La Banque de France publie des statistiques mensuelles de défaillances d’entreprises. En complément de ces publications descriptives, ce bulletin vise à mettre en perspective la dynamique des défaillances d’entreprises observée en 2025, en la replaçant dans sa trajectoire de moyen à long terme et en tenant compte aussi bien des dynamiques financières que de la démographie des entreprises.
L’analyse révèle un paysage économique encore en ajustement après les chocs qui se sont succédé depuis la crise sanitaire. Les niveaux de défaillances observés en 2025 traduisent l’épuisement des effets de rattrapage et montrent l’impact de ces chocs successifs, ainsi que le dynamisme des créations d’entreprise. Ces effets sont contrastés selon les tailles d’entreprise et les secteurs.
1 En 2025, le nombre de défaillances a continué d’augmenter, mais à un rythme modéré
La croissance du nombre de défaillances a ralenti en 2025
Le nombre de défaillances enregistrées sur l’année 2025 s’élève à 68 602, un chiffre qui n’avait été atteint ni lors de la crise financière de 2008, ni au moment de la crise des dettes souveraines (2010 à 2012). Il excède de 15 % la moyenne de la période 2010-2019 (pré-Covid), qui s’établissait à 59 342 défaillances (cf. graphique 1a).
La hausse des défaillances observée depuis la fin de la crise sanitaire fait cependant suite à une période durant laquelle peu de défaillances avaient été enregistrées du fait des aides massives accordées aux entreprises, pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19. Ce sont ainsi à peine plus de 31 000 défaillances qui ont été comptabilisées en 2020, et seulement 27 500 en 2021.
Le nombre de défaillances avait fortement rebondi avec la fin progressive des mécanismes exceptionnels de soutien aux entreprises. Il a augmenté moins vite à partir de l’exercice 2023 (cf. graphique 1b). En 2025, le nombre de défaillances a progressé de 3,6 % par rapport à 2024. Cette hausse était de 17,7 % en 2024, de 36,5 % en 2023, et de près de 50 % en 2022.
Une partie de cette décélération s’explique par un effet de base. Le niveau exceptionnellement bas des défaillances en 2021 a conduit, de fait, à une croissance des défaillances forte à la sortie de la crise sanitaire, dont le rythme a diminué au fur et à mesure que le nombre de défaillances tendait à se stabiliser. Sur les quatre derniers mois de l’exercice 2025, le nombre de …