Des inégalités de revenu aux inégalités de patrimoine : ruissellement vs plus-values
Document de travail n° 1068. La hausse des inégalités de revenu permanent du travail accroît l'épargne, car les ménages dont le revenu permanent est plus élevé en épargnent une plus grande part. Pour que les marchés d'actifs s'équilibrent, les prix doivent s'ajuster : quel en est l'effet en retour sur les inégalités de patrimoine ? Si cette épargne finance du capital, les taux d'intérêt baissent, les salaires augmentent et les ménages les plus modestes y gagnent. Si elle fait plutôt monter le prix des actifs, les plus-values reviennent aux plus riches. Dans un modèle à agents hétérogènes avec des préférences non homothétiques pour la richesse et une concurrence imparfaite, les marges (markups) affaiblissent le premier canal et laissent le second dominer pendant cinq décennies au cours de la transition. Alimenté par la hausse des inégalités observée aux États-Unis depuis 1970, le modèle génère les deux cinquièmes de la hausse du ratio patrimoine/PIB et un quart de la hausse du Q de Tobin. D'ici 2020, ces effets de prix augmentent de 25 % le patrimoine moyen des 0,1 % les plus riches et de 8 % le patrimoine moyen de l'ensemble des ménages. En concurrence parfaite, ces deux grandeurs baissent, de 4 % et de 5 % respectivement.