Ainsi, hors la parenthèse de 2010, la construction a connu une récession depuis le début de la crise économique et financière de 2008, en fort contraste avec le dynamisme du secteur au début des années 2000. La baisse de l'investissement en construction ne s'est arrêtée que très récemment, en 2016. Mais aujourd'hui, en part du PIB, l'investissement en construction (y compris l'investissement en logement) est à son plus bas niveau depuis trente ans, à 11%, alors que l'investissement hors construction est quant à lui à son plus haut niveau (10%).
Le cycle de la construction et la différence de croissance France-Allemagne
Le cycle de la construction est important pour comprendre la singularité de la croissance française depuis 2011, en particulier en comparaison avec l’Allemagne où la construction n'a pas connu de crise récente comparable. Entre 2011 et 2015, plus de 40% de la différence de croissance entre la France et l’Allemagne s’explique par la différence de contribution de l’investissement en construction. Ainsi, alors que l’Allemagne affiche un taux de croissance moyen de 1,6% entre 2011 et 2015 (contre 0,9% pour la France), la contribution moyenne de l'investissement en construction à la croissance allemande s’élève à 0,2 points de pourcentage (contre -0,1 point pour la France). Par conséquent, l’écart de croissance moyen constaté entre la France et l’Allemagne, entre 2011 et 2015, serait réduit de moitié si l’on excluait les contributions à la croissance de l’investissement en construction dans ces deux économies. De manière symétrique, entre 2000 et 2005, lorsque la croissance française demeurait supérieure à celle de son partenaire allemand, plus de 70 % de cette différence était imputée à la contribution de l’investissement en construction, plus dynamique en France.
Conséquences pour l'emploi
La chute de l’investissement en construction est un phénomène majeur du cycle économique français des dernières années. Il s’est traduit par une chute brutale de la valeur ajoutée et de l’emploi dans la branche construction. La valeur ajoutée dans le secteur de la construction (hors services liés à la construction) a ainsi reculé de 19% depuis la crise. Le taux de croissance annuel des emplois dans le secteur de la construction a été systématiquement négatif depuis 2008 alors qu'il était positif au début des années 2000 (voir graphique 3).
Au contraire, l’emploi dans les services avait retrouvé dès 2010 des taux de croissance positifs et – pour certaines années – une dynamique proche de celle des années 2000. Dans l’industrie, le taux de croissance des emplois est négatif mais il l’était déjà avant la crise : depuis 2011, le taux de croissance des emplois dans l’industrie est même devenu plus proche de zéro. C'est donc bien dans la branche construction que la dynamique de l'emploi a été la plus différente entre les années pré-crise et les années post-crise.