Enquête sur l’accès des entreprises au financement : les conditions d’octroi des prêts se sont durcies

  • Les entreprises ont fait état d’une poursuite du durcissement net des taux d’intérêt sur les prêts bancaires et d’autres conditions d’octroi de prêt relatives à des facteurs tarifaires et non tarifaires
  • Les entreprises ont signalé une légère augmentation de leurs besoins de financement, tandis que la disponibilité des prêts bancaires est restée globalement inchangée, avec toutefois des différences notables entre les PME et les grandes entreprises
  • Les entreprises s’attendent à une plus faible augmentation des prix de vente, des coûts des intrants hors main-d’œuvre et des anticipations relatives aux salaires
  • Les anticipations d’inflation à un, trois et cinq ans sont restées largement stables
     

Mise en ligne le 20 Juillet 2026

Dans la dernière campagne de l’enquête sur l’accès au financement des entreprises (SAFE), qui couvre le deuxième trimestre 2026, les entreprises de la zone euro ont fait état d’une forte hausse nette des taux d’intérêt sur les prêts bancaires (un pourcentage net de 42 %, après 26 % le trimestre précédent). Une hausse similaire a été observée pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les grandes entreprises. Dans le même temps, un pourcentage net de 31 % des entreprises (après 37 % le trimestre précédent) ont fait état d’augmentations des autres coûts de financement (c’est-à-dire les charges, frais et commissions) et des exigences en matière de garanties (soit un pourcentage net de 10 %, après 14 % au premier trimestre 2026) (graphique 1).

Dans cette campagne d’enquête, les entreprises ont fait état d’une légère augmentation des besoins de financement en prêts bancaires (un pourcentage net de 2 % des entreprises, après 0 % au premier trimestre 2026), accompagnée d’une disponibilité de ces prêts globalement inchangée (un pourcentage net de – 1 %, contre – 3 % au quatrième trimestre 2026). Les PME comme les grandes entreprises ont fait état de besoins de financement légèrement plus élevés, même si la disponibilité des prêts affiche des profils d’évolution divergents, avec une hausse pour les grandes entreprises (4 % en valeur nette) et une baisse pour les PME (– 4 % en valeur nette). Par conséquent, l’écart de financement pour les prêts bancaires – un indice rendant compte de la différence entre le besoin et la disponibilité des prêts bancaires – est resté positif et a légèrement augmenté à 3 %, après 2 % au trimestre précédent (graphique 2). À plus long terme, les entreprises sont moins nombreuses qu’auparavant à s’attendre à une détérioration de la disponibilité des financements externes.

Les entreprises ont continué d’estimer que les perspectives économiques générales sont le principal frein à la disponibilité du financement externe (soit un pourcentage net de 29 %, contre 26 % lors de la précédente campagne d’enquête), mais ont indiqué de nouvelles améliorations de la volonté des banques à consentir des prêts (un pourcentage net de 6 %, après 5 %). Dans cette campagne d’enquête, un pourcentage net de 10 % des entreprises ont indiqué s’attendre à ce que leurs perspectives propres à l’entreprise aient un effet plus négatif, en termes de chiffre d’affaires et de bénéfices, sur la disponibilité des financements externes (après 8 % lors de la précédente campagne).

En moyenne, les entreprises s’attendent à une augmentation plus modérée des prix de vente, des coûts des intrants hors main-d’œuvre et des anticipations relatives aux salaires au cours des 12 prochains mois (graphique 3). Les entreprises prévoient une hausse des prix de vente de 3,2 % (après 3,5 %), tandis que les coûts des intrants hors main-d’œuvre, énergie comprise, devraient augmenter de 5,2 % (après 5,8 %). Les anticipations relatives aux salaires se sont légèrement modérées et devraient augmenter de 2,5 %, contre 2,8 % le trimestre précédent (graphique 3). 

Dans cette campagne d’enquête, les anticipations d’inflation des entreprises sont restées globalement inchangées tandis que la dispersion des anticipations à court terme s’est réduite. Les anticipations médianes d’inflation à un an et à trois ans se sont établies à 3,0 % (inchangées), tandis que les anticipations médianes d’inflation à cinq ans ont légèrement augmenté pour ressortir à 3,1 % (contre 3,0 % au trimestre précédent) (graphique 4). L’évaluation des risques pesant sur les perspectives d’inflation à cinq ans des entreprises est restée globalement inchangée, la part de celles faisant état de risques à la hausse s’établissant à 65 %.
 

Mise à jour le 20 Juillet 2026