Entre 2013 et 2019, les échanges de services liés à la propriété intellectuelle enregistrent un excédent moyen annuel de 1,7 Md d’euros (cf. graphique 2), tandis que ceux liés à l’activité de R&D sont déficitaires pour un montant moyen d’environ 2 Mds d’euros. Les soldes relatifs à ces deux types de services se dégradent en 2015-2016 avant de connaître une légère amélioration depuis.
En revanche, le solde des services scientifiques et informatiques connaît une baisse significative, passant d’un excédent de près de 4 Mds d’euros en 2013 à un déficit fin 2019
(-0,6 Md d’euros), en lien vraisemblablement avec les mouvements d’entreprises françaises qui délocalisent leurs services de support informatique à l’étranger (back-office …).
De fortes spécificités sectorielles et géographiques
Une analyse basée sur les déclarations à la Banque de France des grandes entreprises permet d’identifier les domaines d’activité à l’origine de ces flux. Les filières de la mode et du luxe, de l’automobile ainsi que ceux du conseil et des transports contribuent positivement au solde de la BPT (cf. graphique 3) : chacune affiche un excédent relativement stable avec une moyenne d’environ un milliard d’euros, selon les années. La filière automobile est exportatrice nette de services de R&D.
À l’inverse, les filières pharmaceutiques, de l’aéronautique et dans une moindre mesure des télécoms présentent un déficit significatif. Les importations nettes de la filière aéronautique s’élèvent à environ 3 Mds d’euros par an sur la période étudiée. L’aéronautique, qui est par ailleurs exportatrice nette de biens et qui a conservé des centres de production en France, réintègre donc dans ses exportations de biens ces services de technologie achetés à l’étranger. C’est le cas également de la pharmacie qui, bien qu’importatrice nette de ces services, est exportatrice nette de biens.
Enfin, les télécommunications qui ont été fortement impactées par des restructurations au cours des dernières années, ont finalement vu leur déficit, légèrement inférieur à 1 Md d’euros, rester relativement stable sur la période étudiée.