Rapport

Rapport de l’Observatoire de l’inclusion bancaire 2025

Published on 25th of June 2026

Par Emmanuel Moulin

L’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB) a une mission forte : s’assurer que l’ensemble des citoyens de notre pays puisse bénéficier d’un accès aux services bancaires indispensables et que notre système financier soit un levier d’inclusion sociale. Depuis 2014, il veille, par l’ensemble de ses membres, à ce que tous les publics, et particulièrement les plus vulnérables, soient accompagnés, informés et protégés grâce aux dispositifs d’inclusion financière existants dans notre pays.
 

Je tiens à remercier chaleureusement mon prédécesseur François Villeroy de Galhau pour son action et son engagement, en tant que président de l’OIB, qui ont permis des avancées significatives au cours des dix dernières années au bénéfice de l’inclusion financière.

Au long de l’année 2025, marquée par de nombreuses incertitudes économiques et géopolitiques, et la poursuite de la remontée du surendettement, les membres de l’Observatoire sont restés extrêmement attentifs et mobilisés, au service des personnes les plus fragiles financièrement. Ils ont notamment porté une veille active sur la conjoncture économique et sociale, ainsi que sur l’évolution de la situation financière des ménages, en difficulté.

Cette mobilisation est le résultat, depuis maintenant plus de dix ans, d’une dynamique partenariale qui associe tous les membres de l’Observatoire. Nous pouvons collectivement nous en féliciter, puisqu’elle a abouti à des engagements et à des avancées concrètes en faveur de l’inclusion financière dans notre pays.

Plusieurs éléments de satisfaction, fruits de l’action collective de l’Observatoire, sont à noter pour 2025 :

  • 105 944 projets ont été financés sur l’année grâce à un microcrédit (personnel ou professionnel), qui constitue un dispositif efficace d’inclusion financière ;
     
  • 4,8 millions de personnes étaient identifiées par leur banque comme étant en situation de fragilité financière en décembre (+ 107,8 % par rapport à 2015), et 1,2 million parmi elles ont souhaité souscrire l’offre clientèle fragile (OCF, + 389 %). Cette évolution favorable reflète l’adhésion croissante de ces personnes à ces deux leviers efficaces de maîtrise des frais bancaires et de préservation de l’équilibre budgétaire ;
     
  • Les frais bancaires ont nettement baissé pour les clients détectés comme financièrement fragiles, en conséquence des engagements pris par les banques dans le cadre de l’OIB. L’ensemble des frais annuels liés au compte a diminué de 23 % entre 2019 et 2025, passant de 255 à 197 euros. Les frais d’incidents bancaires ont reculé de 29,6 % entre 2019 et 2025, de 151 à 106 euros. Cette baisse se poursuit également pour les bénéficiaires de l’OCF ;
     
  • Plus de 386 000 livrets d’épargne populaire (LEP) étaient détenus par des clients financièrement fragiles (+ 12,5 % sur un an). L’Observatoire salue la progression constante du nombre de LEP, depuis plus de cinq ans, qui permet de mieux rémunérer l’épargne des plus modestes ;
     
  • Par leurs initiatives, les associations et structures sociales, les banques, les pouvoirs publics, membres de l’OIB ou des conseils départementaux de l’inclusion financière (CDIF), et la Banque de France se sont résolument engagés dans une dynamique partenariale pour prévenir l’exclusion financière. C’est ainsi, par exemple, que des actions destinées à accompagner et à informer les victimes de violences économiques intrafamiliales ont été menées en 2025 par l’ensemble des acteurs de l’inclusion financière ;
     
  • La totalité des groupes bancaires, membres de l’Observatoire, ont adhéré au projet de dématérialisation du droit au compte (DDAC), effective depuis la fin de l’année 2025. La Banque de France a ainsi adressé aux banques, sur le dernier trimestre 2025, un peu plus de 700 désignations de façon dématérialisée. Cette évolution, qui s’amplifiera en 2026, permet de renforcer, encore plus, l’efficacité de la procédure en supprimant les délais d’envoi postal des désignations.


Néanmoins, dans le contexte social et géopolitique actuel, notre vigilance et notre mobilisation collective devront rester fortes en 2026 :

  • Notre procédure de traitement du surendettement – qui est l’une des plus abouties d’Europe – connaît un regain : + 9,8 % de dépôts de dossiers par rapport à 2024, après une hausse de 10,8 % entre 2023 et 2024. Cette hausse des dépôts se poursuit au cours des cinq premiers mois de 2026 (+ 10,7 % par rapport à la même période en 2025). L’augmentation du surendettement chez les jeunes, et notamment les 18 à 29 ans, est préoccupante (en 2025, ils représentaient 12 % des déposants contre 5 % en 2022). Il convient cependant de noter que le nombre total de personnes surendettées décroît depuis dix ans et que le niveau des dépôts demeure toujours inférieur à celui de 2015 (– 32 %) ;
     
  • La diffusion croissante de nouveaux produits financiers permettant une consommation « instantanée », tels que les paiements fractionnés ou les minicrédits, fait peser des risques accrus sur les publics fragiles, et surtout les plus jeunes d’entre eux. La nouvelle directive sur le crédit à la consommation, récemment transposée en France, et qui renforce leur encadrement et l’information des consommateurs, est bienvenue. À ce titre, et dans une logique de prévention du surendettement, l’Observatoire recommande toujours vivement la consultation systématique du Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) par tous les acteurs avant l’octroi d’un crédit ;
     
  • Malgré l’intérêt réel du microcrédit pour l’insertion professionnelle ou sociale de ses bénéficiaires, des risques pèsent sur l’avenir de ce dispositif. Aux inquiétudes déjà exprimées sur le financement des structures d’accompagnement s’ajoutent de nouveaux risques sur le financement du dispositif de garantie des microcrédits assuré par le Fonds de cohésion sociale (FCS). Le microcrédit, qui constitue l’un des piliers des dispositifs d’inclusion financière, a prouvé son efficacité, et il est essentiel d’assurer sa pérennité.


Je remercie chaleureusement tous les membres de l’Observatoire ainsi que les membres des CDIF pour leur engagement et leur détermination au service de l’inclusion financière.

La Banque de France, présente sur tout le territoire à travers son réseau, poursuivra son investissement quotidien pour informer les particuliers et mettre en œuvre à leur profit les dispositifs d’inclusion financière. Je salue, une fois encore, le travail des femmes et des hommes de la Banque de France, engagés pour accompagner et informer les particuliers, notamment les plus fragiles
 

Updated on the 25th of June 2026