Discours

La finance non bancaire : des contours flous, des risques croissants, un encadrement réglementaire lacunaire

Les intervenants

Agnes Benassy Quere intervention

Agnès Bénassy-Quéré , Seconde sous-gouverneure de la Banque de France

21 Novembre 2023
Agnes Benassy Quere intervention

Présentation d’Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France sur la finance non bancaire à l’AEFR, le 21 novembre 2023

Le 21 novembre 2023, Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France est intervenue sur le thème de la finance non bancaire dans le cadre d’une matinale de l’Association Europe Finances Régulation (AEFR). L’intitulé exact de son intervention étant « La finance non bancaire : des contours flous, des risques croissants, un encadrement réglementaire lacunaire ».

Alors que la finance non bancaire représente presque la moitié du total des actifs financiers mondiaux et contribue de façon importante au financement de l’économie réelle, la connaissance de ce secteur est encore très imparfaite et ses connexions avec le système bancaire traditionnel sont parfois mal identifiées.

Définir par la négation (non bancaire) est une première étape, mais il est nécessaire de catégoriser et d’analyser plus finement ce vaste ensemble regroupé sous l’appellation anglaise de Non-bank financial institutions ou intermediaries (NBFI). Certains de ces acteurs sont déjà régulés, généralement dans une logique de protection des investisseurs (assurances, fonds de pension, véhicules d’investissement collectifs). Dans une optique de stabilité financière, il est impératif d’approfondir notre compréhension des interactions entre ces différents acteurs et leurs interconnexions avec le reste du système financier (en particulier bancaire).

De récents chocs (Covid-19, chute du family office Archegos, dysfonctionnements sur les fonds liability-driven au Royaume-Uni, etc.) ont mis en évidence d’importantes vulnérabilités dans ce secteur. L’usage excessif du levier, une gestion inadaptée du risque de liquidité, ou encore de fortes interconnexions au sein du système financier expliquent en grande partie comment les acteurs de la NBFI ont pu amplifier et transmettre ces tensions. Les outils réglementaires existants n’ont pas permis de contenir adéquatement ces chocs. Depuis mars 2020, de nombreux travaux ont été engagés aux niveaux international (FSB, IOSCO, etc.) et européen (ESMA, ESRB, Commission européenne) pour combler les lacunes identifiées dans le cadre réglementaire. Cependant, les travaux conduits jusqu’à présent se sont concentrés sur des mesures axées sur la protection des investisseurs ou microprudentielles. Une approche macroprudentielle, incluant potentiellement des outils à la main des autorités, peut être explorée dans les années à venir.

Compte tenu de la croissance de la finance non bancaire au cours des dernières années et de l’ampleur des actifs financiers concernés, les risques pour la stabilité financière globale doivent désormais être considérés comme systémiques. La nécessité de mieux les encadrer n’en est que plus manifeste, tout en tenant compte de l’hétérogénéité des activités regroupées au sein de ce secteur et des différences parfois importantes entre juridictions. 

Vous pouvez visionner l’enregistrement vidéo de l’intervention et télécharger le support de présentation ci-dessous.

Matinale de l'AEFR sur la finance non-bancaire - Agnès Bénassy-Quéré

Enregistrement vidéo de la la matinale de l'AEFR sur la finance non bancaire