trois services réguliers depuis l’Europe et huit en provenance d’Asie. Nouméa s’est déjà imposée comme la deuxième plateforme de transbordement de l’Océanie derrière Fidji.