En 2025, le solde des transactions courantes est déficitaire, à – 11,6 milliards d’euros, après – 9,3 milliards en 2024. Cette stabilité relative recouvre toutefois des évolutions contrastées : l’allègement de la facture énergétique continue de soutenir le solde commercial, mais cet effet est largement effacé par la dégradation du solde des biens hors énergie et le repli de l’excédent des services. Au sein des biens hors énergie, la détérioration provient principalement des reculs observés dans les secteurs agricole, agroalimentaire et des autres produits industriels, en partie compensés par les bonnes performances des matériels de transport. Le relèvement des droits de douane américains semble, à ce stade, se traduire davantage par une recomposition sectorielle et géographique des flux que par une baisse globale des exportations françaises.
Pour autant, la persistance d’un solde des biens hors énergie dégradé par rapport à la période pre Covid souligne les fragilités durables de la capacité d’exportation de la France, où seuls certains secteurs – notamment l’aéronautique et le luxe – se démarquent. L’excédent des services demeure quant à lui élevé au regard de son historique de long terme. Son repli s’apparenterait plus à une normalisation qu’à un retournement, après le point haut exceptionnel de 2022 porté notamment par les prix du fret maritime.
Le solde des revenus reste proche de l’équilibre, mais cette apparente stabilité masque des mouvements de sens contraires. Après deux années de forte dégradation, les revenus d’investissements se stabilisent en 2025 avec des évolutions divergentes selon les instruments : le niveau élevé des dividendes versés par les entreprises françaises en 2025 pèse sur les soldes des investissements directs et de portefeuille. L’assouplissement monétaire, amorcé à la mi 2024, favorise, d’une part, le redressement du solde des revenus des autres investissements, plus sensibles aux taux courts, même si ce solde demeure déficitaire pour les banques ; d’autre part, il ralentit la hausse des revenus versés au titre de la dette publique. Ces effets opposés se compensent largement, ce qui limite l’incidence globale des revenus d’investissements sur le solde courant.
Le compte financier retrouve un solde proche de l’équilibre en 2025. Les sorties nettes de capitaux au titre des investissements de portefeuille, portées par des acquisitions particulièrement dynamiques de titres étrangers par les résidents, sont en grande partie compensées par des entrées nettes sur les autres investissements. La position extérieure nette de la France se dégrade nettement en 2025, à – 885,4 milliards d’euros, soit – 29,6 % du PIB, après – 704,0 milliards en 2024. Cette détérioration tient principalement à des ajustements statistiques, tandis que les effets de valorisation se compensent en grande partie : l’appréciation de l’euro réduit la valeur des avoirs libellés en devises, mais cet effet défavorable est largement atténué par la hausse des prix d’actifs. La position extérieure demeure par ailleurs marquée par une forte détention de dette publique française par les non-residents.