En 2016, l’économie française est encore en phase basse du cycle. Par rapport aux cycles traditionnels, cette phase basse est particulièrement longue, avec 8 ans de bas cycle. Ceci correspond aux conséquences traditionnelles des crises financières, dont les effets négatifs sur la demande sont particulièrement longs à se résorber (cf. Reinhart et Rogoff, 2009).
L’écart de production négatif signifie qu’il reste des marges de croissance à l’économie française, mais celles-ci sont limitées, à environ un point et demi du PIB potentiel, et se réduisent progressivement. En effet, selon les prévisions de la Banque de France de juin 2017, le taux de croissance effectif dépasserait le taux de croissance potentiel et amène le PIB effectif à se rapprocher du PIB potentiel d’ici 2019 (écart de production de ½ % en 2019). Cette accélération de la croissance effective est notamment alimentée par la stimulation de politique monétaire de l’Eurosystème (Marx, Nguyen et Sahuc, 2016).
Si la croissance potentielle reste proche de 1,2%, l’économie française se trouvera face à des défis majeurs pour assurer le financement de son système de protection sociale et la soutenabilité de sa dette publique. Pour relancer durablement la croissance, il est nécessaire de relever la croissance potentielle.
Pour cela, des réformes structurelles doivent être menées. Une étude la Banque de France (Cette et al, 2016) montre ainsi que l’adoption des pratiques des trois meilleurs pays de l’OCDE pour la réglementation du marché des biens, des services et de l’emploi par la France permettrait d’augmenter le PIB potentiel de 6%. Le PIB potentiel sera en effet plus élevé si trois facteurs se conjuguent : si le taux d’emploi, notamment pour les jeunes et les séniors, est plus élevé ; si la population active a des compétences mieux adaptées aux besoins de l’économie française par un effort de formation, initiale ou professionnelle, accru ; et si l’investissement est stimulé par des conditions structurelles plus favorables ou si les ressources en travail et en capital sont allouées aux entreprises les plus performantes.
Des réformes ambitieuses de l’éducation, de la formation professionnelle, du droit du travail ou de la concurrence permettraient d’atteindre ces objectifs, notamment en permettant à la France de bénéficier pleinement de l'accélération possible de la productivité grâce aux progrès de l'économie numérique.