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Interview de François Villeroy de Galhau Gouverneur de la Banque de France - Sud-Ouest – Pages locales

 

Interview de François Villeroy de Galhau – Gouverneur de la Banque de France

SUD-OUEST – Pages locales– 19 octobre 2018

« Trois missions clés »


 

Le gouverneur de la Banque de France est à Pau aujourd’hui. Un personnage clé de notre économie qui explique son rôle et celui de la banque.

Il sera à Pau et à Bayonne vendredi pour rencontrer les équipes des succursales de la BDF (une vingtaine d'agents à Pau et un peu plus à Bayonne), les patrons de TPE et PME et des élus. Enfin, il donne une conférence à l'IAE, puis va à l'Aviron bayonnais car un des collaborateurs a créé une section de handi pelote.

Romain Bely-SUD-OUEST : Quelles sont les missions de la Banque de France ?

François Villeroy de Galhau : Nous avons trois grandes missions sur le plan national. D'abord assurer la confiance dans la monnaie, l'euro. Ensuite la mission de surveillance des banques et assurances – encore plus importante depuis la crise. Et enfin, grâce au réseau sur le terrain, les services aux ménages et aux entreprises, notamment ceux qui en ont le plus besoin. Nous travaillons par exemple contre le surendettement des ménages et pour la limitation de leurs frais bancaires. 

Vous évoquez une supervision. Quels sont vos leviers pour résorber une banque ou un assureur en péril ?

D'abord, les banques et assureurs français sont solides. C'est un vrai atout de la France qui est là-dessus une référence en Europe. Nous n'avons pas eu à gérer la faillite d'une banque. Cela tient à tout le travail effectué en amont : avant qu'une banque soit en difficulté, il convient de bien la contrôler de manière indépendante et compétente. Ce contrôle est largement européen depuis 2014. Ensuite, si des difficultés sont identifiées, nous demandons des degrés de sécurité supplémentaires, notamment un niveau de capital plus important. Si une situation de difficulté grave se présentait, et je ne pense pas que ce sera le cas en France, il faudrait être capable de mobiliser du capital, des actionnaires ou d'autres intervenants privés. Les nouvelles règles adoptées depuis la crise augmentent les possibilités de renflouement des banques par des intervenants privés et non les contribuables.

Quel rôle jouez-vous auprès des TPE et PME?

Nous sommes responsables de la médiation du crédit, c'est à dire le règlement de blocages entre les entreprises qui sollicitent un crédit et leur banque. Si un chef d'entreprise a une difficulté avec sa banque pour obtenir un crédit, qu’il n’hésite pas à s'adresser au directeur départemental de la Banque de France. Dans les 2/3 des cas, nous arrivons à une solution. En amont de ces situations, nous avons désormais dans chaque succursale un correspondant TPE qui joue un rôle d'information et formation sur les questions de financements.

Votre maillage territorial permet cet accompagnement aujourd'hui. Sera-t-il encore possible à l'avenir alors que vous aurez réduit vos effectifs de 20 % entre 2015 et 2020 ?

Nous allons maintenir notre présence dans chacun des départements de Nouvelle-Aquitaine, même si au fur et à mesure des départs à la retraite, il nous appartient de gagner en efficacité. La Banque de France contribue beaucoup au budget de l’État : 5 milliards de recettes l'année dernière. Comme il s’agit de l'argent public, nous devons le gérer le mieux possible. Tout cela se fait sans diminuer notre présence, et même en augmentant nos services, avec par exemple le dispositif des correspondants TPE et l'éducation financière des publics en partenariat avec l'Éducation nationale et les associations. Il s'agit notamment d’aider les familles défavorisées à gérer leur budget.

Quelle est la situation du surendettement en France ?

Il y a une bonne nouvelle : nous voyons arriver moins de dossiers. Moins 23 % entre 2014 et 2017 et moins 10 % encore cette année. C'est en partie l'effet de la loi Lagarde sur le crédit renouvelable. 

Vous intervenez à la Banque centrale européenne. La BCE a indiqué qu’elle envisageait un relèvement progressif des taux d’intérêts en 2019. En bout de chaîne, les taux de crédits immobiliers vont remonter ?

Ces taux sont aujourd’hui très bas, a fortiori quand on déduit l’inflation. La tendance pour l’avenir sera au un relèvement. Mais cela sera très progressif et les taux resteront favorables.

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InterviewFrançois VILLEROY DE GALHAU, Gouverneur de la Banque de France
Interview de François Villeroy de Galhau Gouverneur de la Banque de France - Sud-Ouest – Pages locales
  • Publié le 19/10/2018
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