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Stratégie

Le Changement climatique est au cœur de notre plan stratégique "Construire Ensemble 2024"

Le changement climatique est l’un des 6 défis majeurs identifiés lors de l’élaboration de notre plan stratégique, à partir d’une démarche collective et prospective. Le plan "Construire ensemble 2024", adopté en 2021, vise ainsi à renforcer notre capacité à exercer nos missions (assurer la stabilité monétaire, la stabilité financière, et les services à l’économie et à la société), en prenant en compte les conséquences de ces défis majeurs : il liste 30 actions nouvelles prioritaires articulées autour de 4 objectifs stratégiques ; le quatrième objectif est consacré à notre performance interne durable.

 

Au total, 5 actions sont dédiées à des chantiers prioritaires, permettant de préparer l’institution aux risques physiques et de transition liés au changement climatique :

  • Adapter les opérations de politique monétaire aux risques climatiques
  • Amplifier la prise en compte du risque climatique par le secteur financier
  • Évaluer l’intégration des risques climatiques dans la cotation des entreprises
  • S’engager activement vers la neutralité carbone
  • Viser la sobriété numérique dans tous nos usages

Les livrables de ces 5 actions sont suivis par des indicateurs détaillés dans le chapitre « Métriques et cibles ».

 

La Banque est par ailleurs engagée dans une démarche RSE depuis de nombreuses années. Elle a en particulier lancé une politique ambitieuse d’investisseur responsable en 2018 avec la publication d’une Charte d’investisseur responsable qu’elle entend approfondir.

 

La stratégie de la Banque de France s’inscrit dans le cadre des cibles ambitieuses de réduction des émissions carbone adoptées par l’Union européenne, avec pour objectif de restreindre ses niveaux d’émissions de 55 % d’ici 2030 (par rapport à ceux de 1990) et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. L’Eurosystème contribue largement à cette dynamique, et vise à aligner ses actions sur les progrès de la politique et des initiatives de l’UE en la matière.

 

Pour aller plus loin…

… Plan stratégique "Construire ensemble 2024" : https://www.banque-france.fr/la-banque-de-france/nous-connaitre/plan-strategique-construire-ensemble-2024 

Le risque climatique au cœur des mandats de la Banque de France et de l’ACPR

Les risques associés au changement climatique, qu’ils soient physiques ou de transition, sont une source de risque financier. Banques centrales et superviseurs doivent donc le prendre en compte et contribuer à son atténuation, dans le cadre de leurs mandats, avec un impact déterminant sur le développement et la promotion de la finance durable. L’ensemble des missions de la Banque de France sont donc concernées, qu’il s’agisse de la stratégie monétaire, la stabilité financière ou encore des services à l’économie et à la société. La Banque exerce en outre une stratégie d’influence pour favoriser le verdissement du secteur financier. Enfin, en tant qu’entreprise, elle poursuit un objectif de performance durable qui se transcrit dans la gestion de ses investissements pour compte propre et dans la gestion de ses moyens.

 

Une stratégie climat bâtie sur les risques et opportunités liés au changement climatique

Stratégie monétaire

Stabilité financière

Services à l'économie et à la société

Performance durable

Action 3 

 

Adapter les opérations de politique monétaire aux risques climatiques

 

 

Influence sur la revue stratégique de la politique monétaire de la BCE, notamment sur le volet climat

 

Participation au premier exercice de test de résistance climatique appliqué au bilan de l'Eurosystème 

 

Mieux intégrer la transition climatique dans l'évaluation des risques pesant sur la stabilité des prix

 

Incorporer une dimension climatique dans les modèles macroéconomiques et conduite d'analyses de scénarios

 

Incorporer le risque climatique dans les opérations de politique monétaire

Action 11

 

Amplifier, notamment via le NGFS, la prise en compte du risque climatique par le secteur financier

 

 

Promouvoir la coopération internationale entre banques centrales et superviseurs, notamment au travers de la tenue du secrétariat du NGFS

 

Adapter la méthodologie ACPR de tests de résistance climatique au niveau européen

 

Poursuivre le suivi des engagements climatiques des établissements français

 

Promouvoir la publication de plans de transition par les établissements financiers

 

Inclure les risques climatiques dans les exigences prudentielles, en maintenant une approche fondée sur les risques

 

Mieux évaluer l'impact financier des risques liés à la nature

EDUCFI : Conduire des actions de formation et de sensibilisation sur la finance durable auprès du public

 

Action 12

 

Évaluer l’intégration
des risques
climatiques dans
la cotation des
entreprises

 

 

Développer un prototype d’indicateur, évaluant la situation d’une entreprise au regard de son exposition et sa maîtrise des risques climatiques

Aligner la poche action des portefeuilles adossés à ses fonds propres et aux engagements retraite sur une trajectoire 2 °C, progressivement abaissée à 1,5 °C

 

Action 22

 

S’engager activement vers un objectif de neutralité carbone

 

 

Engager activement la Banque de France sur une trajectoire de neutralité carbone en fixant des objectifs cibles intermédiaires à 2024 et 2030

 

Former les collaborateurs de la Banque sur les enjeux climatiques et l’empreinte environnementale

 

Action 23

 

Viser la sobriété numérique dans tous nos usages

… pour la stabilité monétaire

Le climat figure au cœur du mandat monétaire par les effets qu’il produit sur la stabilité des prix. La transition vers une économie bas carbone, en raison notamment de la mise en place de politiques de transition et d’évolutions technologiques, peut se répercuter sur l’activité et les prix – à commencer par ceux de l’énergie. Outre les risques de transition, les évènements extrêmes liés au dérèglement climatique ont des effets de plus en plus visibles dès aujourd’hui sur l’activité économique et les prix, notamment alimentaires.

 

La Banque de France s’inscrit donc en soutien de la stratégie de l’Eurosystème pour une meilleure prise en compte des enjeux climatiques dans la politique monétaire. Cela passe par une meilleure intégration de la transition climatique dans l’évaluation des risques pesant sur la stabilité des prix, notamment dans les modèles macroéconomiques, et par le recours à des analyses de scénarios climatiques.

… pour la stabilité financière

Au titre de leurs mandats de stabilité financière, la Banque de France et l’ACPR agissent afin de mieux connaître l’exposition des secteurs bancaire et de l’assurance français à ces risques et de s’assurer qu’ils soient en mesure d’y faire face. En tant que superviseur micro et macroprudentiel, les principaux risques liés au changement climatique sont les risques climatiques portés par les établissements français. Ces risques doivent tout d’abord être mieux évalués, grâce à la vision prospective à long terme offerte par les tests de résistance appliqués aux banques et aux sociétés d’assurance. La question des exigences de fonds propres supplémentaires pourrait être posée une fois que l’ensemble de ces risques sera connu, aux niveaux français et européen, et complété par la publication de plans de transition des établissements.

 

La Banque de France et l’ACPR cherchent en priorité à standardiser et fiabiliser les tests de résistance climatiques pour généraliser leur usage comme outils de supervision. L’appréciation des risques financiers posés par le changement climatique nécessite également de renforcer la collaboration avec le monde académique en adoptant une approche pluridisciplinaire sur les enjeux plus particulièrement pertinents pour le secteur financier. Le champ des risques étudiés devra progressivement s’étendre aux impacts des risques liés à la nature et à la perte de biodiversité (au-delà du risque climatique) pour le secteur financier.

… pour les services à l’économie et à la société

La cotation des entreprises est une appréciation par un expert de la Banque de France de leur trajectoire financière à court et moyen terme. Elle a concerné plus de 300 000 entreprises en 2021. L’évaluation du risque de défaut est réalisée en mettant l’accent, au-delà de l’exploitation des états financiers, sur l’identification des aspects prospectifs pouvant influer sur la situation des entreprises. La Banque de France a engagé des travaux pour mieux prendre en compte les risques climatiques dans l’évaluation du risque de défaut des entreprises. Celles-ci se préparent à la transition énergétique, adaptent leur modèle d’affaires et s’organisent pour répondre aux demandes du marché et des régulateurs en termes de publication renforcées d’informations extra-financières, notamment avec la mise en œuvre de la directive CSRD à partir de fin 2024 pour les grandes entreprises. Aussi la cotation devra-t-elle évoluer et refléter ces changements pour rester un indicateur fiable de la situation économique et financière des entreprises. À ce titre, un prototype d’indicateur climat, évaluant la situation d’une entreprise au regard de son exposition et sa maîtrise des risques climatiques, sera réalisé pour usage interne à la fin de l’année 2022. 

 

Depuis 2016, la France s’est dotée d’une stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière (EDUCFI). La Banque de France a été désignée opérateur national, responsable de la mise en œuvre de cette stratégie. L’EDUCFI consiste en des actions d’information ou de formation visant à permettre à chacun d’améliorer ses connaissances pratiques sur des sujets financiers. La lutte contre le changement climatique fait partie des thèmes traités lors d’interventions auprès de publics étudiants et dans les ressources mises à disposition des publics, notamment via les ABC de l’économie dédiés à la finance verte, la finance responsable ou la responsabilité sociale d’entreprise.

 

Pour aller plus loin…

... ABC de l’économie sur la finance durable : La finance durable | Banque de France (banque-france.fr)

 

... ABC de l’économie sur la finance verte : La finance verte | Banque de France (banque-france.fr)

 

... ABC de l’économie sur les obligations vertes : Obligation verte | Banque de France (banque-france.fr)

 

... ABC de l’économie sur la taxonomie verte européenne : La taxonomie verte européenne | Banque de France (banque-france.fr)

 

... ABC de l’économie sur la finance responsable : Finance responsable | Banque de France (banque-france.fr)

 

... ABC de l’économie sur la responsabilité sociétale des entreprises : Responsabilité sociétale des entreprises | Banque de France (banque-france.fr

Encourager le verdissement du système financier

Le changement climatique et les politiques mises en place pour assurer une transition vers une économie bas carbone conduisent à une transformation fondamentale de l’économie. La Banque de France, en tant qu’institution publique, participe à l’adoption et à la mise en place d’un cadre réglementaire adapté, pour pouvoir continuer à assurer ses missions. Au titre de son positionnement au sein de l’écosystème financier, et au cœur de l’économie française et européenne, la Banque de France peut également utiliser son influence pour favoriser le verdissement du secteur financier, au niveau national comme international.

 

La Banque de France considère notamment comme un chantier prioritaire la poursuite de son investissement au service du NGFS, qui produit des travaux de référence au niveau international sur les modalités d’intégration des risques climatiques par les banques centrales et les superviseurs. La Banque de France, membre fondateur, en assure le secrétariat, en mettant à disposition une quinzaine d’agents et en accueillant des experts détachés d’institutions membres du NGFS.

 

L’analyse des risques financiers liés au changement climatique crée un besoin de données homogènes et comparables sur les performances des entreprises. La Banque de France et l’ACPR contribuent au processus d’élaboration d’un cadre de reporting extra-financier aux niveaux européen et international. Elles promeuvent des standards européens de publication (disclosure) des expositions au risque climatique transposables au niveau international, ainsi que leur bonne application au niveau national.

 

En tant qu’investisseur, la Banque de France peut également contribuer au développement des marchés financiers verts. En effet, les besoins de financement liés à la transition climatique sont massifs : au moins 350 milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an sont nécessaires pour atteindre l’objectif européen d’ici 2030. La démarche d’investissement responsable engagée par le Banque de France dès 2018 sur une partie de ses portefeuilles lui permet d’illustrer la manière dont un investisseur peut mettre en œuvre une telle démarche, et peut donc avoir un effet d’entraînement sur la communauté de banques centrales et les investisseurs de manière plus générale; elle permet également à la Banque de mieux appréhender les enjeux concrets et les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre d’une telle approche, enrichissant ainsi sa contribution aux réflexions nationales et internationales sur les moyens de favoriser le verdissement du système financier.

 

L’activité de recherche est déterminante afin de mieux comprendre les enjeux financiers liés aux effets du changement climatique, mais aussi pour explorer des pistes relatives à la prise en compte de ces enjeux dans les activités de la Banque de France et de l’ACPR. Le réseau interne « Recherche climat » développe un agenda de recherche ambitieux réunissant des chercheurs de l’ensemble des directions générales. Plus d’une cinquantaine de travaux de recherche sont conduits en interne. La Banque de France propose en outre depuis 2019 un prix récompensant des jeunes chercheurs travaillant sur la finance verte.

 

Pour aller plus loin…

… sur les travaux de recherche liés au climat au sein de la Banque de France : https://www.banque-france.fr/la-recherche-de-la-banque-de-france-sur-le-changement-climatique-et-la-finance-verte

 

… sur le NGFS : https://www.ngfs.net/en/about-us/governance/general-information

Un objectif interne de performance durable

En complément de ses missions de banque centrale et de superviseur, la Banque de France agit également au titre de sa responsabilité d'entreprise, dans un objectif de performance durable, pour prendre en compte les risques liés au changement climatique sur ses activités propres et réduire l'impact de ses opérations physiques et de ses investissements sur le climat. La Banque mène depuis de nombreuses années une politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE). Elle met la priorité aujourd’hui sur ses actions en tant qu’entreprise, en complément de ses missions de banque centrale et de superviseur.

 

La Banque s’engage activement pour la neutralité carbone avec une démarche de réduction significative de ses propres émissions de GES (gaz à effets de serre), en fixant des objectifs cibles intermédiaires à 2024 et 2030 (jalon en cours de définition). Cette action ambitieuse passe par la poursuite de l’effort de réduction entamé depuis 2014 et propose un nouveau jalon à 2024 décisif pour l’atteinte de cet objectif, avec une réduction des émissions de GES d’au moins 10% à 2024 par rapport à 2019 sur son périmètre opérationnel. Elle repose également sur une stratégie climat cohérente avec l’Accord de Paris en actionnant tous les leviers d’action possibles, dont la définition d’une trajectoire bas carbone avec le jalon 2030. Elle intègre par ailleurs le développement de nouveaux outils nécessaires au pilotage robuste et granulaire de ces dimensions.

 

La Banque de France suit également le niveau d’exposition de ses portefeuilles de fonds propres et adossés aux engagements retraite aux risques liés au changement climatique. Elle rend compte de l’évolution de son exposition à ces risques dans un rapport dédié, en ayant recours à des mesures de risques de prestataires externes. Le rapport d'investissement responsable de la Banque de France fournit plus de détail sur les risques identifiés.

 

La Banque de France s’est également engagée sur la formation de l’ensemble de ses collaborateurs avec le développement et le déploiement de programmes de formation destinés à améliorer la compréhension par son personnel des questions liées au climat et, plus largement, des questions relatives à la durabilité. Elle s’est fixé comme objectif, lors de la COP26, d’avoir formé au moins 50% de l’ensemble de son personnel d’ici 2024.

 

Pour aller plus loin…

... sur la politique de responsabilité sociale et environnementale à la Banque de France (rapport annuel, p.83-97) : Banque de France – Rapport annuel 2021 (banque-france.fr)

Pour aller plus loin…

… Interview du Gouverneur de la Banque de France sur le risque climatique comme source de risque financier : https://www.banque-france.fr/intervention/lexpress-le-risque-climatique-fait-partie-du-risque-financier

… sur le cadre du soutien de l’Eurosystème aux politiques climat de l’Union européenne : https://www.ecb.europa.eu/home/search/review/html/ecb.strategyreview_monpol_strategy_overview.en.html

… sur le Plan stratégique 2024 de la Banque de France : Plan stratégique Construire Ensemble 2024 | Banque de France (banque-france.fr)

 

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Mis à jour le : 30/11/2022 10:48