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L’utilisation des espèces en France et dans la zone euro

Les billets et les pièces demeurent le principal instrument de paiement en volume. Par ailleurs, leur fonction de réserve de valeur explique la demande soutenue de monnaie fiduciaire à des fins d’épargne de précaution.

Utilisation des espèces dans les transactions

Globalement, les billets et les pièces représentent plus de 50 % des transactions dans la plupart des pays de l’OCDE, avec toutefois des disparités importantes selon les pays.

Sur la base d’une enquête auprès des ménages en 2016 (total agrégé de 92 080 participants et 198 600 transactions), l’Eurosystème a publié fin 2017 un rapport sur les habitudes de paiement des particuliers dans la zone euro. Les résultats de cette étude, intitulée “Study on the Use of Cash by Households in the euro area » (SUCH), montrent que les espèces sont l’instrument de paiement le plus utilisé dans la zone euro. En effet, elles représentent 79% du nombre total des achats réalisés en magasin et 54% de la valeur de ces paiements. Bien qu’exprimant une préférence pour les paiements par carte (66%), les Français règlent deux tiers de leurs transactions en magasin en espèces (68%). Il s’agit principalement d’achats de faible montant (28% des paiements en valeur), ce qui confirme la position des espèces en France dans le règlement des petits achats du quotidien.

L’ensemble des résultats de cette enquête est disponible sur le site internet de la BCE (https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/scpops/ecb.op201.en.pdf)


La part de marché des billets et des pièces dans les transactions tend à décliner. La France se distingue en particulier par une forte utilisation des moyens de paiement scripturaux. Ainsi, le nombre moyen de transactions en monnaie scripturale par habitant et par an était en 2014 de 287, contre 202 en moyenne dans les pays de la zone euro et dans l'Union européenne.

La carte bancaire représente près de 50% des paiements scripturaux en France, et sa part progresse plus vite que celle des autres moyens de paiements (espèces, chèques, virements ou prélèvements).

Utilisation des espèces comme réserve de valeur

Au-delà de sa fonction de transaction, le billet exerce une fonction de réserve de valeur. Le billet ne serait ainsi détenu qu’à hauteur de 35 à 40 % pour un motif de transaction selon la plupart des études conduites sur le sujet. Cette détention de liquidités répond à un besoin de sécurité, les agents économiques faisant le choix de conserver de l’argent à des fins de précaution afin de se prémunir des aléas futurs, particulièrement en période d’incertitudes économiques ou de troubles politiques.

Cette utilisation des espèces à des fins de thésaurisation est notamment portée par une demande internationale dynamique. En effet, la BCE estime ainsi aujourd’hui à 25% la part en valeur  des billets en euros détenus hors zone euro.  A minima, les données fournies par les banques internationales confirment que les envois nets de billets en euros en dehors de la zone euro représentent environ 180 milliards d’euros, soit près de 17% de la circulation fiduciaire en euros. C’est un plancher car ces flux n’incluent pas tous les canaux de sorties des billets, comme les flux incombant aux touristes ou aux travailleurs étrangers.

Mis à jour le : 20/04/2018 09:08