Les CFOs sont des juridictions qui développent des activités financières orientées vers les non-résidents, sans commune mesure avec la taille de l’activité domestique. Seule une partie d’entre eux constituent des paradis fiscaux, qui en raison de leur opacité, permettent d’éviter l’impôt et facilitent le financement des activités illégales. Les listes dépendent de l’usage qui en est fait. La France et l’Union Européenne publient la liste noire des paradis fiscaux qui ne coopèrent pas en matière fiscale. Dans la cadre de son action lancée en 2000 pour plus de transparence et de coopération fiscale, le FMI a publié une liste des CFOs pour la dernière fois en 2008.
Les avantages pour les groupes internationaux à conduire des opérations financières à partir des CFOs font, de nombre d’entre eux, des hubs financiers dont la surveillance par les autorités est indispensable à la stabilité financière globale. La diffusion du LEI dans les CFOs facilite cette surveillance, car elle permet d’avoir une information à jour sur les organismes, parties aux transactions financières, qui y sont localisés.
Le LEI apporte une information à jour sur la structure des groupes
Le LEI est un code alphanumérique à 20 positions qui identifie les entités légales, financières ou non financières. Le Global LEI System (GLEIS) assure la gouvernance, l’attribution et la publication des LEI. Le G20 a souhaité sa création après la faillite de Lehmann Brothers pour faciliter l’identification des contreparties aux transactions financières. Par rapport aux identifiants nationaux, il a l’avantage de l’unicité mondiale, de la transcription en alphabet romain et de la mise à jour annuelle des informations attachées (nom, adresse, forme juridique). En outre, parmi les éléments descriptifs collectés pour une inscription ou un renouvellement, les entités déclarent le LEI de leurs parents directs et ultimes au sens de la consolidation comptable. Lorsque ces parents ne sont pas des personnes physiques et qu’il existe un actionnaire majoritaire astreint à publier des comptes consolidés, on peut reconstituer la structure entière du groupe et localiser ses différentes filiales, y compris dans les CFOs. On peut ainsi distinguer les transactions financières intragroupes des autres transactions qui passent par ces hubs financiers internationaux.
Si les CFOs n’imposent pas eux-mêmes à leurs entités résidentes d’avoir un LEI, l’obligation peut résulter des réglementations prises dans d’autres juridictions. Depuis 2018 par exemple, le règlement européen sur les marchés et les instruments financiers (MIFIR) impose un LEI pour émettre, acheter ou vendre tout produit financier sur une plateforme de négociation européenne. Les entités localisées dans les CFOs, même hors d’Europe, sont ainsi obligées d’avoir un LEI si elles veulent réaliser une transaction sur produit financier en Europe. Entre fin 2016 et fin 2018, la progression des LEI à jour est de 333% dans les CFOs contre 160% au total.
Le graphique 2 montre l’impact de la mise en œuvre de MIFIR sur les demandes de LEI dans les CFOs, y compris hors Union européenne. à fin décembre 2020, il y a plus de 1,7 million de LEI et 20% sont enregistrés dans un CFO.